Changer de vie

Notre Basse-cour, un réseau pour se mettre au vert en créant son entreprise à la campagne

2014-05-02T06:00:00+02:0002.05.2014, 


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Devenir éleveur de poules pondeuses en réseau est possible, avec Notre Basse-cour. Depuis ses débuts en 2005, six porteurs de projet ont ainsi rejoint l’enseigne, opérant une reconversion professionnelle totale. Retour sur ce concept développé en licence de marque.

Notre Basse-cour, licence de marque
Crédits photo : Droits réservés

Un réseau atypique

Chez Notre Basse-cour, le local idéal n’est pas un emplacement n°1 en centre-ville mais un terrain de deux hectares en pleine campagne. Quant au « stock », il s’agit d’un élevage de 1 600 poules en moyenne. Ce réseau se distingue de facto par plusieurs éléments. Une différence que cultivent Pascale et Christian Cédra, les fondateurs : « Avec mon épouse, nous sommes éleveurs depuis 1995, raconte l’agriculteur. Pour répondre au succès de notre concept, nous avons choisi de le développer en licence de marque en 2005. » Aujourd’hui, six entrepreneurs ont rejoint le réseau et sont devenus éleveurs Notre Basse-cour, portant à sept le nombre d’exploitations sous enseigne.


Small is beautiful*

A la base du concept Notre Basse-cour : la taille de la production. « Notre élevage n’a de valeur que parce qu’il est petit », explique Christian Cédra. « Notre système est fini : si nous nous agrandissons, nous retournons dans les travers de la grande distribution. » Là où certains ateliers volailles en cage comptent 300 000 poules et certains élevages en plein-air jusqu’à 100 000, les exploitations Notre Basse-cour n’excèdent pas les 1 600 spécimens. « Elever en petites unités nous permet d’être proches des consommateurs, tout en étant très réactifs. » Des conditions primordiales pour le réseau, qui a choisi de ne revendre sa production d’œufs qu’en circuit-court (40 kilomètres carrés autour de l’exploitation maximum), à des commerçants indépendants. « Nous ne vendons pas aux grandes surfaces, précise Christian Cédra. Nous ne travaillons pas non plus avec des centrales d’achats. Les personnes qui distribuent nos œufs connaissent l’élevage. »

Les ventes d'oeufs se font en circuit-court
Crédits photo : Droits réservés

Autre spécificité : le traitement des animaux. « Nous n’utilisons ni antibiotiques, ni OGM, ni même du soja », assure l’éleveur. Les gallinacées sont nourries avec l’herbe de l’exploitation, raison pour laquelle les fermes situées dans des régions au climat tempéré sont privilégiées par le réseau.


« Un projet de vie »

Créer un élevage de poules pondeuses Notre Basse-cour, c’est opérer un changement professionnel, et souvent personnel, radical. « Beaucoup de créateurs qui nous ont rejoint souhaitaient changer de vie pour vivre à la campagne. La dernière entrepreneure à avoir rejoint le réseau, par exemple, travaillait dans un laboratoire et désirait rompre avec son cycle de vie. C’est vraiment un projet de vie », confie Christian Cédra. « Ce sont des personnes qui ont capitalisé durant leur carrière professionnelle et peuvent investir dans un terrain de deux hectares avec maison attenante », poursuit-il. Mais, surtout, les membres du réseau Notre Basse-cour doivent apprécier le travail au grand air et le contact avec les animaux et la nature. « Il faut aussi être rigoureux, car il s’agit tout de même de gérer une véritable entreprise. »

Les informations clés

- Type de contrat : licence de marque
- Droit d’entrée : 7 500 €
- Durée du contrat : 10 ans
- Redevance d’exploitation : 300 €
- Chiffre d’affaires moyen : 60 000 € la première année, 80 000 € les suivantes
- Implantation : en campagne sur une surface de 2 hectares attenants à l’habitat
- Potentiel de développement : 200 exploitations à terme

*Référence à l’ouvrage de l’économiste Ernst Friedrich Schumacher « Small is beautiful, une société à la mesure de l’homme »

Jennifer Matas