Analyse

Franchises : avantages et conditions d’une levée de fonds

2009-09-30T15:58:00+02:00

30.09.2009, 


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Entreprises à fortes croissances et bon potentiel de rentabilité, les franchises attirent les investisseurs. Et en profitent pour accroître leur conquête de territoires.


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Les enseignes peuvent ouvrir leur capital pour renforcer accompagner leur développement à l’international, racheter un concurrent, structurer leur réseau ou déployer des actions de communication…

Développement franchise : choisir d’ouvrir son capital

Petit à petit, les réseaux de commerce organisé gagnent les faveurs des investisseurs. « Ces derniers recherchent des entreprises à forte croissance présentant un gros potentiel de rentabilité assorti d’une prise de risque limitée », explique Jean-Paul Ransinangue, spécialiste des levées des fonds et associé du cabinet de conseil en développement de réseaux ST Developments. « Or, par définition, la franchise est un levier de développement rapide et a priori peu risqué puisque le concept est éprouvé via les unités pilotes », poursuit-il. Une aubaine pour les têtes de réseaux en quête de capitaux. « Si le franchiseur n’a pas les moyens personnels de recapitaliser son entreprise, que celle-ci ne dégage pas une capacité d’autofinancement suffisante, ou s’il n’est pas en mesure d’accroître son endettement, alors le choix du capital investissement est l’alternative qu’il convient de considérer », affirme Jean-Baptiste Gouache, avocat au service des franchiseurs.


Franchiseurs : des motivations variées

Différentes motivations peuvent conduire les enseignes à ouvrir leur capital pour renforcer leurs fonds propres : accompagner leur développement en master-franchise à l’international, racheter un concurrent, structurer leur réseau, déployer des actions de communication… « Nous avons fait appel à deux fonds - Sofimac et Crédit Agricole Centre France Développement – car nous avions un besoin de trésorerie à court terme pour financer une campagne publicitaire dans le cadre d’un partenariat avec Miss France », explique Stéphane Raynaud, directeur financier du réseau des centres minceur Physiomins. Pour l’enseigne de restauration rapide de pâtes fraîches à emporter Mezzo Di Pasta, l’objectif était d’intensifier le développement succursaliste. « Monter une unité coûte entre 300 000 et 500 000 euros. Et nous voulons atteindre 30 à 35 succursales à l’horizon fin 2010, contre 15 actuellement », précise Emmanuel Guth, le PDG qui s’est allié au fonds Arts & Biens pour se donner les moyens de ses ambitions. Mais lever des fonds est un processus long et difficile impliquant une succession d’étapes que seuls les franchiseurs bien préparés peuvent espérer mener à bien.


Emmanuel Guth, Mezzo Di Pasta
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Emmanuel Guth, PDG de Mezzo Di Pasta

Comment se préparer

Préalable indispensable : le franchiseur doit réaliser un « audit » de son entreprise pour être en mesure de bâtir une présentation claire et détaillée de son métier, son marché, sa position concurrentielle, ses objectifs de développement, ses prévisions à cinq ans ainsi que ses états financiers retraités. Ce diagnostic vise aussi à déterminer la valeur de l’entreprise ainsi que le montant du capital à ouvrir. « Le franchiseur aura tout intérêt dans cette phase à revoir son contrat et son DIP et le cas échéant à procéder à leur actualisation et à leur amélioration : ces éléments sont des actifs importants et déterminent la qualité du savoir franchiser et la valeur du réseau pour partie », conseille Jean-Baptiste Gouache. Autre aspect qu’il conviendra éventuellement d’optimiser : l’organisation des fonctions propres au métier de franchiseur (développement, animation et contrôle).
« Ce travail de préparation va permettre au franchiseur d’affiner et de s’approprier son projet d’entreprise. Il pourra préparer son argumentaire de négociation pour limiter l’impact de ses insuffisances sur la valorisation de son affaire tout en montrant à l’investisseur qu’il en a conscience et recherche la voie du progrès », explique Jean-Baptiste Gouache. Cette préparation nécessite un investissement personnel important de la part du dirigeant mais aussi l’adhésion des hommes clés de la société. « Le management doit être fortement impliqué dans cette phase et idéalement fédérer une équipe de projet autour de la direction générale. Cette équipe recueillera et réunira toutes les informations et documents utiles à l’atteinte des objectifs », indique Jean-Baptiste Gouache. Pour maximiser ses chances de succès, il est vivement recommandé de se faire assister par des leveurs de fonds professionnels (Chausson Finance, Aelios Finance, Multeam…). Ils mettent leur expérience au profit des entrepreneurs durant toute l’opération, depuis la réalisation du business plan jusqu’à la finalisation en passant par la conduite des négociations ou encore la sélection des investisseurs qu’ils connaissent parfaitement.

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