La franchise, une solution pour se reconvertir à 50 ans

2011-10-28T14:24:00+02:0028.10.2011, 


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Le profil des plus de 50 ans intéresse : l’expérience, la compétence, les capacités financières sont des atouts très appréciés des franchiseurs. Le Salon des Micro-entreprises 2011 s’est penché sur la reconversion en franchise des quinquagénaires. Compte-rendu de conférence.


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800 000 demandeurs d’emploi de plus de 50 ans

Le nombre de demandeurs d’emplois ayant plus de 50 ans s’élevait à 800 000 en juin 2011, soit 100 000 de plus qu’un an auparavant. Et retrouver un emploi après 50 ans est difficile : les quinquagénaires représentent aujourd’hui près d’un quart des demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an1. De plus en plus de quinquagénaires se tournent donc vers la création d’entreprise en franchise. L’enquête annuelle 2010 sur la franchise le confirme, puisque la proportion des franchisés ayant entre 50 et 64 ans est passée de 25 % en 2009 à 35 % en 2010, faisant progresser l’âge moyen du franchisé de 43 à 46 ans2.


La franchise, moyen de reconversion

« L’âge est un atout important », affirme Nathalie Dubiez, responsable marché de la franchise et du commerce associé chez HSBC France. « Il impose une crédibilité, le client sent qu’il y a de l’expérience derrière. » L’âge est également un gage de moyens : les quinquagénaires ont derrière eux une longue carrière et quittent généralement leur entreprise avec un pécule important, qui leur sert d’apport personnel. Pour ce type de profil, la franchise permet de gagner du temps : ils investissent dans un concept clé-en-main et la formation initiale dispensée par le franchiseur leur permet de changer de métier. « L’environnement d’une enseigne de franchise limite les risques, confirme Nathalie Dubiez, puisque le concept a déjà été testé et approuvé. C’est un moyen de reconversion possible, mais attention ! La franchise ne convient pas à tout le monde. » En effet, le candidat doit être prêt à appliquer les « recettes » du franchiseur à la lettre.


Tous les secteurs sont envisageables

« Certains franchiseurs recherchent des professionnels de leur secteur, quand d’autres préfèrent les profils d’entrepreneurs, sans exiger de compétences techniques particulières », déclare Laurent Poisson, conseiller en développement, organisation et évolution des entreprises en réseau, animateur pendant 20 ans pour le réseau de franchises Midas et co-animateur de l’Académie de la franchise. Avoir une formation technique est parfois indispensable, pour exercer par exemple les métiers d’opticien, de coiffeur ou d’agent immobilier. Pour les enseignes pour lesquelles aucun diplôme ou carte professionnelle n’est nécessaire, les franchiseurs sélectionneront les candidats en fonction du management exercé dans chaque réseau. Dans les deux cas, le franchisé sera formé au métier de l’enseigne pendant la formation initiale, que tout candidat doit suivre avant d’intégrer un réseau de franchise.

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1Source : Pôle Emploi
2Source : Enquête annuelle 2010 sur la franchise, Banque Populaire, Fédération française de la franchise – REUSSIR L’Express-Le Figaro – CSA.


Deux atouts majeurs : la formation et le réseau professionnel

Pour une raison simple, de nombreux franchiseurs préfèrent les entrepreneurs totalement étrangers à leur futur métier : « quand les apprentis-franchisés n’ont pas de compétences techniques, il y a moins de résistance à l’apprentissage », explique Laurent Poisson. De plus, les franchisés en reconversion possèdent un réseau professionnel qui leur sera fort utile. Patrick Rougeon, dirigeant fondateur des Savants Fous, réseau d’animation ludique visant à familiariser les enfants à la science, fait partie de ceux qui apprécient ce type de profil. « Nous nous appuyons largement sur le réseau professionnel des plus de 50 ans. La formation que nous donnons mise de côté, c’est leur plus grande aide au démarrage », explique ce quinquagénaire reconverti.


Privilégier les contrats de 5 à 7 ans

A 50 ans, les franchisés redoutent plus l’accident de vie qu’en début de carrière. Pour mettre un terme à l’activité avant la fin du contrat, deux solutions sont possibles. La première est de passer un accord à l’amiable avec le franchiseur, et de vendre le fonds de commerce à un repreneur agréé par la tête de réseau. La deuxième solution est la rupture unilatérale, qui n’est dans l’intérêt de personne, et qui est donc évitée quand les circonstances le permettent. « Il est primordial de lire votre contrat attentivement, prévient Nathalie Dubiez, notamment pour les causes de sorties. C’est un sujet à traiter de façon très professionnelle. » Les contrats de courte durée ne sont pas pour autant mieux adaptés aux quinquagénaires en reconversion professionnelle : « Le droit d’entrée que vous payez est un investissement à rentabiliser », explique Laurent Poisson. Les banques privilégient elles aussi les contrats « entre 5 et 7 ans », selon Nathalie Dubiez, afin de permettre le retour sur investissement.


L’exemple de Crono Concept

Réseau de conseil en management auprès des dirigeants de PME, Crono Concept a lancé son projet pilote il y a bientôt 10 ans et se développe en franchise depuis 2009. Après 15 ans de carrière dans l’industrie, Alain Humbert fonde ce réseau, qui compte aujourd’hui 5 franchisés. La moyenne d’âge de ses conseillers est de 51 ans, la plupart se sont reconvertis : « La première chose que les candidats à la franchise me disent, c’est que leur maison est payée et que leurs enfants sont indépendants. Ils veulent se faire plaisir », explique-t-il. « Dans le conseil, l’âge est gage d’expérience, et donc de compétence. Et, bien que nous offrions une aide à nos franchisés pour la prospection des clients, leur réseau professionnel est très important. » Il ajoute : « les plus de 50 ans en reconversion professionnelle ont un autre atout, ils possèdent des liquidités. C’est une condition nécessaire à la réussite d’un consultant, pour qui les débuts sont parfois difficiles, surtout pendant la période de prospection. »

 

Camille Prigent