Portrait

Maud Laurent, ancienne factrice devenue franchisée Jeff de Bruges

2012-04-18T16:56:00+02:0018.04.2012, 


imprimer

Maud Laurent a fait un grand saut : en 2008, elle a lâché son confortable statut de fonctionnaire à La Poste pour ouvrir une boutique Jeff de Bruges en Moselle. Un pari risqué mais relevé avec brio.

Maud Laurent
Crédits photo : Droits réservés
Maud Laurent, franchisée Jeff de Bruges

Une envie persistante

Elle a eu beau évoluer et changer régulièrement de fonctions à La Poste, Maud Laurent n’avait qu’un rêve : ouvrir un commerce. « Cette idée a germé dans ma tête en 2005 à la naissance de ma fille. Je voulais vivre autre chose et retourner dans ma région natale en Moselle. J’avais également une amie franchisée Jeff de Bruges et j’enviais beaucoup sa situation et le plaisir qu’elle manifestait à travailler. J’ai pris contact avec le responsable développement du réseau. » Mais avec un bébé à charge, et sur les conseils de son entourage, Maud Laurent revoit sa copie et décide de repousser son projet. « Lancer un commerce exige du temps et de la disponibilité. Ce n’était pas le bon moment. Je me suis donnée trois ans supplémentaires en me promettant de relancer ce vieux rêve. » Elle retourne donc à La Poste et continue de grimper les échelons, pour finir facteur qualité. En 2008, son calendrier toujours en mémoire, elle demande une mise en disponibilité de trois ans et se lance.


Système D

Toujours aussi motivée, Maud reprend contact avec le réseau Jeff de Bruges. « Je voulais absolument cette enseigne : c’est un réseau solide et je suis passionnée par l’univers du chocolat et de la décoration. Ce concept répondait parfaitement à mes aspirations. » Par chance, le responsable développement se rappelle d’elle et la reçoit rapidement. Réunions collectives, immersion en boutiques, entretien personnalisé… Maud est définitivement séduite. Elle lance les démarches pour s’installer à Sarreguemines. La recherche du local s’avère plus compliquée que prévu car il faut trouver un emplacement n°1. « C’est forcément plus cher et plus compliqué à dénicher. » Elle finit par repérer un local en centre ville, dans la zone piétonne. Le financement n’est pas sans heurts non plus. L’investissement est élevé : 240 000 euros. Outre un apport de 60 000 euros, issu en grande partie de la vente de sa maison principale, elle doit trouver un crédit bancaire de 180 000 euros. « Toutes les banques m’ont claqué la porte au nez. Une seule a accepté de me financer. Cette période a été difficile, d’autant qu’autour de moi, les avis étaient très négatifs. Mon entourage ne comprenait pas que je quitte un poste de fonctionnaire pour me lancer dans l’ouverture d’un commerce. Nous étions au début de la crise et cela ne faisait que renforcer le sentiment d’insécurité. »


Ruban d’argent 2011

Maud ouvre sa boutique le 21 novembre 2008. « Je m’étais fixée cette date dès le départ. Elle correspondait aux trois ans de ma fille. » Organisée et méthodique, elle embauche rapidement car son ouverture tombe juste avant les fêtes de fin d’année. « Ce nouveau métier m’allait comme un gant, j’ai tout de suite été très à l’aise, même si mon salaire de départ était très inférieur à ma rémunération antérieure. » Décidée à développer vite sa boutique, Maud multiplie la publicité locale et décroche des passages télé. Au bout de six mois, le magasin est  rentable. En 2011, elle décroche le ruban d’argent décerné par la Fédération française de la franchise et y voit une reconnaissance ultime de son travail. Aujourd’hui, Maud est une franchisée reconvertie heureuse qui ne regrette aucun de ses choix. « Je gagne bien ma vie*  et j’ai trouvé ma voie. Pour rien au monde, je ne reviendrai en arrière. » Elle envisage d’ici deux ans de lancer un second point de vente. L’ouverture d’une grande galerie commerciale est en cours de finalisation dans la région de Sarreguemines. Elle s’est déjà placée sur le projet.


______________
* Note de la rédaction : 2 600 euros par mois