Création en franchise

Financement : ce que coûte réellement une création d’entreprise en franchise

2014-11-10T06:00:00+02:0010.11.2014, 


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Si l’apport personnel désigne le montant minimum de ressources propres à avoir pour créer une entreprise en franchise, cette somme ne représente que la partie émergée de l’iceberg que le franchisé devra payer pour exploiter son entreprise. Achat de stocks, besoin en fonds de roulement, pas-de-porte… Les investissements requis sont multiples et le recours à un financement externe quasi obligatoire. Voici un panorama des coûts engendrés par l’ouverture d’une franchise.

Ce que coûte une franchise
Crédits photo : Shutterstock
Panorama des postes de dépenses liées à une ouverture en franchise.

La grande majorité des enseignes recommandent un certain montant d’apport personnel à avoir afin d’ouvrir une franchise au sein de leur réseau. Cette somme est un seuil non figé qui, sous condition d’obtention de financements externes tels qu’un emprunt bancaire ou un prêt d’honneur, permet de créer son entreprise sous enseigne. Sur le terrain, le futur franchisé doit assumer une série de dépenses qu’il n’a pas toujours prévues.

Les éléments matériels

Ouvrir une franchise implique généralement de trouver un local commercial. En effet, peu d’enseignes permettent au franchisé d’exploiter l’activité depuis son domicile, sauf par exemple dans le cas de certains réseaux de mandataires. Souvent, le franchisé devra donc s’acquitter de plusieurs dépenses liées à l’ouverture du point de vente : droit au bail, parfois pas-de-porte mais aussi travaux d’aménagement pour être aux normes fixées par l’enseigne. Autant de variables intrinsèquement liées au secteur d’activité choisi et à la stratégie d’implantation du réseau (centre-ville, centre commercial, emplacement n°1, etc.). Rejoindre une jeune enseigne de services à la personne devrait ainsi induire un investissement bien moindre qu’un hypermarché.

Une fois le local trouvé et agencé selon les recommandations de la tête de réseau, reste le mobilier et le matériel (comptoir de caisse, informatique, etc.). Là encore, ces facteurs dépendent de l’enseigne et du type d’activité exercée par le franchisé.


Les éléments immatériels

Selon Bernard Landry, en charge du commerce de la franchise et de la création d’entreprise au sein de la Banque Populaire Loire et Lyonnais, « les éléments immatériels sont plus importants dans le cadre d’une création en franchise », car le franchisé doit notamment verser plusieurs montants en contrepartie de l’utilisation de la marque et du savoir-faire de l’enseigne. Droit d’entrée et redevances dès les premiers mois d’activité viennent ainsi grever le budget du nouvel entrepreneur. Des dépenses justifiées par l’espoir d’un retour sur investissement plus sûr et plus rapide en franchise qu’en indépendant. La formation initiale, comprise généralement (mais pas obligatoirement) dans le montant des droits d’entrée, engendre aussi des coûts cachés. Inévitable, cette formation doit nécessairement être suivie par le nouveau franchisé avant de démarrer son activité. Ce qui implique des coûts de transport jusqu’au lieu de la formation ainsi que des dépenses de logement plus ou moins lourdes selon la durée et l’éloignement géographique. Heureusement, certains réseaux envoient les futurs franchisés dans des sites-écoles à proximité de leur lieu de résidence, mais cette pratique n’est pas figée dans le marbre et des séjours au siège de l’enseigne sont souvent nécessaires.

Le responsable du pôle franchise de la Banque Populaire Loire et Lyonnais recommande également de s’adjoindre les conseils d’experts juridique et comptable pour lire le Document d’information pré-contractuelle (DIP) et établir un prévisionnel tangible avant de s’engager "en connaissance de cause". Enfin, le franchisé doit procéder à une étude de marché de sa zone de chalandise afin d’estimer le potentiel de sa future activité. Un travail qui nécessite l’intervention, là-encore, de professionnels.


Le besoin en fonds de roulement

Toute activité commerçante (hors services) nécessite un stock. Dans les réseaux de franchise, ce stock est acheté par le franchisé au réseau et/ou à des fournisseurs externes. Entre le moment où le chef d’entreprise décaisse pour acheter son stock et celui où il encaisse ses clients, il faut encore des fonds pour alimenter la trésorerie et poursuivre l’activité. Ce décalage, appelé besoin en fonds de roulement, constitue un poste incontournable dans la gestion de l’entreprise… et une somme disponible immédiatement, en trésorerie, à prévoir au fil de l’activité. « Le système de la commission-affiliation peut être une solution », avance Bernard Landry. En effet, ce contrat cousin de la franchise et très répandu dans le secteur du prêt-à-porter présente la spécificité de faire reposer le coût du stock sur la tête de réseau et non sur l’affilié. Ce dernier est, en échange, rémunéré par une commission sur le chiffre d’affaires comprise généralement entre 30 % et 45 %.

Les propos de Bernard Landry ont été recueillis lors du Forum franchise Lyon, le 9 octobre 2014

Jennifer Matas