Réflexion projet

Recherche local franchise : les conditions de la réussite

2009-03-11T17:07:00+02:00

11.03.2009, 


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Pour un tiers des franchiseurs, la qualité de l'emplacement d'un point de vente joue un rôle fondamental.

L'emplacement, une des clés de la réussite en fran
Crédits photo : Getty Images
L'emplacement est l'une des clés de réussite d'une franchise.

Un acte complexe

S'adapter au concept

La recherche du local dépend d'abord de l'activité exercée. « Nos magasins ont besoin d'un flux important, car nous sommes sur un segment de marché d'impulsion. Ainsi, la proximité des boutiques de franchise vestimentaire nous rend plutôt service, car leur clientèle est dans une logique de shopping plaisir, et non de courses. », indique par exemple Eric Geslot, tête de réseau Glups (boutiques de bonbons). Pour Nicolas Daumont, PDG d'Illico Travaux (courtage en travaux), dénicher le bon local est assez facile. « Nos franchisés trouvent en deux mois. Très peu ont à payer de droit au bail, car beaucoup de locaux sont laissés vacants par des agences immobilières, des cabinets d'assurance... Nous aidons surtout les candidats dans le cadre de la validation. Au-delà du passage de 10 000 véhicules/jour, c'est très intéressant. » 


Des visites sur le terrain

Une fois la candidature d'un franchisé retenue, le réseau se met en quête d'un emplacement avec lui. « Nous envoyons des requêtes aux agences immobilières, ce qui nous permet d'avoir à choisir parmi plusieurs boutiques, raconte Eric Geslot. Mais en général, on va sur le terrain. Et dès qu'il y a un embryon de boutique à vendre, on visite, on regarde les flux de circulation, la topographie, la concurrence qui peut exister... »


L'emplacement, difficulté n°1 des franchiseurs
Parmi les trois principales difficultés rencontrées dans le développement de leur réseau, 60 % des franchiseurs citent le prix et la rareté des emplacements, loin devant le financement des franchisés, et la difficulté à en trouver ! (Source : enquête FFF/ Réussir 2008)
J.H

L'emplacement numéro 1, passage obligé ?

Quand on parle emplacement, tout le monde a en tête le mythique n°1, ce local commercial bien placé en plein centre ville, au cœur de la zone la plus appréciée des chalands. Ces localisations en 1 et 1bis représentent grosso modo la moitié des emplacements, malgré une légère baisse ces dernières années. « Un emplacement n°1, c'est l'idéal dans l'immobilier, reconnaît Olivier Alonso, PDG du réseau immobilier Solvimo. Mais cela coûte cher en droit au bail. Or, par rapport à un emplacement 1bis ou à un 2, l'écart de chiffre d'affaires n'est pas significatif. Les entrées de ville, des axes avec un fort passage piéton et auto, sont de plus en plus générateurs de business. Chez nous, la vraie règle fondamentale est celle du parking : nous refusons tout emplacement où l'on ne peut pas se garer facilement. » Finalement, le métier et le cahier des charges de bon nombre des réseaux ne nécessitent pas obligatoirement un emplacement n°1. Ce que confirme Patrice Matagne, directeur du développement du réseau In&Fi (courtier en crédits) : « Le réseau existe depuis cinq ans et nous exerçons une activité de conseil et de service, avec une notion de confidentialité. L'emplacement n°1 n'est donc pas une priorité pour notre enseigne. »

L'assistance du franchiseur

Plus simple qu'une création ex nihilo

Seulement 12 % des candidats à la franchise choisissent de développer leur projet en réseau pour trouver de meilleurs emplacements. Pourtant, si vous créez en solitaire, vous devrez prendre seul la responsabilité de choisir entre différentes hypothèses de locaux, sans l'aide d'un cahier des charges pré-établi (surface, vitrine, répartition des lieux...). Il en est de même pour l'étude de marché et l'analyse des aspects comptables (montant du loyer, du droit au bail). « Notre service développement assiste le franchisé dans la recherche de local, confirme Patrice Matagne, de In&Fi. Quand le candidat nous fait état du coût au mètre carré des locaux de l'implantation voulue, nous l'aidons à faire un choix financier compatible avec notre modèle économique. Notre cahier des charges repose également sur l'esprit des locaux, leur ergonomie, entre reprographie, salle de réunion, accueil, archives... »


Un travail complémentaire

Qui doit chercher le local ? Aussi bien le futur franchisé que le franchiseur. « Chez nous, la recherche du local est conjointe et simultanée, explique Jérôme Taufflieb, président d'Easy Cash (dépôt-vente). En général, le franchisé possède une bonne connaissance locale. Cependant, au niveau national, nous sommes en contact avec des développeurs d'autres enseignes. Si une cellule de 400 à 500 m² est disponible à côté de tel endroit, c'est une information que le franchisé ne pourra pas avoir en local. Nous sommes aussi en contact avec des agents immobiliers qui n'ont pas pignon sur rue. C'est donc un travail complémentaire : deux tiers franchisé, un tiers franchiseur. » La taille du local joue également un rôle : plus la superficie recherchée est importante, moins vous serez en mesure de le dénicher seul.


La hausse des loyers en question
« Derrière la question du choix de l’emplacement, on retrouve la problématique de l'immobilier commercial qui a flambé ces dernières années, estime Jérôme Taufflieb, président d’Easy Cash. Regardez l'indice du coût de la construction au troisième trimestre 2008, en progression de 10 %. Imaginez une hausse du loyer de 10 % du jour au lendemain quand votre loyer est indexé sur cet indice ! Tout cela incite les enseignes à bien réfléchir à comment payer le loyer. »
J.H

Un engagement précontractuel

Comment et à quel moment le franchiseur doit-il vous assister dans votre recherche de locaux ? « La loi Doubin encadre ce qui se passe avant le contrat, notamment en matière de vice de consentement, rappelle Patrice Matagne. Accompagner la recherche du local est une question de logique. Au moment de la signature, le local est en général déjà trouvé : c'est un service rendu. » La recherche du local peut aussi faire partie de la formation initiale du futur franchisé, en amont du démarrage de ses activités. « Chez Solvimo, on suit une formation initiale de 6 semaines, explique le PDG, Olivier Alonso. La recherche du local fait partie des modules. Quand le candidat en sort, il entame sa recherche avec ses propres critères, et détecte en général trois ou quatre locaux. Là, on envoie un conseiller qui va réaliser une validation du local. Le critère de coût est fondamental, il ne faut pas trop charger les comptes. Le loyer et le droit au bail doivent être raisonnables. »


La responsabilité du franchisé

Dans la plupart des cas, le franchisé a bien souvent une idée de son emplacement futur avant même d'avoir signé un quelconque contrat de franchise. « En général, les candidats ont déjà deux ou trois idées sur les locaux quand ils savent qu'ils vont signer, confirme Jean-Claude Perrot, d'Adapt Services (concept d'aménagement de véhicules pour personnes handicapées). Nous n'avons pas des exigences énormes : avec 60 m², on peut commencer son activité. »
Quoi qu'il en soit, une fois trouvé le local, il vous appartiendra de décrocher la caution : « Nous sommes une franchise de courtage de crédit, explique Patrice Matagne, de In&Fi. Nous assistons les candidats dans le montage de leur dossier de financement, car nous avons des accords au niveau national avec des établissements financiers. Mais la caution, ce n'est pas le rôle d'un franchiseur. Le franchisé est juridiquement et financièrement indépendant. »

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