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Franchise : comment organiser sa recherche de local

2009-03-11T18:02:00+02:00

11.03.2009, 


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Pour la recherche de l'emplacement, mieux vaut faire les choses dans le bon ordre. Choix de la ville ou du réseau, par quoi commencer ? Tout dépend de vos priorités !

La recherche du local
Crédits photo : Getty Images
avant de valider le choix de votre emplacement et de votre réseau, veillez à rendre visite aux services économiques de la mairie de votre futur lieu d'implantation.

Pas facile de trouver un bon emplacement car qui dit local, dit aussi cadre de vie et choix du métier à exercer. Lequel des deux valider en premier ? Tout dépend de vos exigences et de vos attentes. Est-ce la ville qui l'emporte avant tout, quelles que soient vos raisons (attaches familiales...) ? Si c'est le cas, regardez d'abord quels réseaux cherchent à s'implanter sur place avant d'en retenir un qui soit au plus près de votre profil. A l'inverse, si c'est le choix du réseau de franchise qui prime, en fonction de votre parcours professionnel antérieur, préparez-vous peut-être à déménager !


D'abord une question de ville

Priorité au choix du candidat

Pour Olivier Alonso, PDG de Solvimo, « les franchisés mettent en avant les villes où ils souhaitent s'implanter. Nous faisons alors réaliser une étude de marché par un organisme extérieur. Si ce n'est pas possible, nous proposons une autre ville, dans un rayon de 100 km autour du lieu de départ. Si vraiment le candidat insiste sur une zone, nous préfèrons qu'il aille réaliser son projet avec un autre réseau en franchise. » Jérôme Taufflieb, président du réseau Easy Cash (dépôt-vente), confirme : « Nous n'imposons pas la ville, nous donnons la priorité au choix du candidat s'il a une idée qu'il estime judicieuse. Nous essayons aussi de nous adapter à sa contrainte : soit le candidat habite dans les environs, soit sa femme travaille sur place. S'il indique plusieurs choix de ville, nous pouvons chercher de manière plus large. »


Etes-vous prêt à bouger ?

En général, les réseaux de franchise savent bien où et comment ils souhaitent développer leur maillage territorial. « Nous recherchons des franchisés dans des villes de 70 à 80 000 habitants, sur des zones de 120 000 habitants, explique ainsi Eric Geslot, tête de réseau Glups (boutiques de bonbons). En ce moment, nous cherchons des candidats pour Bordeaux, Rennes, Lille…» Dans ces cas-là, à vous de faire correspondre votre souhait avec une opportunité d'ouverture. Avez-vous bien réfléchi à votre projet de vie ? Etes-vous prêt à partir à quelques dizaines, voire centaines de kilomètres ? « Sincèrement, si un candidat sur trente accepte de déménager, c'est déjà beaucoup, estime Bernard Tardy, du réseau Newcom France (réseau de commercialisation d'espaces publicitaires). Ce n'est pas dans les mœurs en France, nous ne sommes pas aux USA, où l'on est prêt à prendre l'avion pour aller travailler. »


Centre-ville, périphérie ou campagne ?
65 % : c'est le nombre de franchisés qui s'installent en ville, dont 17% en périphérie. Conclusion : un tiers des franchisés se lancent en milieu rural. (source : enquête FFF/ Réussir 2008)
J.H

Trouver les bons arguments

Jérôme Clère s'est lancé à Nevers en novembre dernier, avec le réseau In&Fi (courtiers en crédits). Pour lui, le choix de l'emplacement reste du ressort du franchisé. « Nous avions la volonté de nous implanter dans la Nièvre. C'était un choix aussi bien personnel que professionnel : j'étais déjà dans le métier, avec un réseau local bien constitué. J'ai donc réalisé ma recherche de local avant de choisir mon réseau de franchise. » Une recherche qu'il a faite... à deux roues : « J'ai pris ma moto et j'ai traversé toute la ville jusqu'à ce que je trouve le panneau d'une agence immobilière qui avait déménagé le samedi. Je l'ai vu le lundi ! C'était un emplacement assez stratégique et simple d'accès. Le franchiseur regarde le pourquoi et le comment de l'implantation : à vous de donner les bons arguments. »

