Négocier un rachat

Savoir diagnostiquer l’entreprise cédée

2009-03-19T15:41:00+02:00

16.02.2009 mis à jour le 19.03.2009, 


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Pour éviter les déconvenues et acheter au juste prix, quels sont les diagnostics à réaliser sur l’entreprise cedée ? Réponse en 4 points.

Diagnostic entreprise et cession
Crédits photo : Getty Images
Le futur franchisé doit mener l’enquête sur le réseau qu’il projette d’intégrer.

Création / reprise, même combat

Le futur franchisé devra mener l'enquête sur le réseau qu'il projette d'intégrer. Concept, niveau du turn-over et raisons des départs, santé financière du franchiseur, consistance de son savoir-faire, droits et obligations des franchisés… le but est de recueillir un maximum d'informations auprès du franchiseur, du cédant, ainsi que de 4 ou 5 autres franchisés sélectionnés au hasard pour s'assurer du sérieux de l'enseigne. « Sans oublier de rencontrer les réseaux concurrents pour comparer », ajoute Laurence Vernay, avocate du cabinet Saje. Mais ce n'est pas tout : en matière de reprise, des investigations complémentaires sont nécessaires. Il faut en effet réaliser le « diagnostic » de l'entreprise cible pour éviter les déconvenues et acheter au juste prix.


Première étape : la rentabilité à l'épreuve

Il faut commencer par éplucher les documents comptables (bilans, comptes d'exploitations sur 3 ans…) et analyser la gestion. « Comment l'affaire tourne-t-elle ? Fait-elle partie des bons éléments du réseau ? Quelle est la rentabilité ? Comment est-elle structurée ? Quel est le potentiel de développement ? Autant de questions à résoudre », selon Marie Muller. Si la rentabilité s'avère faible, il est impératif de chercher à en comprendre les raisons.


Bail et franchise à expertiser

Parmi les autres points à examiner, Yves Portrat, délégué de l'association Cédants et repreneurs d'affaires (CRA) en charge des réseaux, cite « la clientèle, la masse salariale, les litiges en cours, les aspects juridiques ainsi que l'ensemble des contrats (de travail, de bail, immobilier…)». Deux contrats doivent faire l'objet d'une attention particulière : le contrat de bail et le contrat de franchise. Le premier est automatiquement transmis avec l'entreprise sauf si une clause prévoit le consentement express du bailleur. Il faut donc vérifier les termes du contrat avant de s'enquérir de la durée restant à courir. « Le repreneur a droit au bénéfice du renouvellement du bail sous réserve qu'il ait exercé l'activité dans les lieux pendant 2 ans au minimum avant l'expiration du contrat », explique Laurence Vernay. Le bailleur peut cependant refuser le renouvellement. Il devra alors verser une indemnité d'éviction.


Verifier la mise à jour

Le contrat de franchise, quant à lui, est rarement transféré à l'acquéreur. « Dans la plupart des réseaux, le franchiseur signe systématiquement un nouveau contrat avec le repreneur », observe Jean Beaudoin, expert dans la stratégie et le développement de réseaux commerciaux. « Ce dernier doit alors payer les droits d'entrée ou, à tout le moins, les frais de formation », poursuit-il. 

Ultime précaution à prendre : s'assurer auprès du franchiseur que le cédant est bien à jour par rapport à toutes ses obligations vis-à-vis de l'enseigne (agencement, savoir-faire…) et exiger un courrier l'attestant. Les pratiques du cédant et les faits antérieurs à la cession peuvent en effet avoir une incidence majeure sur la valeur de l'entreprise.


Sécuriser l'opération de reprise

Il est recommandé de se faire accompagner tout au long du processus de reprise par un conseiller spécialiste de la franchise (expert-comptable, juriste…) capable de déceler les « défauts » éventuels de l'entreprise proposée à la vente. Cela représente un coût non négligeable. A titre d'exemple, le cabinet Acetra Conseil prélève 1 à 7 % du montant de la transaction, selon la complexité du projet, pour une prestation complète comprenant l'étude approfondie du dossier et le montage financier. Le prix à payer pour sécuriser la démarche de reprise.

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