Portrait de franchisé

Un repreneur en série, devenu franchisé converti

2010-03-15T16:00:00+02:0015.03.2010, 


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Entrepreneur depuis l'âge de 25 ans, Fabien Piron est entré dans la franchise par le biais de la reprise. Portrait d'un redresseur d'entreprise qui à quarante ans passés, s'investit auprès de l'enseigne Café Leffe.

Fabien Piron, franchisé Café Leffe
Crédits photo : Les Echos / Stéphane Audras, Réa
Fabien Piron, franchisé Café Leffe à Lyon.

Fabien Piron est avant tout un commercial. Un savoir-faire qu'il doit à son métier originel : vendeur d'aspirateurs en porte-à-porte. Après seulement trois années de salariat qui lui ont donné « le goût de la compétition et de la réussite », ce Lyonnais s'est mis à son compte dès l'âge de vingt-cinq ans. De hasards en opportunités, il a multiplié les reprises d'entreprise. Aujourd'hui, la franchise lui permet de concilier rythme de travail et vie de famille.

Pour ce passionné de musique, tout commence par la reprise du bar déclinant d'un ami, qu'il transforme en pub-rock pour mieux le revendre. Cette première réussite l'incite à poursuivre dans cette voie. Société de traitement de surfaces en liquidation judiciaire, discothèque, bar-tabac, affaire immobilière... Il sélectionne des entreprises en difficulté avec une forte expertise mais de réelles faiblesses commerciales. Une fois l'affaire redressée, il s'en sépare. A la suite d'un échec, il décide d'apprendre la gestion et de ne plus investir qu'en utilisant des fonds propres, quitte à prendre un associé. « Le challenge génère de la peur, mais aussi de l'excitation », reconnaît-il.


Se décharger au quotidien

En 2003, contacté par le réseau Café Leffe, Fabien Piron reprend un établissement à Lyon. « A l'époque, les seules normes étaient l'application d'une charte couleur pour la décoration et la commercialisation des bières InBev. Depuis, une identité plus forte a été donnée à l'enseigne, avec des établissements complètement relookés. Je crois à la conceptualisation du produit. C'est un gage de qualité de services. Je pense d'ailleurs que, dans cinquante ans, il n'existera plus d'entrepreneurs sans enseigne », affirme-t-il. Grâce à la franchise, il a ainsi pu se décharger, au quotidien, de l'élaboration des cartes, des innovations et de toute la communication.

Entrepreneur dans l'âme, il a néanmoins voulu s'investir dans l'évolution de l'enseigne. « A travers les commissions du réseau, j'ai oeuvré au repositionnement du concept autour de l'apéritif. Je milite également pour que le personnel de tous les établissements Café Leffe serve la bière selon la tradition belge. » Dès qu'il a mis en place cette idée dans son bar-brasserie, les ventes ont augmenté de 25 %. Désormais à la tête de trois sociétés, Fabien Piron se considère comme un investisseur. Une directrice est aux commandes du Café Leffe lyonnais depuis sept ans. « Mes bureaux sont situés juste au-dessus de l'établissement, mais je ne m'occupe plus que de la gestion et des situations de crise. Je recherche plus de sécurité et je suis devenu plus frileux dans mes choix. » A quarante-deux ans, ce père de quatre enfants s'autorise encore un ultime défi : reprendre un autre établissement de l'enseigne. Et arrêter de travailler dans trois à cinq ans, « pour enfin prendre le temps de vivre ».