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Bien démarrer en franchise : les trois règles d’or

2017-05-31T06:35:00+02:0031.05.2017, mis à jour le 31.05.2017,


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Que ce soit en solo ou en réseau, devenir chef d’entreprise est toujours un parcours semé d’embûches que le porteur de projet devra franchir sans trop de mal pour démarrer son activité dans les meilleures conditions.

Démarrer en franchise
Crédits photo : shutterstock.com

La création d’entreprise tente chaque année de nombreuses personnes en reconversion professionnelle ou sans emploi qui, après une période plus ou moins longue, décident de se mettre à leur compte. D’après l’enquête annuelle de la franchise, publiée en novembre 2016 par l’institut CSA, la Fédération française de la franchise et Banque Populaire, 31 % des Français souhaiteraient créer leur entreprise. Parmi eux, près de la moitié (48 %), envisagerait de le faire en franchise. Une option qui présente plusieurs avantages, surtout pour les néophytes de l’entrepreneuriat qui, en s’adossant à un réseau, bénéficient de son expérience, de sa notoriété et de son concept censé avoir été testé et éprouvé. Mais, là aussi, l’entrepreneur devra rester vigilant pour éviter tout écueil. Voici trois conseils à suivre pour démarrer dans les meilleures conditions son aventure en franchise.

1. S’assurer que l’on est prêt

Créer son entreprise, c’est pour certains abandonner un poste salarié sûr et parfois confortable pour s’aventurer sur un chemin inconnu. Dans tous les cas, c’est prendre le risque d’investir son propre argent et, parfois, son patrimoine dans une affaire qui peut capoter. D’autant que la création ou la reprise en franchise nécessite généralement d’investir plusieurs dizaines de milliers d’euros dès le démarrage : achat de stock, paiement des droits d’entrée, location commerciale… Les postes de dépenses peuvent vite s’accumuler. Pour la moitié des franchisés installés, la création de leur entreprise a mobilisé plus de 100 000 euros d’investissement initial ! Avant de se lancer dans cette aventure, il convient donc de se poser une question essentielle : « Suis-je fait pour la franchise ? ».

Pour cela, il faut non seulement s’assurer que le porteur de projet est prêt pour l’entrepreneuriat, mais également que son profil correspond à la franchise et aux règles que ce modèle entrepreneurial impose. Il faut notamment avoir « l’esprit réseau » et être déterminé à utiliser les outils et méthodes imposés par l’enseigne. Il est aussi important de vérifier que l’entourage est disposé à suivre le futur franchisé dans cette aventure car il sera nécessairement impacté par cette décision qui bouleverse une vie. « Avant de recruter un candidat à la franchise, nous nous assurons que sa famille est décidée à le suivre et qu’il a conscience qu’ouvrir une franchise constitue un véritable projet de vie qui engage tout le monde », confiait ainsi René Prévost, directeur général de la franchise Speedy, lors d’une précédente interview.


2. Choisir la bonne enseigne

C’est l’une des questions les plus épineuses d’un projet de création en franchise. D’autant que le choix est vaste : 1 900 réseaux répartis sur près de 80 secteurs d’activité différents sont en effet accessibles en franchise en France. Le futur franchisé doit donc commencer par se demander dans quel secteur il aimerait évoluer, quel type de quotidien il est prêt à vivre et quel est l’apport personnel maximal qu’il peut investir. Car chaque activité a ses propres spécificités : ouvrir un restaurant en franchise implique par exemple d’investir généralement plus de 200 000 euros de sa poche et d’être prêt à travailler selon le rythme particulier de tout restaurateur. Inversement, un franchisé dans les services à la personne consacre une grande partie de son temps à la gestion des ressources humaines et doit être capable de manager d’importantes équipes, certaines agences pouvant dépasser les 80 collaborateurs.

Une fois le choix du secteur arrêté, reste à trouver la bonne enseigne. Là encore, les possibilités sont multiples : jeunes réseaux ou réseaux matures ? Challenger ou leader ? etc. Surtout, il convient de s’assurer de rejoindre un réseau responsable, transparent et prêt à aider ses franchisés. « Un franchiseur ne doit pas oublier que la franchise est une relation gagnant-gagnant, rappelle ainsi Jean-Marc Aubault, directeur national franchise chez KPMG. Un réseau de franchise ne peut être pérenne dans le temps que si, à tout moment, le franchiseur s’assure que le franchisé gagne aussi. »


3. S’entourer d’experts

Et pour s’assurer de rejoindre une enseigne de ce type, des conseils extérieurs sont toujours bons à prendre. Ainsi, un avocat spécialiste du monde de la franchise pourra apporter son expertise quant à la conformité du contrat de franchise, la sincérité du document d’information précontractuelle et la négociation du bail commercial. L’expert-comptable, de son côté, validera la viabilité du budget prévisionnel établi avant de le présenter aux banques et éventuels financeurs. Pour réussir, « un franchisé doit être bien accompagné par des professionnels du droit, du chiffre, du développement, etc. Tout simplement parce que l’on ne s’improvise pas chef d’entreprise », insiste Jean-Marc Aubault. Et pour davantage d’objectivité, un futur franchisé a tout intérêt à choisir par lui-même les experts à qui il fera confiance plutôt que de se laisser conseiller par ceux proposés par l’enseigne qu’il s’apprête à rejoindre.


Interview vidéo de Jean-Marc Aubault (KPMG)

Propos recueillis par Widoobiz lors de Franchise Expo (mars 2017)

Jennifer Matas