Expériences vécues

Prêt création entreprise : les tribulations de 3 candidats à la franchise

2009-05-15T10:09:00+02:00

13.05.2009 mis à jour le 15.05.2009, 


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L’obtention d’un crédit reste une course d’obstacle pour les candidats entrepreneurs. Un candidat à la franchise Coviva a consulté 3 banques pour son projet. Réponses : oui, non et peut-être.

Prêt : course d'obstacles pour les candidats
Crédits photo : Getty images
Tous les candidats ne connaissent pas la même fortune. Loin de là !

Un oui, un non, un peut-être

Trois banquiers, trois réponses pour un même projet : une franchise Coviva, réseau de services à la personne, à La Rochelle. Lorsque Jean-Luc Martin voit son premier conseiller de clientèle à la LCL en septembre 2008, le verdict tombe vite : l’enseigne n’a pas encore une notoriété suffisante pour que son dossier soit accepté à Paris. A la Société Générale, on lui accorde le bénéfice du doute. Il doit fournir le bilan d’un franchisé du réseau pour estimer le potentiel de développement de sa future entreprise. « La crise commençait à faire sentir. J’ai senti une retenue de sa part car il voulait avoir de la visibilité avant de prendre sa décision. », précise le candidat à la franchise.


Dénouement heureux

Il n’aura pourtant pas besoin de fournir le document. Le troisième rendez-vous est le bon. « Le conseiller du Crédit agricole a donné son accord après une heure d’entretien », se réjouit Jean-Luc Martin. La raison ? « Une banque de proximité avec un fort ancrage régional qui a tout de suite été consciente que le marché local est porteur », selon l’entrepreneur.


Non en Province, oui à Paris

C’est tout justement le cas inverse auquel a été confronté Magali Dequenne, franchisée Acadomia à Cannes. Lorsqu’elle veut ouvrir son agence de soutien scolaire en 2006, elle se tourne d’abord vers le Crédit du Nord. Lequel la déboute illico presto. « Il n’existait pas de franchise Acadomia sur le département. Faute d’éléments de comparaison, mon dossier a été refusé. Et pourtant il existait déjà une agence à Toulon », s’indigne-t-elle. Même topo à la BNP Paribas. « Le chargé de clientèle m’a assuré que le prêt serait accordé. Mais la direction régionale a trouvé mon business plan trop ambitieux. Ça a été la douche froide… », poursuit Magali Dequenne. Elle démarche alors la LCL. Son dossier remonte à Paris, où il est accepté en 2 jours grâce à la notoriété de l’enseigne au niveau national.


4 refus avant la réussite

Tous les candidats ne connaissent pas la même fortune. Loin de là ! C’est quatre refus que Johann Deuvletian essuie lorsqu’il présente son projet d’ouverture d’une agence multiservices Axeo à Gap. « Le business plan du franchiseur a été considéré comme surévalué car il a été établi sur une étude de marché dans une grande ville, raconte-t-il. Gap ne comporte 40 000 habitants. » Lui prend en compte l’ensemble du département, soit 120 000 âmes. D’après les banques, les Hautes-Alpes ne sont pas assez urbanisées et les habitants pas assez « mûrs » pour faire une activité de services à la personne.


Condition sine qua non

« Même la CIC partenaire d’Axeo services m’a débouté, poursuit-il. J’ai donc contacté mon franchiseur pour qu’il appuie mon dossier auprès du CIC de Laval où est implanté Axeo. » Résultat, un accord à l’arrachée avec une condition sine qua non : la caution totale des parents. Malgré des premiers résultats prometteurs, les relations entre Johann Deuvletian et sa banque restent très tendues, etc.


Le casse-tête de la trésorerie

Incertitudes sur les comptes fournisseurs en amont, manque de visibilité sur les comptes clients en aval, les entrepreneurs marchent aujourd’hui à l’aveuglette. Difficile dans ces conditions d’anticiper les difficultés de trésorerie. Les PME qui ont besoin de fonds de roulement pour renflouer les caisses ou financer les investissements trouvent parfois guichet clos. Selon un sondage IFOP réalisé auprès de 403 entrepreneurs pour le cabinet KPMG et la CGPME, 35 % des PME ont été confrontées à un durcissement des critères d’octroi alors que 63 % déclarent avoir besoin d’au moins un financement pour la trésorerie quotidienne ou pour les investissements. Faute de décrocher leur prêt, 48 % d’entre elles renoncent à investir.


La franchise ne fait pas exception à la règle

Certains ont vu leur banquier se rétracter ou demander des garanties supplémentaires. D’autres se voient refuser des facilités de gestion au quotidien. « Je rencontre aujourd’hui des problèmes de trésorerie car les clients me paient le 10 du mois, témoigne Johann Deuvletian, franchisé Axeo Services. J’ai demandé une autorisation de découvert de 5 000 euros à mon banquier pour payer mes 22 collaborateurs. Il me l’a refusée alors que je fais un chiffre d’affaires supérieur de 30 % à mon prévisionnel !» Pour débloquer la situation, l’entrepreneur n’a eu d’autres recours que de remplir le dossier de demande de médiation de crédit sur internet. « J’ai contacté mon banquier en le menaçant d’appuyer sur la touche "envoi". Et il a finalement accepté. »
 

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