Etat d'esprit

Banques et entreprises : diplomatie obligatoire pour décrocher un prêt

2009-05-13T14:38:00+02:00

13.05.2009, 


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Entrepreneurs et banquiers obéissent à des logiques différentes. Ce qui suscite colère et incompréhensions. 1 chargé de clientèle bancaire sur 3 aborde sa journée avec appréhension.

Banquiers frileux
Crédits photo : Getty Images
Certains banquiers se montrent frileux, car ils ont des comptes à rendre à la fin de l’année.

+ 24% d’incivilités

« Les rapports banquiers-entreprises deviennent de plus en plus violents. Au guichet, la colère monte », avertit René Ricol, médiateur du crédit. L’association française des banques tire elle aussi la sonnette d’alarme : les incivilités ont bondi de 24% en un an (clientèle particulière et professionnelle confondue) dans les agences. Et d’après une enquête SUD- Caisse D’Epargne, un salarié sur trois aborde sa journée avec appréhension.


Les chargés de clientèle ne sont pas des traders

La hache de guerre serait-elle déterrée entre chargé de clientèle et entrepreneur ? « La relation a toujours été tendue, rectifie Damien Valdan, co-dirigeant du réseau Rivalis (conseil en gestion des petites entreprises). L’entrepreneur qui pense pouvoir faire un carton ne comprend pas la position du conseiller. La banque n’est pas un business angel mais une entreprise privée dont le but est de gagner de l’argent avec un minimum de risque ». La sociologue Pascale Moulévrier ne croit pas non plus en une multiplication des conflits. « Les clients ont conscience que les chargés de clientèle ne sont pas des escrocs, qu’ils n’ont rien à voir avec les traders. Cela fait même longtemps qu’ils ont été progressivement dépossédés de leur image de notable. »


Loin du guichet, près des risques ?

Alors, la réticence des agences dénoncées par les entrepreneurs et soulignée par le médiateur du crédit, ne serait-elle qu’un fantasme ? Pas tout à fait. « Même s’ils n’ont pas reçu l’ordre d’analyser différemment les dossiers, certains banquiers se montrent frileux, car ils ont des comptes à rendre à la fin de l’année », souligne Jean-Philippe Deltour, fondateur de créditrelax. De fait, selon Pasacale Moulévier, les blocages peuvent être purement psychologiques. « La crise crée une psychose du risque. Ce sont les banquiers les plus éloignés de la gestion des portefeuilles boursiers qui vont adopter une stratégie de retraite pour ne pas faire de bourdes. » Bref, la diplomatie est plus que jamais de mise pour décrocher son prêt.
 

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