Portrait franchiseur

G. Hoquet (Guy Hoquet L'Immobilier) : « Je m’étais promis de réussir dans la vie »

2010-05-21T16:47:00+02:0021.05.2010, 


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Après 20 ans de Marine nationale, Guy Hoquet a décidé de se lancer dans l’immobilier pour mettre en pratique sa conception du métier. Commençant avec une simple agence, il a finalement créé le 3e réseau immobilier français en franchise.

Guy Hoquet
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Guy Hoquet, fondateur du réseau éponyme.

Son parcours

Un entrepreneur-né

A 14 ans, Guy Hoquet avait déjà décidé qu’un jour, il créerait son entreprise. Issu d’une famille modeste de Normandie, le jeune homme s’est promis de « réussir dans la vie ». Pour se former à la gestion d’entreprise, il démarre donc par un CAP de comptabilité, avant de rejoindre la Marine nationale en tant qu’officier d’administration, dans les arsenaux. Il y reste 20 ans, grimpant les échelons et expérimentant toutes les facettes du métier : gestion du personnel, finance, intendance, approvisionnement… Des compétences qui lui seront fort utiles par la suite.


Le déclic

En 1989, le Cnit (Centre des Nouvelles Initiatives et des Tendances), à la Défense, est en cours de reconstruction et cherche un directeur des achats compétent. Sollicité, Guy Hoquet quitte la Marine quasiment du jour au lendemain pour prendre ses nouvelles fonctions. Un poste de transition qu’il occupe pendant 1 an et demi, avant de commencer à s’ennuyer : « Une fois les travaux achevés, il ne restait plus qu’à gérer le remplacement d’ampoules et de chaises cassées !» Presque quadragénaire, Guy Hoquet se sent alors prêt à sauter le pas de l’entrepreneuriat.


Maturation du projet

« J’aurais pu faire n’importe quoi dans n’importe quel métier », sourit aujourd’hui le chef d’entreprise. Il écume le salon Franchise Expo, étudie les concepts… Ayant eu de mauvaises expériences personnelles avec des agents immobiliers, il décide de se lancer dans ce secteur pour mettre en pratique ses propres idées. Prudent, il travaille d’abord quelques mois en tant que salarié d’une agence, afin d’apprendre le métier. « J’ai fait un malheur dès le premier jour ! Je savais ce qu’attendaient les vendeurs et les acquéreurs. J’ai donc mis au point des méthodes qui ont fonctionné immédiatement. »


Un lancement risqué

Encouragé, Guy Hoquet ouvre sa propre agence Laforêt Immobilier en mai 1991, au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Démarrant sans emprunt bancaire, il a comme unique capital l’argent reçu à son départ du Cnit, complété de cadeaux de ses anciens fournisseurs : ordinateurs, mobilier de bureau, travaux de façade… La situation économique de l’époque est cependant tendue : 6 mois après la guerre du Golfe, la moitié des agences immobilières françaises ont fermé. Mais Guy Hoquet tient bon. « J’avais 5 enfants, dont des triplés en bas âge : j’étais obligé de réussir ! Le cap a été difficile à passer, mais je me suis appuyé sur le travail, la méthode et la rigueur. »


Développement fulgurant

Le cocktail fait ses preuves : l’entrepreneur compte bientôt 6 agences en propre et devance largement les autres franchisés de l’enseigne en termes de chiffre d’affaires – un véritable Etat dans l’Etat. Fort de ce succès, il quitte le réseau Laforêt et lance une agence à son nom en 1994. Très vite, certains de ses collaborateurs veulent se mettre à leur compte, mais sous sa bannière. Il crée donc un premier concept de licence de marque, rapidement transformé en contrat de franchise. Dès 1998, le réseau Guy Hoquet compte 50 agences et grimpera jusqu’à 650 en 2008, devenant le 3e réseau immobilier en franchise de France.

Les clés de la réussite

Savoir s’entourer

Pour Guy Hoquet, le succès d’une création d’entreprise tient à trois ingrédients principaux : croire en son projet, beaucoup travailler et savoir bien s’entourer. « Ma principale chance a été de nouer des amitiés solides, tout au long de mon parcours », estime-t-il. Certaines auraient pu lui coûter cher : un de ses associés initiaux, peu fiable, a heureusement quitté l’aventure avant qu’elle ne prenne trop de valeur. Devenu très attentif à ses partenaires, Guy Hoquet choisit en 2006 de vendre une partie de ses actions à Nexity, principal promoteur français. « Je pressentais d’importants bouleversements dans le secteur immobilier, je voulais donc m’adosser à un grand groupe pour les traverser. »


Garantir la qualité

En 2006, il obtient aussi la certification ISO 9001 pour son système de management, devenant le premier réseau de franchise à décrocher ce label. « Je me prétends meilleur franchiseur de France, alors autant le prouver, estime-t-il. Nous poursuivons aujourd’hui cette démarche en faisant certifier progressivement chaque agence. » L’objectif est de garantir au client la même qualité de services dans tout le réseau.


Séduire les franchisés

Aujourd’hui, après la crise de 2009, on dénombre 530 agences Guy Hoquet l'Immobilier, tenues par environ 450 franchisés. La plupart des fermetures enregistrées concernaient des succursales. « La moitié du réseau est constituée de fidèles, l’autre moitié de sang neuf, explique le franchiseur. C’est important pour la dynamique de l’enseigne. » La relation franchiseur-franchisés est d’ailleurs au cœur du système Guy Hoquet. L’association de franchisés, créée dès la naissance du réseau, est ainsi consultée pour toutes les décisions importantes. Et plus de 80 % des franchisés suivent les recommandations du franchiseur !


Etre impliqué

Interrogé sur ses regrets, Guy Hoquet répond qu’il n’en a aucun. Ce dont il est le plus fier ? « J’ai créé de nombreux emplois, y compris dans les périodes difficiles : nous générons 500 emplois directs et indirects par an. D’anciens salariés licenciés, qui se sont reconvertis dans mon réseau, viennent parfois me remercier. » A bientôt 60 ans, Guy Hoquet a décidé de prendre un peu de recul sur sa vie professionnelle. Depuis le 1er janvier 2010, il a donc délégué ses fonctions opérationnelles à un directeur général. « Nous formons un très bon duo, il me donne un deuxième souffle, apprécie l’entrepreneur. Mais de toute façon, je ne me vois pas m’arrêter complètement. Ma société, c’est ma vie !»