Stratégies des groupements

A. Bouthelier (FCA) : «6700 reprises d'entreprises dans les 5 ans»

2009-03-10T08:11:00+02:00

10.03.2009, 


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Chaque année, la Fédération des enseignes du Commerce Associé dresse l’état des lieux des reprises et transmissions au sein de ses groupements. Le point avec Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA.

Alexandre Bouthelier FCA
Crédits photo : Droits réservés, FCA
Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA.

Les enseignes du commerce associé sont-elles touchées par l’effet du papy-boom ? Aujourd’hui, le nombre de reprises au sein des réseaux du Commerce Associé ne cesse d’évoluer, affichant un taux de croissance annuelle moyen sur cinq ans de + 10,5 %. L’année dernière, ce sont 1 432 entreprises qui ont été transmises contre 1 352 en 2007. Si les raisons économiques actuelles poussent les dirigeants à reprendre une entreprise plutôt que d’en créer une, un autre fait est aussi à prendre en compte, celui de la démographie. Le départ à la retraite est en effet la première cause de cessions d’entreprises, représentant 54,5 % des transmissions au sein des groupements du Commerce Associé.


Combien d’entreprises seront concernées ? Dans les cinq années à venir, ce sont 6 700 entreprises au sein de nos réseaux qui devront changer de main accentuant significativement le caractère primordial de ces cessions. Cet enjeu financier mais également humain, les groupements du Commerce Associé l’ont anticipé depuis de nombreuses années. La puissance d’un réseau étant directement corrélée à son image, sa notoriété mais également sa taille, les groupements sont très attentifs au développement de leur réseau et au départ de points de vente.


Y a-t-il des secteurs plus concernés que d’autres ? Les jeunes enseignes sont bien sûr beaucoup moins touchées par ce problème, étant elles-mêmes dirigées par des entrepreneurs plus jeunes, ce qui réduit le nombre de transmissions. Mais au-delà du problème démographique, les points de vente sont également très convoités par la concurrence. Actuellement, plus de 80 % des groupements déclarent recevoir régulièrement des offres d’achats de la part de concurrents, intéressés par leurs points de vente et emplacements. Pour garantir la pérennité de leurs réseaux respectifs, 80 % des groupements ont alors mis en place des dispositifs de sécurisation du front de vente caractérisée le plus souvent par une obligation d’information sur la cession (96 %). D’autres, et plus particulièrement ceux spécialisés dans l’alimentaire, d’autant plus convoités depuis l’application de la loi Royer, ont mis en place un droit de préférence (ou de préemption) ou encore des offres publics d’achats, déterminant, lors de la signature du contrat, la façon dont la valeur du point de vente sera calculée.


Quels sont les dispositifs mis en place au sein des enseignes de la FCA pour faciliter la transmission d’entreprises ? D’une attitude plutôt défensive, les groupements sont passés à une démarche de plus en plus proactive dans les dossiers de transmissions. Aujourd’hui, ce sont 9 groupements sur 10 qui interviennent auprès des entrepreneurs associés dans des moyens et proportions variables.
76 % des groupements aident le futur repreneur au montage du dossier en lui proposant des études de marché, des conseils juridiques, fiscaux ou autres. Mais le soutien et les conseils prodigués par les groupements passent également par un accompagnement financier, qu’il soit direct (36 % des réseaux proposent des participations financières, des cautions,…) ou caractérisé par une aide à la recherche de financement (69 %).

Les repreneurs des entreprises du commerce associé
Crédits photo : Droits réservés
Panorama des repreneurs des entreprises du commerce associé

Source : Observatoire des reprises et transmissions d’entreprises du Commerce Associé 2008

D’autres initiatives en ce sens ? Plus d’un groupement sur trois a également recours au portage d’entreprise, permettant de faire « le tampon »entre les impératifs du calendrier du cédant et les conditions de reprises. Ainsi lorsqu’un repreneur dispose des qualités nécessaires pour reprendre un point de vente sans pour autant détenir les fonds requis, s’offre alors la possibilité de signer un contrat de location-gérance lui permettant de devenir gérant du point de vente pour une durée variable de 5 à 7 ans. Cet exemple concret est la preuve même de la flexibilité et la réactivité propres aux réseaux du commerce associé.
Enfin, le Commerce Associé étant avant tout une forme de commerce où le facteur humain prévaut, il n’a pas échappé aux groupements l’importance de la formation donnée au futur repreneur. Celles-ci se sont ainsi beaucoup allongées ces dernières années : d’une durée moyenne de 110 heures, elles peuvent atteindre pour certaines jusqu’à 500 heures.


Quel est le profil idéal du repreneur ? Notre baromètre annuel révèle que les qualités humaines et la capacité financière sont les premiers facteurs de réussite d’une transmission d’entreprise au sein des enseignes de la FCA. On l’oublie trop souvent mais l’état d’esprit est primordial : il faut être prêt à donner de soi-même. Le repreneur doit non seulement avoir le sens du commerce mais aussi être dynamique, s’impliquer, partager ses expériences et son savoir-faire avec les autres membres du réseau.
La démocratie et le respect de la diversité, la solidarité inter-entreprise, l’implication forte dans l’environnement économique et sociétal sont les piliers mêmes de tout groupement du Commerce Associé. Attentifs à ce qui les entoure, nos entrepreneurs tirent de nouvelles idées qu’ils agrémentent d’une dose d’intuition. Ils ont aussi le goût du risque, beaucoup de bon sens et d’enthousiasme.

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