Entreprendre en famille

La franchise en couple : « Des risques juridiques et affectifs »

2015-06-19T06:00:00+02:0019.06.2015, 


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Certains entrepreneurs sont habitués à travailler à plusieurs. D’autres se lancent en franchise avec leur conjoint(e) pour s’apporter une sécurité de plus. Les bonnes raisons de se franchiser en couple sont multiples, mais il ne faut pas négliger les risques qui peuvent devenir à la fois financiers, juridiques et affectifs.

Franchise en couple
Crédits photo : Shutterstock

La franchise peut être l’occasion de donner un nouveau tournant à son couple. Mais cela n’est pas sans risque. Outre les écueils financiers et juridiques connus, le risque affectif susceptible d’aboutir à une séparation peut venir s’ajouter.

Néanmoins, 47 % des franchisés sont aidés directement ou indirectement par leur conjoint, à l’image de Damien Camier, pluri-franchisé en région parisienne de deux établissements Rapid’Flore et un Monceau Fleurs (enseignes d’Emova Group) avec son frère et sa femme, de Catherine Delorme franchisée Norauto en Haute-Savoie aux côtés de son mari, et d’Eric Sanvelian, ancien entrepreneur dans la finance, reconverti avec son épouse dans l’immobilier.

L’image du mariage est souvent invoquée pour expliquer le contrat qui lie le franchiseur au franchisé. Pourtant, ce n’est pas ainsi que le conçoit Eric Sanvelian, franchisé ERA : « C’était un deuxième volet de vie marital », affirme le responsable d’une agence à Versailles (78). A cela, Damien Camier, rétorque que « le risque d’interférences entre le privé et le professionnel peut poser un problème. Avoir plusieurs sites permet de ne pas se marcher sur les pieds ».

Des collaborateurs de confiance

S’installer en famille, c’est avoir une confiance et une connaissance totale des collaborateurs avec qui traiter. Le dialogue plus libre est un avantage : « Nous pouvons nous dire plus facilement les choses », explique Damien Camier.

Pour que cette collaboration soit un succès, il est nécessaire de bien répartir en amont les tâches selon les aptitudes et compétences de chacun. Surtout, il faut le faire savoir à ses équipes car « il est parfois difficile d’avoir affaire à deux patrons », explique le multi-franchisé.


Répartir le capital

La rémunération doit être également anticipée. Ici, le choix de la franchise et de la structure est essentiel : « Certaines franchises ne sont pas faites pour subvenir aux besoins de deux personnes », remarque Catherine Delorme.

Réfléchir au statut juridique de l’entreprise est aussi important. S’installer en SAS permet de choisir un statut d’associé pour le conjoint, qui pourra ainsi bénéficier du régime social des indépendants. De plus, être associé permet à l’épouse ou l’époux de détenir des parts du capital et un pouvoir décisionnaire dans la structure. Surtout, en cas de divorce ou de décès, cette position confère plus de garanties de sécurité et évite les laissés-pour-compte.


Mélange des genres

Quand décrocher du travail ? « Cloisonner les deux vies est sincèrement difficile », conçoit Catherine Delorme. Et ce, même une fois passée la porte du foyer : « Les enfants nous aident à déconnecter », nuance pourtant Eric Sanvelian. Paradoxalement, si décrocher peut être difficile, être son propre patron garde certains bons côtés : « Je vois davantage mon épouse dans le cadre privé depuis que je suis en franchise », confie par exemple Damien Camier.

Parler travail en famille est donc inévitable. Le contraire également : « Les problèmes personnels se reflètent inévitablement dans l’aspect professionnel, c’est humain », reconnaît Catherine Delorme. En revanche, avoir un couple solide est essentiel pour se lancer. Sur cette question, les trois franchisés sont tous d’accord.

Quelques chiffres

- 77 % des franchisés sont en couple
- 17 % aident leur conjoint sans être rémunéré
- 29 % travaillent réellement dans l’affaire

Ces propos ont été recueillis lors d’une conférence organisée par l’Officiel de la franchise à Franchise Expo 2015