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De salarié à chef d’entreprise, les étapes clés

2015-05-04T06:00:00+02:0004.05.2015, 


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De l’idée à la concrétisation, en passant par le projet, nombreuses sont les étapes pour devenir son propre patron. Nombreux aussi les acteurs, organismes et aides qui peuvent structurer le parcours d’un créateur d’entreprise. Mais il est difficile de quitter son emploi pour se lancer. Décryptage des étapes-clés et astuces.

De salarié à patron, les étapes clés
Crédits photo : Shutterstock

« La France est aujourd’hui le pays qui a le taux de créations d’entreprises le plus élevé d’Europe ». Le cadre est posé par Yoann Rotureau, consultant à l’Agence pour la Création d’Entreprise (APCE), lors d’une conférence sur l’entrepreneuriat dans le cadre du Salon du travail et de la mobilité professionnelle en janvier 2015. « Depuis 10 ans, nous remarquons une multiplication par 3 de ce taux, impulsée par des dispositifs gouvernementaux », poursuit-il. Grâce à l’instauration du statut d’auto-entrepreneur en 2009, le nombre de ces créations est en effet passé de 250 000 à 550 000 par an (source Insee), portées par le regain du digital, de la technologie et le retour de la mode « start-up ».

Sauter le pas

Avant d’effectuer toute démarche administrative, l’aspirant-entrepreneur doit cerner son idée. Cette phase intense de recherche, souvent comparée à « une gestation » en raison de sa durée moyenne supposée « entre neuf mois et un an », comme le rappelle Marjorie Di Placido, directrice de Human It, s’avère primordiale. Multifacette, cette période est le moment de « se confronter aux autres, à leur regard détaché sur l’idée, d’échanger et d’aller se former sur le terrain, explique Cathrine Gury du Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam). L’incertitude, la solitude puis le foisonnement qu’est l’entrepreneuriat font cheminer l’idée. » Il s’agit, en résumé, de la phase critique où le candidat à la création va se poser la question « Vais-je oser ?». Oser faire le pas vers une autre vie, stimulante, chronophage et parfois ingrate, surtout à ses débuts. Le salarié doit prendre le temps de la réflexion et, une fois décidé, éventuellement négocier une rupture conventionnelle avec son employeur. « Quand on décide de quitter son emploi pour créer son entreprise, on sait ce qu’on perd, mais pas ce qu’on retrouve. C’est une décision très engageante, y compris au niveau de son entourage. Il faut donc en discuter avec sa famille et s’assurer que tout le monde est prêt à franchir ce cap », confie Julien Castagnet, franchisé Axeo Services à Houdan (78). Même son de cloche pour Nicolas Legendre, franchisé Attila Système à Melun (77) : « La création d’entreprise constitue un véritable projet de vie. Ce n’est pas une décision qui se prend à la légère. » A la lumière de cette étape clé se dessine le business plan (ou plan d’affaires). Synthèse de cette gestation, cet outil modélisé permet une lecture du projet à tous les partenaires.


Construire un business plan

Réaliser une étude de marché, « pas forcément indispensable » selon Catherine Gury, s’impose néanmoins comme une alliée de taille dans le business plan. Plus globalement, « faire des démarches, sortir de chez soi, travailler son produit, rencontrer de potentiels clients pour avoir des retours », selon les mots de Yoann Rotureau, constitue en soi une grande partie du travail d’élaboration du projet, qui apparaît dans l’étude de marché. Ce travail préliminaire permet de tester les idées de l’entrepreneur et ainsi de lui montrer que, quoique bonnes, la plupart des idées ne fonctionnent pas.

De salarié à patron, les étapes clés
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Trouver des financements et un accompagnement

A quoi bon exister si ce n’est pas pour y recourir ? Les aides à la création d’entreprise sont légion en France par rapport à ses voisins européens. Ainsi, le CNAM propose « aux entrepreneurs de petites entreprises une formation à l’entrepreneuriat, financée en partie par le compte personnel de formation (CPF) », rappelle Catherine Gury. « Nous délivrons également une licence professionnelle et distillons des conseils et méthodes : avec quoi, avec qui et sur quoi ? ». Pour sa part, Pôle Emploi soutient les gens éloignés du circuit de l’emploi en leur proposant une capitalisation de leurs allocations. « Nous calculons un capital des droits de l’aspirant-entrepreneur sur deux ans, dont nous reversons 50 % en deux semestres. Les 50 % restants peuvent par la suite être utilisés dans les 5 ou 6 ans qui suivent la création d’entreprise », explique Mathieu Lemoine, conseiller Pôle Emploi. Par ailleurs, l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE) propose également un soutien financier pour les projets n’excédant pas 20 000 euros et s’adresse à des personnes hors du circuit bancaire. « N’hésitez pas à regarder les différents concours qui promeuvent la création d’entreprise et priment les vainqueurs », adresse Catherine Gury à l’assistance, alors que Yoann Rotureau évoque la possibilité de faire appel à Initiative France ou au réseau Entreprendre pour consolider son projet.