Critéres octroi, crédits

Prêts franchise : le « oui, mais » des banquiers

2009-05-13T13:06:00+02:00

13.05.2009, 


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Apport, garantie, caution, trésorerie : les banquiers ont considérablement durci leurs critères d’octroi de crédit.

Durcissement du financement des banques
Crédits photo : Getty Images
Si les banques n’ont pas fermé le robinet du crédit, elles sont durci les critères d’octroi des prêts.

Prévisionnel sur un an

Les franchiseurs l’ont tous constaté : si les banques n’ont pas fermé le robinet du crédit, elles ont durci les critères d’octroi des prêts. « Pour être acceptés, les dossiers doivent être conformes à la réalité des banquiers, c’est-à-dire établis sur des bases prudentes en terme de volume d’activité et de chiffre d’affaires », explique Patrice Matagne, directeur associé du réseau de courtiers In&Fi. Les banquiers attendent ainsi un prévisionnel de trésorerie sur un an pour que l’emprunteur puisse faire face à des besoins de financement à court terme.


Parer au manque de visibilité

Une démarche de bon sens selon Jean-Philippe Deltour, fondateur de Creditrelax, cabinet de courtiers en financement professionnels : « Aujourd’hui, les franchisés ont des besoins en fonds de roulement plus importants, car ils manquent de visibilité sur les stocks nécessaires aux phases de lancement, les délais des paiements clients et la capacité à honorer à temps les règlements fournisseurs. »


Patrice Matagne, In&Fi
Crédits photo : Droits Réservés
Patrice Matagne, directeur associé du réseau de courtiers In&Fi.

L’enjeu de la caution personnelle

Evidemment, annoncer un prévisionnel réaliste ne suffit pas. Les banques tiennent plus que jamais à partager les risques. Le candidat doit montrer son implication en fournissant un apport personnel compris entre 30 et 50 % de l’investissement global. S’il était avant la crise possible de négocier, il est désormais pour ainsi dire impossible de décrocher son prêt si l’apport personnel est inférieur à 30 %. Les banquiers se montrent également plus regardants sur la situation familiale et patrimoniale du candidat : profession du conjoint, assurance-vie, portefeuille boursier, biens immobiliers… « Il est aujourd’hui plus difficile de négocier à la baisse la caution personnelle », précise Jean-Philippe Deltour.


Devenir « l’homme (ou la femme) de la situation

Dernier point clé particulièrement étudié par le banquier : la solidité des réseaux. Les établissements financiers disposent d’outils pour suivre les performances des enseignes. D’abord par les données qui leur sont communiquées par les têtes de réseau, ensuite par le suivi des comptes des franchisés déjà clients. Pour crédibiliser l’étude de marché, il ne reste plus qu’à sélectionner des membres du réseau implantés sur des zones de chalandise comparables à celle visée. Et à montrer que son profil fait de lui l’homme de la situation.

PBE : les conditions d’octroi
Les franchisés qui veulent renflouer leur trésorerie ou investir peuvent solliciter un prêt bancaire aux entreprises (PBE). Ce PBE est un prêt à taux privilégié destiné aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 80 millions d’euros et n’étant pas détenues à plus de 50% par une entreprise réalisant plus de 80 millions de CA. Il permet de financer les investissements à hauteur de 70 % du montant hors taxes.
Les principaux secteurs éligibles au PBE sont l’industrie, le BTP, les transports, l’hôtellerie restauration, le tourisme, les services aux particuliers et aux entreprises, les commerces de gros et de détail… La durée du prêt varie de 5 à 12 ans, en fonction de la nature du bien, de sa durée d’amortissement et de la capacité de remboursement de l’entreprise. Le taux d’intérêt, variable selon les banques, est fixe et fonction de la durée du prêt.

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