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L’éthique, un atout pour la compétitivité des enseignes ?

2017-06-09T06:00:00+02:0009.06.2017, 


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Respect de l’environnement, démarche sociale responsable, traçabilité des produits, made in France… Les engagements en faveur d’une production et d’une distribution plus transparente et conforme aux enjeux environnementaux et sociétaux font plus que jamais la différence dans la course aux parts de marché.

Ethique et réseaux
Crédits photo : shutterstock.com

A l’heure où le président américain Donald Trump retire les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, se faisant lâcher par la même occasion plusieurs multinationales telles que Tesla et Disney, la question de la responsabilité des entreprises sur l’environnement et le social se fait plus que pressante. Est-ce aux grandes enseignes de montrer l’exemple ? En tout cas, les consommateurs sont prêts à leur indiquer le chemin. Ainsi, deux Français sur trois se disent prêts à payer plus pour un produit ou un service lorsque l’entreprise qui le fournit est engagée dans une démarche « Responsabilité Sociétale des Entreprises » (RSE). C’est ce que révèle un sondage Opinion Way réalisée en mai 2017 pour la Fédération du commerce coopératif et associé (FCA).

En plus d’être un argument de vente indéniable, l’engagement éthique ne nuirait pas à la performance économique contrairement à certains prérequis. Pour 89 % des Français interrogés, la capacité pour une entreprise à conjuguer performance et impact social et environnemental positif est, à l’inverse, certaine. Exit donc les excuses du type « on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs », les consommateurs n’y sont plus réceptifs.

Le commerce associé, un modèle pionnier

Autant d’arguments qui concernent nécessairement le monde du commerce de détail. Et dans ce domaine, le commerce associé a depuis longtemps fourbi ses armes. « Au sein du commerce coopératif et associé, nos 32 590 entrepreneurs sont, par nature, des acteurs de la vie locale misant sur une approche économique, social et environnemental positive », souligne Eric Plat, président de la FCA et président-directeur général du réseau Atol les Opticiens. Il faut dire que le modèle même du groupement et de la coopérative s’oriente vers le collaboratif et un certain esprit de partage puisqu’au sein de ces réseaux, toutes les décisions sont prises collégialement et la règle est « un homme égal une voix ». « Ils n’ont pas attendu l’appel des Français pour se mobiliser en créant 5 600 emplois en 2016. Ce sont eux également qui vont sponsoriser le club de sport de leur ville, l’événement de leur commune, tout adoptant des démarches responsables », estime-t-il. L’enseigne Intermarché a même basé toute sa dernière campagne de communication sur la qualité de ses produits et son positionnement de « producteurs commerçants ».


Des efforts dans les réseaux de franchise

Dans l’univers de la franchise, aussi, on s’organise pour répondre au plus près à ces nouvelles exigences de consommation. Plusieurs réseaux jouent déjà la carte du made in France, un argument de vente fort, notamment à l’exportation, mais pas que. Dans la distribution alimentaire, le bio gagne de plus en plus de mètres de linéaires et des concepts entièrement dédiés, comme Carrefour Bio ou Day by Day, une enseigne 100 % vrac, essaiment aux quatre coins de l’Hexagone. Et plusieurs franchises mettent en avant leur capacité à créer de l’emploi en local – contrairement à l’industrie, impossible de délocaliser un magasin ou un restaurant ! En 2016, la franchise représentait 1 900 réseaux pour 71 508 points de vente et 618 845 salariés.

Jennifer Matas