Femmes entrepreneures : comment rompre l’isolement des créatrices ?

2015-06-08T06:00:00+02:0008.06.2015, 


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Les femmes représentent 40 % des porteurs de projets en franchise et 30 % des entrepreneurs. Elles sont plus hésitantes à se lancer à leur compte. Pourtant, il existe de nombreux recours pour garder confiance en son projet et aller jusqu’au bout.

Femmes entrepreneures
Crédits photo : Shutterstock

« Les femmes préparent sérieusement leur projet et y croient dur comme fer. Mais elles s’autocensurent », explique Florent Lamoureux, directeur en charge du marché des professionnels chez Caisse d'Epargne. Selon lui, les femmes « manquent d’audace car elles veulent un monter un dossier 100 % qualité ». Sont-elles trop perfectionnistes ? Non. De plus en plus nombreuses à créer leur entreprise, elles sont bien décidées à se serrer les coudes pour inverser les tendances.
En moyenne, les femmes décident de s’installer à leur compte vers l’âge de 48 ans et possèdent des profils et motivations globalement identiques à ceux des hommes. Quand 38 % d’entre-elles préfèrent créer une structure dans le secteur des services, près de la moitié se lance dans le commerce, les transports, l’hébergement ou la restauration.

Plusieurs initiatives officielles ou associatives viennent à faire du sexe féminin un atout non négligeable dans la création d’entreprise. Pourtant, selon le baromètre 2014 des femmes entrepreneures publié par la Caisse d’Epargne, ces dernières se freinent elles-mêmes. Ce qui explique que si 40 % des franchisés sont des femmes en 2014, elles sont de manière globale seulement 30 % à créer leur entreprise.

Accompagner et faire mûrir le projet

« Les femmes n’aiment pas investir beaucoup dans leur structure, mais nous observons un changement dans l’arrivée d’une nouvelle génération beaucoup plus ambitieuse. Elles s’associent plus vite sur des projets plus gros », remarque Cécile Barry, présidente d’Action’Elles, une association qui accompagne les porteuses de projet de la formulation de l’idée jusqu’au développement de leur établissement.

Créée en 1994 à Lyon (69), l’association est implantée dans toute la France et en Outre-Mer. Contre une adhésion de 60 euros pour les porteuses de projet, ou 150 pour les cheffes d’entreprises, Action’Elles propose des parcours de formation ou des ateliers. Elle fonctionne aussi en « networking ». Gérée par des chefs d’entreprises en activité, les formations sont délivrées par des experts comptables ou des spécialistes de l’étude marketing.

Au sein d’Action’Elles, Cécile Barry dresse les mêmes conclusions que le banquier Caisse d'Epargne : il y a des spécificités à l’entreprenariat féminin. « Concrètement, les femmes mettent beaucoup d’affect dans leur structure », explique-t-elle : « Le développement de projets pensés par les femmes est toujours plus lent que celui des hommes ».


L’Etat, soutien de l’entreprenariat féminin

Aux côtés du monde associatif, les pouvoirs publics agissent dans le même sens avec la mise en place depuis 2014 d’un « plan national pour le développement d’un entreprenariat féminin » chapeauté par le ministère des Droits des Femmes. Celui-ci vise la progression de la part des femmes dans la création d’entreprise, avec un objectif de 40 % d’entrepreneures d’ici 2017.

Outre un site Internet dédié à l’information et au guidage des porteuses de projets et cheffes d’entreprise, le plan souhaite faciliter l’accès au financement pour les femmes, notamment par le renforcement du Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF) qui propose des garanties de prêts jusqu’à 70 % du montant emprunté (le plafond étant fixé à 27 000 euros). Résultat, l’année 2013 a vu augmenter les demandes de garanties de 11 %.


Solliciter les réseaux classiques

De son côté Agnès Bricard, expert-comptable et fondatrice de la Fédération des femmes administrateurs rappelle que les réseaux d’accompagnement classiques accueillent eux aussi des projets féminins : « Depuis le 1er avril, le prêt à la création d’entreprise n’existe plus. Il faut donc aller chercher les prêts d’honneur auprès des réseaux Entreprendre et Initiative France », préconise-t-elle. Ces derniers décernent notamment des prêts d’honneur pour des projets ambitieux et solides. Ils sont sans intérêts, ni garanties et sont remboursables sur une période de deux à cinq ans.

Enfin, les femmes s’organisent aussi sur des aires géographiques plus restreintes. Trophées, clubs de réflexion, plans d’actions régionaux, bourses régionales, conventions ou autres guides sont à la disposition des porteuses de projets qui souhaitent se renseigner à un niveau plus concret. De quoi continuer de cultiver une solidarité féminine bien réelle.

Vers qui se tourner pour entreprendre ?

Les accompagnateurs destinés aux femmes :
- Action’Elles : www.actionelles.org
- Fédération pionnières : www.federationpionnieres.org
- Force Femmes : www.forcefemmes.com
- Biilink : www.biilink.com
- Ellesentreprennent.fr (APCE) : www.ellesentreprennent.fr
- Femmes Business Angels : www.femmesbusinessangels.org/fba

Les accompagnateurs classiques :
- Réseau entreprendre : www.reseau-entreprendre.org
- Réseau France Active : www.franceactive.org
- Initiative France : www.initiative-france.fr
- Groupe Caisse des Dépôts : www.caissedesdepots.fr
- BpiFrance : www.bpifrance-lelab.fr
- Pouvoirs publics : www.guichet-entreprises.fr

Propos recueillis lors d’une conférence organisée par la Fédération française de la franchise à Franchise Expo 2015.