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Création d’entreprise : comment passer le cap des trois ans ?

2014-07-22T06:00:00+02:0022.07.2014, 


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L’étape de la création d’entreprise est l’une des plus risquée, puisque nombreux sont les projets qui ne dépassent pas les trois ans. Georges Kaloussis, professeur en master entrepreneuriat et gestion des projets innovants à l’université Paris Dauphine, donne quelques clés pour franchir avec succès ce cap et pérenniser son entreprise en franchise.

Création d'entreprise, comment passer le cap des 3
Crédits photo : Shutterstock

Apprendre à repérer les signaux d’alerte, anticiper, prévenir, se préparer… Loin d’être une sinécure, la création d’entreprise apporte au porteur de projet son lot d’aléas à surmonter pour perdurer. En particulier, la phase de création est charnière, comme l’explique Georges Kaloussis, professeur d’entrepreneuriat à Paris-Dauphine : « Rien n’est jamais acquis dans la phase de création, rien n’est certain. » A l’entrepreneur, donc, de faire preuve de réactivité et de flexibilité. Voici les quatre étapes à respecter pour passer le cap des trois ans.

1. Maîtriser les notions essentielles

Avant d’initier toute démarche, le porteur de projet doit se poser plusieurs questions afin d’optimiser la phase de création de son entreprise. D’abord, la date de début d’exploitation : « Tout futur entrepreneur a intérêt à déterminer le moment opportun pour créer son entreprise », explique Georges Kaloussis. « Cela signifie, notamment, tenir compte de la saisonnalité des ventes. » Le professeur d’entrepreneuriat conseille d’opérer un calcul à reculons : à partir de la période de pic des ventes, décompter les semaines ou mois nécessaires pour être fin prêt à ce moment-là. « Ainsi, une création d’entreprise en janvier pour un glacier serait tout à fait incohérente », appuie Georges Kaloussis.

Autre paramètre à prendre en compte dans la phase de création : le délai de paiement des clients et des fournisseurs. « Vendre, c’est bien. Encaisser, c’est mieux !», résume le professeur de Paris Dauphine. Ces deux variables influencent directement la trésorerie mensuelle de tout entrepreneur et, de facto, le pilotage au quotidien de l’entreprise. Or, trop souvent les jeunes dirigeants occultent cette dimension : « 60 % des chefs d’entreprise ne connaissent pas ou ne suivent pas le tableau mensuel de trésorerie, ce qui constitue une grave erreur », regrette-t-il. Pour éviter tout défaut de paiement et/ou un endettement excessif, l’entrepreneur doit maintenir une trésorerie positive tous les mois et, lorsque l’activité ne le permet pas, anticiper les périodes creuses pour prendre le temps de trouver des recours, comme par exemple octroyer un prêt à court terme auprès de son partenaire bancaire ou demander aux Urssaf un rééchelonnement de la dette. Car, comme le rappelle Georges Kaloussis : « 90 % des faillites d’entreprises sont dues à une trésorerie négative. »

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2. S’organiser

Le sens de l'organisation est une compétence nécessaire pour que le créateur d’entreprise mène son projet à bien. Aussi, avant même de monter sa société, l’entrepreneur doit se préparer. D’abord, il doit connaître ses obligations légales (statut de l’entreprise, fiscalité, normes comptables, etc.). Ensuite, l’entrepreneur doit s’assurer : ce qui implique protéger son entreprise, mais aussi son patrimoine et sa personne, afin de prévenir toute difficulté. Le porteur de projet doit également se familiariser avec les fondamentaux de la création d’entreprise : bilans, comptes de résultat, déclaration Urssaf… Autant de connaissances et compétences à acquérir en amont de la création d’entreprise pour ne pas se retrouver submergé. Enfin, avant de créer l’entreprise, Georges Kaloussis recommande de définir son organisation : répartition des services, nombre d’employés, définition des postes, etc. « L’avantage de la franchise, c’est que le franchiseur doit accompagner le franchisé sur cette partie-là. »

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3. Exploiter l’entreprise

Une fois les étapes précédentes franchies, l’exploitation de l’entreprise peut commencer. Démarre alors une phase au cours de laquelle le chef d’entreprise sera fortement sollicité, notamment d’un point de vue opérationnel. « Ses missions sont nombreuses : il doit gérer le personnel, acheter auprès de fournisseurs, vendre auprès de clients, produire, suivre l’administratif ainsi que les flux financiers pour piloter son affaire au mieux », énumère Georges Kaloussis. A noter que pour chacune de ces tâches, le chef d’entreprise doit garder à l’esprit d’optimiser au maximum son besoin en fonds de roulement (BFR). Ce qui implique en particulier de négocier des délais de paiement des fournisseurs les plus longs possibles et ainsi permettre à la trésorerie de rester dans le vert.


4. Se développer

Créer pour durer et grandir, tel est l’objectif, a priori, d’un entrepreneur. Aussi, dès la phase de création de l’entreprise, il convient de penser à l’avenir et au développement futur de son affaire. « D’où l’importance, dans le cas d’une création en franchise, de bien se renseigner sur le réseau que l’on intègre », conseille le professeur d’entrepreneuriat. Est-ce possible de devenir pluri-franchisé ? Multi-franchisé ? Dois-je m’associer pour intégrer le réseau ou ai-je les capacités financières suffisantes ?

*Ces conseils ont été recueillis à l’occasion de la conférence donnée par Georges Kaloussis lors de Franchise Expo Paris en mars 2014

Jennifer Matas