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Le franchisé, un super-salarié ? – D. Borgel

2015-11-04T07:52:00+02:0004.11.2015, mis à jour le 04.11.2015,


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La franchise est plus un moyen de changer de métier que de créer son propre job, 70 % des nouveaux affiliés étant salariés avant de se lancer. Mais pourquoi prennent-ils ce risque ? Eléments de réponse avec David Borgel, consultant expert du commerce organisé.

Le franchisé, super-salarié
Crédits photo : Shutterstock

Selon une récente étude, plus des deux tiers des franchisés interrogés exerçaient auparavant une activité professionnelle salariée. Qu‘est-ce qui motive ce virement à 180 degrés dans leur carrière professionnelle ? Pourquoi certains profils se décident-ils à quitter le confort du salariat ?

Le franchisé : un salarié insatisfait ?

Si l’une des réponses se trouve probablement dans leur insatisfaction au travail, voici une théorie qui pourrait expliquer cette volonté de changement de statut du salariat vers l’entrepreneuriat. Cela commence lorsque l’employé s’ennuie dans son job. Il pense ne plus avoir de perspectives d’évolution et a un sentiment de stagnation dans l’organigramme. Une enquête réalisée pour le cabinet Robert Half indique qu’une majorité de dirigeants se disent inquiets de la perte de leurs meilleurs talents. L’absence de perspective d’évolution de carrière étant la première cause de changement pour les salariés.


Le franchisé : un salarié devenu incompétent ?

Ce salarié, futur chef d’entreprise, subirait-il les effets du syndrome de la promotion Focus, également appelé principe de Peter ? Selon ce principe, dans une hiérarchie, tout employé a tendance à « s’élever à son niveau d’incompétence » avec le corollaire que : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité ».

Principes de base :

  • Un employé compétent à son poste reçoit une promotion et évolue vers un niveau hiérarchique supérieur.
  • Donc, l’employé « compétent » ne restera pas à des postes où il est compétent puisqu’il sera régulièrement promu.
  • A la suite de ces promotions, l’employé finira par atteindre un poste pour lequel il sera… incompétent.
  • Incompétent à ce poste, il ne recevra plus de promotion. Pire, il sera maintenu à des fonctions pour lesquelles il est (maintenant) incompétent.

A ce stade, le salarié estime ne plus avoir de perspectives d’évolution et ressent un sentiment de stagnation (la direction lui avait jusqu’alors accordé tant de promotions !).

Ce type de profil salarié qui recherche toujours plus de responsabilités, qui ne se contente plus de son travail quotidien et qui a grimpé les échelons jusqu’à atteindre « son niveau d’incompétence » possède une réelle maturité entrepreneuriale.

La franchise saura rassurer son besoin d’appartenance à un groupe. Il sera conquis par le savoir-faire transmis, par la consistance du manuel opératoire, et par le suivi de l’animateur réseau. De plus, il pourra accomplir son besoin de dépassement professionnel par le développement de son chiffre d’affaires, l’ouverture d’autres points de vente ou la participation aux commissions thématiques du réseau.


Le franchisé : un salarié volontaire dans le PSE ?

Certains DRH de grands groupes ont mis en place des politiques d’essaimages permettant à leurs meilleurs talents de s’épanouir professionnellement. Ces salariés qui s’inscrivent sur les listes de départs volontaires, avant la procédure de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), font preuve de plus de motivation pour se lancer en franchise que les autres profils, qui subissent le PSE en se laissant guider par des cabinets d’accompagnement.


100 % des franchisés ont tenté leur chance

Si l'on peut en déduire que le profil « super salarié » fera probablement un bon entrepreneur, la décision n’est pas facile à prendre. A un moment de leur parcours professionnel, les franchisés ex-salariés ont tous dû faire un choix : rester dans leur job ou devenir leur propre patron en se lançant dans l’entrepreneuriat.

Ce texte est publié sous la responsabilité de son auteur. Son contenu n’engage en aucun cas la rédaction des Echos de la franchise.

David Borgel, expert franchise
Crédits photo : Droits réservés

L’auteur

Titulaire d’une maîtrise, David Borgel a été "group crédit manager" au sein de la holding Bayer en France, avant de rejoindre Midas pour prendre en charge la gestion des risques financiers et juridiques du réseau. Il recrute alors deux juristes avec qui il rédige le nouveau contrat de franchise avant que la direction générale lui confie la responsabilité du service développement (recrutement, expansion, travaux et modernisation du concept) pour la France. En 2013, il crée la SAS "Franchise-Me Up" qui accompagne de jeunes enseignes dans la conception de leur service développement via le triptyque : sourcing candidats, recherche de locaux commerciaux et financement bancaire. David Borgel est également consultant associé au sein du cabinet de conseils Axe Réseaux, Country Manager du Franchise World Link pour la France et indicateur pour le courtier professionnel CréditRelax, qui accompagne les demandes de financements des franchisés.


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