A chaque réseau ses contraintes

Une question de surface

De même que le choix de votre ville d'implantation dépend tout autant de vos impératifs personnels que des plans de développement de votre réseau, chaque activité (vêtement, alimentaire, achat-revente...) engendre ses propres contraintes de local. Notamment en termes de surface, et donc de possibilité de localisation en centre-ville ou en périphérie. « Un magasin Easy Cash, c'est 400 à 500 m2, entre surface de vente, achats, bureaux et stockage, explique Jérôme Taufflieb. Nous avons 35 magasins sur ce format-là. Il n' y a pas d'intérêt économique à faire plus grand que cela. Nous réfléchissons en revanche à nous développer sur un format moyen (250/300 m2), voire à adapter le concept en centre-ville sur 80/150 m2. Pourquoi ? Nos magasins situés en périphérie ont leurs avantages, mais ils ne permettent pas de toucher la clientèle de centre-ville des grandes agglomérations. »


Une approche individualisée

A l'inverse, pour une franchise de service comme qu'Adapt Services (concept d'aménagement de véhicules pour personnes handicapées), il n'existe aucune contrainte de surface. « 90 % de nos franchisés n'ont pas de pas-de-porte, explique Jean-Claude Perrot. Mais s'ils en ont un, il est impératif que le site soit accessible aux personnes handicapées. Nous nous occupons de nos clients à domicile : ils veulent simplement nous voir pour se rassurer !» Même opinion du côté du réseau de franchise In&Fi : « Si notre activité suppose d'avoir pignon sur rue, elle s'exerce aussi en bureau, explique Patrice Matagne. Nous avons une approche très individualisée car dans chaque ville, c'est différent. Il n'y a pas de corrélation entre la nature du local (bureau, étage...) et le résultat du franchisé. Par exemple, nous avons une agence rue de Rennes, à Paris. Notre franchisé souhaitait s'implanter dans le quartier, mais impossible d'exiger de lui d'investir dans un pas-de-porte trop coûteux. Il s'est donc installé dans un local sur cour, dans un bâtiment conforme à notre cahier des charges. »


Un virage par la mairie

Exercice imposé à ne pas négliger : avant de valider le choix de votre emplacement et de votre réseau, veillez à rendre visite aux services économiques de la mairie de votre futur lieu d'implantation. Objectif : recueillir des informations sur le dynamisme de la zone de chalandise et sur les intentions de la municipalité. En effet, inutile de vous escrimer à convaincre un réseau si l'activité que vous avez retenue ne cadre pas avec les projets de développement économique de la ville. « Les mairies ont souvent des idées très arrêtées sur ce qu'elles veulent, confirme Jérôme Taufflieb. Quand il s'agit d'un projet de local ancien, elles n'ont en principe pas leur mot à dire. Mais quand il s'agit d'un projet neuf, la mairie décide quel genre de commerce elle veut. A noter que les mairies ont aussi un droit de préemption sur la cession de commerces. » Autre possible bémol en termes de signalétique et de vitrine : les périmètres de protection des monuments historiques. « La mairie impose des contraintes d'enseigne quand on est situé dans un secteur protégé, explique Jérôme Clère. Si je devais recommencer, je m'installerais en dehors d'un périmètre de protection d'un monument historique !»


Travailler de chez soi

Vous pouvez aussi, le cas échéant, pousser la logique un cran plus loin. En effet, même si cela demeure extrêmement minoritaire dans le panorama de la franchise, les professionnels exerçant à domicile sont passés de 2 à 4 % des franchisés, selon les chiffres de la FFF. « Dans les franchises de service, l'emplacement n'a pas tellement d'importance, estime Bernard Tardy, de Newcom France, enseigne dont les 17 franchisés couvrent une trentaine de départements. Mais il faut de bons commerciaux, plus que de bons commerçants. Car quand vous travaillez à domicile, les clients ne viennent pas chez vous : il faut aller les chercher !»

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