La franchise, un bon tremplin pour entreprendre à 40 ans

2013-10-21T12:46:00+02:0022.11.2010, mis à jour le 21.10.2013,


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Contrat commercial qui lie une enseigne à un entrepreneur indépendant, la franchise est un outil idéal pour faciliter la reconversion professionnelle des cadres, à condition d’accepter certaines règles et d’être prêt à faire des concessions.


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51 % des franchisés ont entre 35 et 49 ans et 69 % sont d’anciens salariés*. Pourquoi un tel succès auprès des quadras ? La perspective de partir de zéro et d’entreprendre seul peut décourager. Solution intermédiaire, la franchise permet d’éviter les principaux écueils inhérents à la création d’entreprise grâce à une transmission de savoir-faire et un accompagnement, en échange d’un droit d'entrée et de redevances.


Un cadre sécurisant

En signant un contrat avec une enseigne, l’entrepreneur indépendant gagne le droit d’exploiter un concept éprouvé, une marque identifiée par la clientèle et profite de méthodes expérimentées. Des atouts non négligeables aux yeux des banques, pour qui l’appartenance à un réseau reconnu peut être gage de crédibilité. De plus, la formation initiale, qui varie de quelques semaines à plusieurs mois, offre au candidat à la franchise l’opportunité de travailler sur un nouveau secteur. Il peut ainsi choisir d’ouvrir un restaurant, une agence d’intérim, un supermarché, magasin de bricolage ou encore devenir courtier en travaux. Mais ces avantages nécessitent une mise initiale importante : entre 15 000 et 300 000 euros selon les réseaux, et jusqu’à 1,5 million d’euros pour certaines activités gourmandes en capitaux, comme l’hôtellerie ou la restauration.

Cet investissement permet également au franchisé de bénéficier d’une assistance continue tout au long de son contrat ainsi que des innovations et des outils mis en place par la tête de réseau. Il échappe aussi à la solitude du chef d’entreprise en échangeant avec d’autres franchisés qui rencontrent les mêmes problématiques. Par contre, le franchisé est tenu d’appliquer le concept selon les normes imposées par le franchiseur. Choix de l’emplacement, aménagement des locaux, techniques de vente… Il a peu de liberté d’action et doit se soumettre aux décisions de la tête de réseau. Néanmoins, l’entrepreneur franchisé peut parfois participer à des commissions et donner son avis sur les principales orientations de l’enseigne.


Accepter les sacrifices

Comme toute création d’entreprise, la franchise nécessite aussi un gros investissement personnel. Fini les vacances et les week-ends détente : le franchisé doit être en permanence sur le pont. Il faut donc faire preuve de beaucoup de polyvalence et parfois même, accepter de ne pas se payer les premiers mois. En règle générale, les candidats à la franchise peuvent s’attendre à une baisse conséquente de leur train de vie : le revenu individuel moyen annuel est de 34 500 euros, sachant que 36 % des franchisés ont un salaire annuel inférieur à 20 000 euros. Plus de la moitié estime cependant mieux gagner sa vie qu'un salarié*.

Pour les plus ambitieux, la franchise constitue un excellent moyen de développer rapidement son entreprise et donc son chiffre d’affaires. Au bout de trois à quatre ans, les franchisés ont la possibilité de réinvestir leur capital dans le même réseau (multi-franchise) ou dans une nouvelle enseigne (pluri-franchise). Ils peuvent ainsi gérer plusieurs implantations en plaçant des gérants salariés à leur tête. En 2012, 26 % des franchisés* exploitaient plus d’un point de vente dans le même réseau. La plupart des enseignes encouragent leurs membres à ouvrir plusieurs unités. Mais encore faut-il être excellent manager, savoir recruter les bons collaborateurs aux postes clés et mettre en place une organisation efficace, ce que les cadres sont plus enclins à faire, grâce à leur expérience passée.

Zoom sur des secteurs qui recrutent

La restauration rapide
Avec un chiffre d’affaires annuel de 34 milliards d’euros en 2012, la restauration rapide profite de la réduction des temps de repas. Parmi la multitude de concepts, la livraison de pizza, le snacking à la française et les sandwiches tirent leur épingle du jeu. Lire :

Les services à la personne
Ce secteur boosté par la loi Borloo regroupe des enseignes positionnées sur différentes activités : garde d’enfants, soutien scolaire, dépannage, assistance aux personnes dépendantes… En savoir plus :

L’occasion
Portés par la crise et les nouveaux modes de consommation, les réseaux d’achat-vente, spécialisés dans l’achat immédiat des produits aux déposants, prospèrent et prennent progressivement le pas sur les dépôts-vente. Sur ce sujet :


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* Enquête annuelle 2012 sur la franchise, Banque Populaire-Fédération française de la franchise-L'Express-CSA

Camille Prigent