Parcours d'entrepreneurs

Franchisés depuis plus de dix ans : leurs conseils

2016-02-29T08:08:00+02:0029.02.2016, mis à jour le 29.02.2016,


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Franchisés dans l'immobilier, la restauration ou les services à la personne, ils ont choisi un réseau et y sont restés fidèles. Découvrez leur parcours et leurs recommandations pour choisir le bon franchiseur et réussir.

Réussir en franchise
Crédits photo : Gajus / Shutterstock.com
Un franchisé averti en vaut deux.

Trois parcours, trois chefs d’entreprises et un point commun : la certitude d’avoir choisi le bon réseau. Selon l’enquête annuelle de la Fédération française de la franchise, un franchisé sur deux est dans son réseau depuis plus de dix ans. Quels sont les secrets de ces histoires qui durent ?

Soigner son premier rendez-vous

Franchisé Era Immobilier depuis 2006, Lionel Despres a rencontré plusieurs réseaux d’agences immobilières avant de se lancer. « Ce que les différents réseaux proposent se ressemble, mais l’état d’esprit est totalement différent », explique-t-il. « Celui qui me correspondait le plus était Era, un réseau familial qui proposait un accompagnent très sportif, du pur coaching !» Quand il se lance il y a une quinzaine d’années, Olivier Bremard a une idée moins précise du type de réseau qu’il souhaite rejoindre : ancien patron d’un bar-brasserie, il se rend au salon Franchise Expo pour rencontrer plusieurs enseignes, et prend contact avec La Mie Câline : « Je recherchais une enseigne avec une bonne notoriété et qui évoluait dans un secteur d’avenir », se rappelle-t-il. Après ce premier contact, il part avec sa femme à la rencontre de franchisés du réseau : « Nous avons été voir trois franchisés choisis au hasard. Un seul sur les trois était prévenu de notre passage. » Pour Céline Galinier, franchisée Shiva à Nice, rencontrer d'autres franchisés était aussi primordial. Mais elle n’a pas pu les choisir au hasard, car quand elle a ouvert en 2007, l’enseigne comptait seulement une douzaine d’agences. « J’étais la franchisée numéro 15 !», se rappelle la chef d’entreprise. A l’époque, le secteur du service à la personne n’en est encore qu’à ses débuts mais connaît déjà un essor important. « Aujourd’hui, Shiva est une entité qui se suffit à elle-même. A l’époque, le réseau était plus adossé à Acadomia, un groupe qui m’inspirait confiance. »


Faire confiance au franchiseur et à ses méthodes

Mais la franchise n’est pas seulement une marque, c’est aussi un savoir-faire. Et pour rester longtemps dans un réseau, il faut être prêt à suivre les méthodes du franchiseur. Lionel Despres l’a vite compris lorsqu’il a ouvert sa deuxième agence Era, en 2008. « Je venais de me lancer, le marché immobilier connaissait un énorme ralentissement. J’ai demandé de l’aide et dès le lendemain, un consultant du réseau était devant ma porte pour m’aider. Cette année-là, j’ai explosé mon chiffre d’affaires. » Pour Olivier Bremard, franchisé La Mie Câline, le constat est le même : « Il faut être en adéquation avec le franchiseur et avec ce qu’il propose, et ne pas seulement y aller parce que c’est rentable », affirme-t-il.


Comprendre le coût de la franchise

Pour se financer, les réseaux de franchise demandent des droits d’entrée mais aussi une redevance sur le chiffre d’affaires. Pour Lionel Despres, qui gère aujourd’hui cinq agences, cette redevance atteint plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. Pas question pour le chef d’entreprise de 38 ans d’aller voir ailleurs pour autant. « Entre ce qu’il me coûte et ce qu’il me rapporte, je serais complètement déraisonnable de quitter le réseau. » Un avis que partage Olivier Bremard, qui a déjà signé trois contrats avec La Mie Câline : « Il faut que le franchiseur ait des royalties suffisantes pour apporter un véritable service au franchisé, en termes de marketing mais aussi de recherche et développement. Les royalties à 1 ou 2 % ne permettent pas à un franchiseur de vivre. » Pour Céline Galinier aussi, rester au sein de Shiva est une évidence. « Changer d’enseigne, je n’y ai jamais pensé. Partir seule coûterait moins cher, mais je me développerais moins vite. » Aujourd’hui à la tête de deux agences, la franchisée prépare déjà sa troisième ouverture. « Shiva s’occupe de toute la partie administrative des agences : factures, fiches de paye… Cela me permet d’avoir plus de temps à consacrer à la gestion commerciale et humaine, et d’ouvrir plusieurs agences. »

Camille Prigent