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Didier Pages, devenu franchisé Coviva après trente ans dans l’armée

2013-03-01T05:00:00+02:0001.03.2013, 


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Après trente ans de carrière dans l’armée, Didier Pages a lancé en septembre 2012 une agence de services à la personne Coviva. Une nouvelle vie dans laquelle il déploie toute son expérience dans les ressources humaines.

Didier Pages, Coviva
Crédits photo : Droits Réservés
Didier Pages, franchisé Coviva.

Au service de la patrie

Si ce n’est la perfection de son nœud de cravate, peu d’indices laissent transparaître l’ancienne profession de Didier Pages. Chaleureux, empathique, il met immédiatement son interlocuteur à l’aise. Et pourtant, ce quinquagénaire est un militaire qui a servi 30 ans sous les drapeaux. Treize mutations, dont une en Polynésie et une à Djibouti, dans les services administratifs de l’armée de l’air. S’il n’a pas beaucoup arpenté les tarmacs, Didier Pages n’a rien d’un rond-de-cuir. Aux ressources humaines, il est notamment chargé de résoudre les litiges entre les troupes et l’administration de la défense. « Les militaires du 21e siècle ne sont plus ceux des années 1980. Ils ne mettent pas forcément le petit doigt sur la couture du pantalon », souligne Didier Pages. Sa philosophie : faire preuve d’une patience à toute épreuve.


Nouvelle aventure

Mais arrivé le tournant de la cinquantaine, l’homme rêve d’autres horizons. « Je ne voulais pas partir sur un coup de tête. J’ai songé pendant plus d’un an aux différentes pistes qui se présentaient à moi. » Son contexte familial guide sa réflexion. Un oncle tétraplégique alors qu’il n’était encore qu’un enfant, puis désormais une belle-mère hémiplégique, suite à un AVC. Sa décision est prise : ce sera l’aide à l’autonomie. « Mais je ne connaissais pas suffisamment les arcanes de la profession pour me lancer seul. J’ai donc choisi de me placer sous la tutelle – relative – d’une enseigne. Un franchiseur ne s’immisce pas dans la gestion de l’entreprise mais vérifie que la méthodologie est bien conforme à son cahier des charges », précise-t-il. Didier Pages frappe à plusieurs portes, opte pour Coviva, puis lance son agence à Villejuif (94).


L’épreuve du feu

Très vite, l’ancien militaire doit mettre en œuvre toute son expérience en ressources humaines. Le recrutement de bons intervenants est une des clés de la réussite dans le secteur des services à la personne. « Je ne sélectionne que des candidats qualifiés ou très expérimentés puis je fais passer des entretiens d’une heure et demie, témoigne l’entrepreneur. On ne peut pas cacher ses failles plus d’un quart d’heure. » Des précautions qui ne le mettent pas pour autant à l’abri de mauvaises surprises. « Une aide ménagère a démissionné le lendemain de son arrivée en me disant qu’elle avait trouvé autre chose. Je n’ai pas compris quel était le problème. Depuis, j’avertis les candidats que les salaires ne sont pas élevés. » Et sa rémunération à lui ? Comme de nombreux entrepreneurs, il a décidé de ne pas se payer pendant deux ans. « On ne fait pas ce métier pour faire fortune, mais je ne sais pas si j’y arriverais sans ma retraite », souligne Didier Pages.


A l’écoute des familles

En attendant, il ne ménage pas sa peine. « Je fais le tour des prescripteurs – conseil général, pharmacies, médecins – pour me faire connaître », raconte-t-il. Entre deux rendez-vous, il fait des contrôles inopinés pour s’assurer de la qualité des prestations. Il soigne aussi la relation client. « Les familles sont en situation de désarroi. Je leur dis toujours d’appeler au moindre problème ». Et sa famille, à lui ? « Je suis très bien soutenu, assure-t-il. J’avais prévenu qu’il n’y aurait pas de vacances la première année. Mais j’essaie de ménager quelques week-ends. »