Focus territoire

R. Gouraud (UNACOD) : « Un esprit de village anime nos quartiers »

2009-09-30T15:32:00+02:00

30.09.2009, 


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UNACOD regroupe quarante associations de commerçants des quartiers périphériques de Nantes. Son but ? Proposer aux consommateurs une alternative à l’offre de l’hyper-centre. En privilégiant « l’esprit village » et le lien social. Interview de Richard Gouraud, son président.

Quels sont les atouts des quartiers périphériques de Nantes ?

Le premier est économique : le foncier est nettement moins cher dans les quartiers périphériques. Les loyers avoisinent souvent les 5 000 euros dans le centre-ville, alors qu’ils sont d’environ 600 ou 700 euros chez nous, voire 1 000 euros pour les surfaces importantes.
L’autre principal atout est d’ordre humain : nos quartiers sont animés d’un « esprit village ». La philosophie d’UNACOD est de dire : ensemble, on est meilleur. De plus, le rapport à la clientèle est primordial. D’ailleurs, le slogan de l’association est : « Le client d’abord ». Il s’agit de créer du lien : certains appellent même nos commerçants par leur prénom ! Enfin, la zone de chalandise est grande : elle s’étend sur un rayon de 15 à 20 kilomètres, soit un potentiel d’environ 400 000 consommateurs.


Y a-t-il des secteurs économiques sous-représentés ?

Dans l’ensemble, les quartiers périphériques sont sous-équipés en alimentaire : poissonnier, boucher, charcutier, etc. La raison à cela est nationale : peu d’enfants veulent pratiquer ces métiers éprouvants. Le luxe est également déserté : les enseignes Cartier et Lancel sont récemment parties. Cela tient plus de l’identité culturelle et sociale de la ville. Historiquement, les salaires nantais sont bas, avec l’omniprésence du chantier naval. De plus, Nantes est une ville très catholique : traditionnellement, on ne se « montre » pas, on n’est pas « bling-bling ».
Enfin, il ne reste que deux drogueries sur Nantes, la concurrence avec les Grandes Surfaces de Bricolage (GSB) étant difficile.


A l’inverse, quels secteurs sont bien représentés ?

Les services sont très présents : banques, assurances, intérim, etc. Les créateurs et les magasins de décoration sont également en train de venir dans en périphérie, car ils n’ont pas les moyens de s’installer dans le centre-ville. Les territoires qui marchent le mieux proposent une offre variée, dans un esprit de village : la Butte Sainte-Anne, Saint Donatien, etc. Avec la création de nouveaux quartiers, de nombreuses surfaces sont disponibles. Certaines sont très qualitatives, puisqu’aménagées en écoquartiers. Cela représente entre 3 000 et 5 000 m².


Quelles incidences a eu la crise économique sur les commerces de quartiers ?

On ressent clairement les effets de la crise économique. Cela a démarré en avril dernier, même si les fêtes de Noël laissaient déjà présager un recul des ventes. Les soldes n’ont pas été très bénéfiques. Pour l’instant, disons que la baisse du chiffre d’affaires est supportée, avec une chute de 5 à 7 % en moyenne.
Malheureusement, nous n’avons pas la main sur le développement économique à proprement parler. Mais nous sommes en train de monter une opération pour que l’UNACOD puisse travailler de concert avec les urbanistes commerciaux, et ainsi favoriser l’implantation de nouveaux commerces.


Quel est le rôle d’UNACOD ?

UNACOD regroupe 40 associations de commerçants soient près de 900 commerces. Notre rôle est d’animer les quartiers, de défendre et pérenniser ce type de commerce. Concrètement, la ville nous reverse différentes subventions : 140 000 euros pour les illuminations de Noël, 32 000 euros pour la création d’un poste attaché au partenariat avec les écoles des quartiers, etc. Dernièrement, une dizaine de commerçants de la rue Bellamy souhaitait qu’une zone bleue soit mise en place à proximité de leurs points de vente. Ils ont donc fondé une association pour rejoindre l’UNACOD.
Il y a quatre ans, nous comptions treize associations, contre quarante aujourd’hui. Ce succès est dû au « retour sur investissement » qu’UNACOD assure à ses adhérents…


Quelles actions l’association met-elle en place ?

Les commerçants d’UNACOD se rendent dans les écoles pour rencontrer les élèves et leur parler de leur métier. Le but est de donner envie aux jeunes de créer leur propre boîte. Dans un autre ordre d’idées, la ville a mis en place le réseau de vélos Bicloo en partenariat avec nos commerçants… Il en va de même pour les zones de stationnement, payantes ou bleues. Les relations entre la ville et UNACOD sont excellentes !


D’autres initiatives ?

Nantes est une ville qui bouge et UNACOD s’efforce de coller aux évènements. Ainsi, nous sommes partenaires de La Folle Journée, festival de musique classique. UNACOD achète 5 000 disques de cette opération et les revend à ses commerçants, qui les distribuent gratuitement à leurs clients.
Par ailleurs, nous participons à Nantes Estuaire, biennale d’art contemporain, ou au Festival de Jazz. Enfin, l’an dernier, en association avec la CCI et la Banque Populaire, nous avons aussi participé au baptême du catamaran de la Banque Populaire. Les commerces de l’UNACOD agissent comme une caisse de résonnance au moment de ces évènements.


Quelle place pour la franchise au sein d’UNACOD ?

Les franchisés représentent environ 10 % des commerçants d’UNACOD, avec des enseignes variées : Optic 2000, Rapid’Couture, etc. La « sur-franchise » donne parfois l’impression d’écraser les commerces de quartiers et de se préoccuper uniquement des bénéfices. Mais les franchisés adhérents d’UNACOD ont bien compris la philosophie de l’association, et la cohabitation avec les autres commerces se passe très bien.

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