Un système mal compris

Implantation franchise : l’Algérie, un marché à construire

2010-01-26T15:47:00+02:00

26.01.2010, 


imprimer

La franchise n’est ni tolérée, ni interdite en Algérie. Dans ce pays en plein développement, il y a pourtant une vraie place à prendre pour les marques. Notamment auprès des jeunes.

Algérie
Crédits photo : R.Serpette
l’Algérie, un marché à construire

Un pays à convaincre

Des trois pays du petit Maghreb, l’Algérie est peut-être le pays le moins accessible à la franchise. L’année 2009 a vu partir Carrefour après seulement deux années d’activité, fermer deux boutiques d’Etam et faire lâcher prise à Naf-Naf et Celio présents depuis plusieurs années. Méconnue, la franchise est parfois mal perçue par la population qui ne fait pas toujours la différence entre une franchise et l’implantation de sociétés étrangères.


Une législation peu encourageante

La dernière nouvelle loi de finances complémentaires de 2009, applicable depuis le 31 juillet a été mal accueillie tant par les exportateurs français que les importateurs algériens. Le crédit à la consommation a été interdit, le financement des investissements se fait uniquement en dinars, et les bénéfices des avantages liés aux investissements doivent être réinvestis dans les quatre ans. En matière de franchise, l’Algérie compte une vingtaine de marques1 qui évoluent sous ce concept, même si pour le moment aucun texte de loi ne l’encadre. La Banque centrale d’Algérie n’autorise l’exportation de redevances que si elles sont considérées comme une prestation de service, ce qui n’est pas encore le cas de la franchise. Cette dernière pourrait pourtant régler le problème des marchés informels – plus d’une quarantaine à Alger - et de la contrefaçon qui minent l’économie algérienne. On compte jusqu’à 30 milliards de dinars de perte annuelle.


La franchise, méconnue du grand public

Aujourd’hui, il reste nécessaire d’expliquer le concept aux futurs consommateurs. Notamment, qu’une franchise opérant en Algérie est une entreprise algérienne inscrite au registre du commerce local même si elle est reliée par contrat à une compagnie étrangère. Ce détail a son importance dans un pays où les consommateurs se sentent fortement impliqués dans la production nationale, bien que la marque étrangère, et principalement française, attire les jeunes qui peuvent l’identifier.
La franchise n’est ni interdite ni autorisée. Tolérée et bien présente, elle est fragilisée par l’interdiction de versement des royalties aux franchiseurs étrangers, des prix de location de plus en plus élevés dans les grandes villes, une administration lourde et un port réputé pour des problèmes de fiabilité. Au-delà de ces inconvénients, s’ils sont habitués aux commerces de proximité, les Algériens apprécient les centres commerciaux et les grands magasins, si ceux-ci ne dénaturent pas la géographie de leur ville et répondent à leurs besoins.


Un pays en plein développement 

Il y a quelques années, de gros chantiers ont vu le jour, comme la construction de l’autoroute est-ouest, qui permettra de relier Tlemcen à Annaba sur plus de 1 200 kilomètres. Fait à ne pas négliger, dans un pays où les échanges commerciaux se font surtout par la route.
Alger, capitale en mal de boutiques Envahie il y a trois ans par les magasins chinois, la ville blanche brille cependant par sa pauvreté en matière de grandes surfaces, de restaurants et de boutiques spécialisées. Surtout que les lieux privilégiés par les enseignes restent les mêmes : le quartier chic de Sidi Yahia ( Mango, Franck Provost, Casa Mia ), ou encore plus timidement le centre-ville ( Yves Rocher, Quick ).


Secteurs porteurs

Tout ou presque reste à créer dans les réseaux, en particulier dans les secteurs de l’électronique grand public, de production agroalimentaire, de l’hôtellerie, de la beauté.


1Carrefour, Yves Rocher, Mango, Quick, Jacques Dessange, Franck Provost, Levi’s…
 

Sommaire
Fiches pro APCE