Témoignages

Quand enfants et parents se lancent en franchise

2016-08-08T08:45:00+02:0008.08.2016, mis à jour le 08.08.2016,


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Travailler avec ses parents n’est pas une idée qui séduit tout le monde, surtout quand il s’agit de fonder une entreprise. Pourtant, certains franchisés choisissent d’entreprendre en famille. La clé de la réussite ? Une bonne répartition des tâches et une capacité à se dire les choses.

Enfants et parents en franchise
Crédits photo : Robert Kneschke / Shutterstock.com
Devenir franchisé avec son enfant ou un parent : des règles à respecter.

Une association qui rassure les franchiseurs

Si beaucoup décident de se lancer en franchise avec leur conjoint(e) - 46 % des franchisés en couple déclarent se faire aider par leur conjoint au quotidien dans leur activité professionnelle, selon la dernière enquête CSA-FFF-Banque Populaire publiée en novembre 2015 - d’autres optent pour une aventure aux côtés de leurs parents. Un choix qui peut surprendre de prime abord. Pourtant, certains assument totalement ce choix. Dans la famille Couradette, travailler ensemble est même une sorte de tradition. Aujourd’hui, le fils, Cyril, est associé à sa mère Hélène, et tous deux dirigent un restaurant Baila Pizza implanté à Albi. Pour compléter le tout, la sœur, Célia, fait également partie de l’équipe. « Je travaillais déjà avec ma mère dans un restaurant indépendant », précise Cyril. « Nous avons pris le temps de mûrir notre décision avant de nous lancer ensemble en franchise ». De son côté, le franchiseur a certes été surpris par cette candidature peu commune mais a très vite trouvé de quoi se rassurer, comme l'estime Cyril : « Parce que nous avions déjà travaillé ensemble, nous avons pu prouver au franchiseur que notre collaboration fonctionnait ».


Répartir les tâches, un fondamental

Dans la gestion quotidienne, « c’est plus simple en famille, notamment sur l’aspect psychologique. On n’est pas seul et on peut se reposer sur quelqu’un de confiance », poursuit Cyril. Autre avantage : avec deux générations aux manettes, ces franchisés tissent des liens avec tout type de clientèle, car selon les âges, le fils ou la mère peut, à tour de rôle, trouver des complicités. Mais la recette du succès réside principalement dans l’organisation. Chacun a son domaine d’expertise, histoire de ne pas se gêner l'un l'autre : Cyril est dévoué aux cuisines alors qu’Hélène est à l’accueil et à l’encadrement de la salle. Reste à gérer tout ce qui se passe en dehors du travail. Et c’est peut-être là le plus dur. « Le piège, c’est que la relation professionnelle ne gâte notre relation dans la sphère privée... Lorsque l'on se retrouve en dehors du restaurant, on essaie de ne pas parler de l’entreprise et de garder cela pour les réunions dédiées que l'on organise à ce sujet. Même si c’est parfois difficile... »


Un associé de confiance

Pour Claire-Emmanuelle Meyer, le projet est un peu différent. Lorsque cette franchisée ouvre à Avignon son espace Suite de Soins, elle est seule dans l'aventure. Mais cinq mois plus tard, sa fille Charlotte la rejoint. Un avantage indéniable, selon Claire-Emmanuelle : « C’est une chance de pouvoir travailler avec quelqu’un de confiance. Je peux m’absenter, lever le pied... Je sais que ma fille gérera tout en mon absence. Elle dispose par exemple de la carte bancaire de la société, une confiance que j'aurais plus de mal à accorder à une employée lambda », explique cette quinquagénaire qui a passé vingt ans dans l’industrie pharmaceutique. Mais pour elle, cette collaboration n’est pas une vérité universelle. « Il faut avoir les caractères pour. Aujourd’hui, cela fonctionne avec ma fille qui a 30 ans, qui est posée ». Comme pour la famille franchisée Baila, ici aussi la répartition des tâches est essentielle au bon fonctionnement de l’entreprise et de la relation mère-fille.


Dissocier la relation parent/enfant du lieu de travail

« Chacune a son domaine d’expertise : ma fille s'occupe par exemple de tout ce qui est administratif ». Et pour que cela fonctionne, il ne fait aucun doute pour cette mère de quatre enfants qu’il faut bien « dissocier la relation mère-fille de celle que l’on a sur le lieu de travail. Il faut se dire les choses comme avec n’importe quel employé ». Avec, cependant, un avantage, selon Claire-Emmanuelle : l'implication de sa fille beaucoup plus importante que si elle travaillait ailleurs. Et si aujourd’hui mère et fille ne sont pas associées stricto sensu auprès du franchiseur, un projet sur le long terme existe. « Je ne me suis pas engagée avec le réseau que pour 5 ans », explique la franchisée Suite de Soins. « Je souhaite continuer de développer l’activité et, pourquoi pas la céder, à Charlotte ». Pour autant, pas question de mettre la pression sur sa fille. « Si elle a une opportunité, je ne veux pas qu’elle se sente coincée mais plutôt quelle vive sa vie. Nous sommes tout à fait capables d’en parler, et elle le sait », conclut Claire-Emmanuelle. Ou comment trouver le juste équilibre entre la chef d’entreprise et la mère de famille.