Marché et implantation

Enjeu Metz : attirer les transfrontaliers et les Luxembourgeois

2009-03-11T15:40:00+02:00

11.03.2009, 


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Comment appréhender Metz avant de s’y installer ? Tour d’horizon des spécificités locales.


Crédits photo : Ville de Metz / Christian Legay, Marc Royer
Le plateau piétonnier de Metz.

Couples rares d’enseignes

Metz possède l’un des plus grands secteurs piétonniers de France (5,2 hectares). Preuve de sa vitalité, l’hyper-centre de la ville accueille deux couples d’enseignes rarement présentes simultanément : Fnac et Virgin, les Galeries Lafayette et le Printemps (5 500 m²). Des « locomotives » fort enviables.


Une seule fédération de commerçants

La quinzaine d’associations de quartiers de la ville est regroupée sous une même bannière, fédérant plus de 1 200 commerçants (dont le Printemps, les Galeries Lafayette, la Fnac, Virgin, Kiabi, C&A, Attac, Auchan…). « C’est un fonctionnement unique en France dans une ville de l’importance de Metz. Nous sommes un interlocuteur privilégié de la ville, notamment sur la réglementation et les dates d’ouverture. Cela nous permet aussi d’organiser des manifestations d’envergure, telle que les 100 000 roses distribuées à la Fête des Mères », affirme Alain Steinhoff, président de la Fédération des commerçants de Metz.


Outre-Seille, un quartier en devenir

Metz reste une ville à taille humaine, avec des quartiers très spécifiques. Au pied du centre Saint-Jacques, un village, avec une atmosphère particulière, s’est métamorphosé depuis quelques années : « Avec l’aide de la ville, on réintroduit dans le quartier Outre-Seille de très nombreux artisans – ébéniste, serrurier, ferronnier, encadreur, fabricant de bijoux…-, simultanément à une grande campagne de réfection des pas-de-porte », explique Alain Steinhoff.


D’autres potentiels d’implantation

En dehors du quartier de l’Amphithéâtre, la réhabilitation d’un ancien site militaire est en cours. « En périphérie de la ville, sur le Boulevard de Trêves, 8 000 m² de commerces seront réalisés, avec de la petite restauration dans un premier temps, avant une approche artisanale et artistique », affirme Thierry Jean, adjoint au maire, en charge du développement économique. Un des enjeux majeurs reste notamment d’attirer les travailleurs transfrontaliers et la population luxembourgeoise. « Des réaménagements à Actisud, une des toutes premières zones commerciales de France avec 164 000 m² de surface de vente en 2009, sont en cours. Son extension est également en vue. Quant aux galeries commerciales de certains hypermarchés, leur réhabilitation serait profitable à tous », ajoute Pierre Faucher, responsable des études économiques à l’AGURAM (1).


Des manifestations populaires

« Après Strasbourg, Metz possède le deuxième marché de Noël de France, qui attire deux à trois millions de visiteurs durant cinq semaines. Depuis qu’elle a été entièrement rendue piétonne, la place Saint-Louis est le siège de nombreux d’événements », souligne Alain Steinhoff. La ville est également prise d’assaut lors de la Fête de la Mirabelle, à la fin de l’été.


Des initiatives locales

« Sous l’impulsion de la CCI de Metz, un groupement de 16 entreprises, sous la forme juridique d’une association, a été mis en place il y a trois ans, pour des PME de moins de 50 personnes dans le domaine de la mécanique et des travaux des métaux. Les chefs d’entreprises restaient autonomes, mais pouvaient mettre en commun les appels d’offres, et mutualiser leurs coûts d’achat des matières premières ou de formation », indique Hervé Holz, directeur général adjoint à la CCI de Metz (en charge de l’appui aux entreprises). Une telle initiative pourrait être imitée dans le domaine du commerce pour préserver les artisans indépendants. En outre, dans le cadre des plans de dynamisation du commerce de proximité, subventionnés par l’investissement d’1,3 million d’euros sur trois ans, une démarche a permis d’accompagner 200 commerces sur la qualité de l’accueil de la clientèle, et de créer une boutique « 1 jour, 1 artisan », première duplication en France d’un modèle éprouvé à Paris, dans le 15e arrondissement.

Une offre alimentaire insuffisante en hyper-centre
Le centre-ville de Metz est légèrement suréquipé dans le secteur de l’équipement de la personne, et légèrement sous-équipé dans les secteurs de l’hygiène-santé et de la culture et des loisirs. Le taux de présences des enseignes est globalement celui des villes de taille comparable, avec 19 % contre 20 % en moyenne en France. Le chiffre d’affaires de la Communauté d’agglomération de Metz Métropole (CA2M) s’élève à 1,3 milliards d’euros, avec 350 millions d’euros pour le seul hyper-centre messin. « Metz est fabuleuse pour les investisseurs, mais elle reste chère pour les enseignes. L’offre alimentaire est insuffisante au centre-ville, mais il reste des possibilités plutôt à proximité de l’hyper-centre, en raison du coût immobilier un peu élevé », précise Thierry Jean, adjoint au maire de Metz. F.S

No parking, no business ?

Pour inciter les Messins à revenir dans l’hyper-centre, un transport en commun en site propre reliera, en 2013, la commune de Woippy à deux terminus - l’hôpital de Mercy et Borny, en traversant le centre-ville et les zones les plus denses de Metz. L’offre de stationnement ne sera pas augmentée aux abords du centre-ville. Si 700 places seront prochainement créées près du quartier Outre-Seille et place Mazelle, c’est dans un double but : encourager l’habitat en centre ville par des familles et inciter les riverains du centre-ville à libérer les parkings de la cathédrale et de Saint-Jacques plus centraux, avec un abonnement un tiers moins cher. « Faire ses courses doit redevenir une partie de plaisir, en profitant de la convivialité d’une ville, à travers les rencontres, les pauses dans les cafés et les restaurants ou la beauté des constructions. Il ne faut pas forcément aller en ville pour dépenser de l’argent. De plus, selon une de nos enquêtes, cela ne revient pas moins cher de réaliser ses achats en périphérie et c’est beaucoup plus agréable, surtout à Metz », explique René Darbois, 3e adjoint à la Ville de Metz, chargé de l’écologie urbaine et du développement durable et solidaire.


Des pistes de développement

« En cas de départ confirmé du 2e Régiment du Génie, Metz, premier port fluvial céréalier de France, pourrait devenir une importante plate-forme de conteneurs en exploitant la partie du canal de la Moselle. Ce qui ouvrirait la route d’Anvers et de Rotterdam, les portes du commerce international », rappelle Hervé Holz.
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(1) AGURAM : Agence d’Urbanisme d’Agglomérations de Moselle
 

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