Portrait

La reconversion réussie d'un professeur grâce à la franchise

2011-11-24T17:11:00+02:0024.11.2011, 


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Hervé Berland a quitté en 2008 le professorat pour l’entrepreneuriat sous bannière Daniel Moquet, enseigne d’aménagement extérieur des maisons. Une nouvelle activité dans laquelle il se donne à fond.

Hervé Berland, professeur en reconversion
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Hervé Berland, ancien professeur devenu franchisé Daniel Moquet

Trois carrières

Depuis qu’il a lancé son entreprise Daniel Moquet, à Poitiers, en avril 2007, Hervé Berland n’a pas levé le pied. « Je travaille 12 heures par jour, 6 jours sur 7 », annonce-t-il. Une charge de travail trop importante ? Pas pour ce quadragénaire enthousiaste qui a quitté sans se retourner la fonction publique pour se lancer dans la création d’entreprise. Ce changement de carrière n’est pas le premier : dans une vie antérieure, il avait gouté au salariat, mais sans conviction. « Après des études de comptabilité, j’ai travaillé dix mois dans un cabinet. Je n’ai pas accroché, se rappelle-t-il. Je me suis alors tourné vers l’enseignement. »


Pédagogie

C’est d’abord comme maître auxiliaire (personnel non titulaire) qu’il embrasse, en 1992,  la carrière de professeur. Une expérience concluante. Il passe le concours de professeur de lycée professionnel et se spécialise dans la réglementation des transports. Une matière qu’il enseigne dans les années suivantes aux niveaux BEP, Bac Pro et BTS. Il restera 15 ans dans l’Education Nationale. Sa principale motivation ? Donner aux élèves l’envie d’apprendre. Il encadre également des activités extra-scolaires, comme une mission humanitaire en Serbie pour laquelle il a parcouru, avec ses élèves, les routes d’Europe en semi-remorque. « L’hôpital d’Angoulême avait du matériel médical dont il ne se servait plus. Nous l’avons apporté à Belgrade », raconte-t-il. Bref, le professeur nourrit de nombreux projets.


Nouvelle aventure

Au bout de quinze ans, il estime avoir fait le tour du métier. L’idée de se lancer à son compte l’habite depuis des années. C’est la rencontre avec un de ses élèves qui lui fait sauter le pas. « David Liaud était un jeune très dynamique qui montait des projets au sein du lycée. » Les deux hommes décident de s’associer. Par souci d’efficacité, ils tranchent vite pour la franchise. Restait à trouver le secteur d’activité. « Je suis tombé un soir par hasard sur le site de Daniel Moquet. L’activité m’a plu. J’en ai parlé à David puis on a décidé de rencontrer le franchiseur. » Le tandem homme mûr qui sait manipuler les chiffres et jeune dynamique qui s’exprime bien fait mouche.


Piétinement

En avril 2007, les deux associés ouvrent l’agence. « Au départ, j’ai conservé un mi-temps dans l’enseignement pour assurer des revenus. » Bien lui en a pris. Le démarrage de l’activité est laborieux. « Ce ne sont pas les clients qui manquaient, c’était le personnel ! », s’exclame-t-il. Ils essaient tout : l’ANPE, les entreprises d’intérim, les annonces dans les journaux. « Du coup, on s’est mis en stand-by durant l’hiver. » Le retour du printemps annonce le dégel de l’activité. Les associés soufflent. Alors Hervé Berland fait le grand saut. Il quitte son poste d’enseignant et se met en disponibilité pour 10 ans. « La décision était d’autant plus facile à prendre que je suis célibataire. Je n’ai de compte à rendre à personne. » Commencent alors les journées de travail de 7 heures à 21 heures. Un changement total de rythme. « L’enseignement n’est pas un métier facile mais on a un certain confort de vie », estime-t-il. Il tire vite un trait sur sa première vie. « Au bout d’un an, je ne pensais plus aux vacances !»


Décollage

Son ardeur au travail paie. L’entreprise prend son envol. « J’ai aujourd’hui 4 salariés et deux apprentis. La taille normale d’une structure Daniel Moquet. » Du coup, son associé peut monter parallèlement une entreprise de transport. « Il n’est plus là physiquement mais nous nous appelons deux fois par jour. » La mise en disponibilité lui laisse la possibilité de réintégrer l’Education Nationale. Mais il a pris le goût de la liberté et songe peu au futur. « J’ai quelques idées en tête pour l’avenir. Peut-être reviendrai-je à la formation en fin de carrière mais en tant qu’entrepreneur. » Une formule idéale pour renouer avec ses premières amours tout en restant indépendant.