Développement économique

J.-C. Zeitoun (CCI Nice) : « Les politiques ont un vrai rôle d’arbitre à jouer sous peine de laisser le projet s’enliser »

2010-01-15T11:10:00+02:00

15.01.2010, 


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Jean-Claude Zeitoun, responsable de l’urbanisme commercial à la CCI Nice Côte d’Azur, revient avec nous sur le projet de l’Eco vallée.

J.C Zeitoun
Crédits photo : CCI Nice

Comment est né le projet de l’Eco Vallée ?

La genèse remonte à l’époque où Christian Estrosi (juin 2005 à mai 2007) était ministre délégué à l'Aménagement du territoire dans le gouvernement de Dominique de Villepin. Il souhaitait mettre en valeur cet espace, qui reste encore aujourd’hui comme un des derniers territoires utiles et facilement accessibles. Malheureusement, il est mal structuré et pâti de mauvaises décisions commerciales.


Comment va s’établir ce nouvel espace ?

Près de 160 000 m² d’espace commercial sont envisagés. L’objectif est de développer un site basé sur la proximité. Aujourd’hui les quartiers Ouest sont isolés. Il y a un véritable besoin de retrouver une polarité et une logique inter-quartier.
Afin de réduire les dépenses en CO2, l’utilisation des transports en commun mais aussi les modes doux comme le vélo sont favorisés. Le mercantile ne doit pas dicter le développement du commerce.


Comment va se structurer ce nouveau pôle d’activités ?

L’objectif à terme, est de drainer dans cette zone plus de 60 000 actifs salariés supplémentaires. Pour que l’Eco vallée soit une réussite, il faut en faire un espace de mixité, avec des activités, mais aussi des habitations, des services…


Il ne s’agit pas d’un territoire vierge. Comment prendre en compte les structures existantes ?

Structurer ce territoire s’annonce comme la mission la plus périlleuse. On trouve de nombreuses d’implantations qui se sont développées anarchiquement. Leur incorporation doit respecter les engagements en faveur du développement durable et ainsi faire de Nice une référence internationale. Mais passer à cette logique vertueuse n’a rien de facile.
Nous sommes, notamment confrontés à un grand nombre de parcelles vides qui appartiennent déjà à de grands groupes commerciaux. Il va falloir négocier avec eux pour appliquer les principes fondateurs de l’Eco Vallée, sans en bloquer le développement.


Comment mêler réussite et attractivité commerciale avec une politique de développement durable ?

Ce projet n’est pas simple ! Il va falloir faire face à certaines contradictions. Par exemple, une zone de commerce est prévue en face le grand stade. On parle d’une implantation d’Ikea. Dans ce cas, nous nous retrouvons dans une posture à double tranchant. Certes l’enseigne suédoise peut se révéler une formidable locomotive pour la réussite commerciale du quartier mais cela se fera aux dépens du facteur écologique. Les gens prendront leur véhicule pour venir chercher leurs meubles, ils ne vont pas les transporter en bus, tramway ou en vélo !


Comment gérer les implantations existantes ?

Il ne faut pas reproduire les erreurs du passé, en particulier ce qui a été fait du côté de Lingostière. Cette implantation a répondu et répond à un besoin, comme le prouve les chiffre d’affaires, mais l’organisation était irréfléchie Nous nous retrouvons avec des axes de circulation bouchés et une absence de possibilités sur le tracé interne.
Sur l’Eco Vallée, nous restons dépendants du bon vouloir des propriétaires tels que Castorama, qui possède des parcelles pour étendre son magasin, Boulanger et Alinéa, qui attendent pour construire mais disposent de 5000m² chacun…


Quelles solutions proposez-vous ?

Il faut avant tout des décisions politiques. Il s’agit d’un projet qui dépasse la durée d’un mandat. C’est pourquoi un cadre strict doit être posé et suivi par les différentes institutions. Les politiques ont un vrai rôle d’arbitre à jouer sous peine de laisser le projet s’enliser.
 

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