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Franchise et Besoin en Fonds de Roulement : si important, tellement négligé !

2009-10-29T16:02:00+02:00

29.10.2009, 


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Volume de C.A, délai de paiement des fournisseurs… mais aussi les besoins financiers personnels entre recherche du local et ouverture du point de vente : comment se calcule le BFR en franchise

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Crédits photo : Getty images

Plus compliqué au lancement du magasin

BFR  = stocks  + créances clients - dettes fournisseurs. Derrière cette simple formule comptable se cache le Besoin en Fonds de Roulement (BFR), qui doit assurer la trésorerie nécessaire pour maintenir la continuité de votre activité en tenant compte des décalages entre les décaissements et encaissements des flux liés à l'activité de votre entreprise. Un optimiste forcené pourra considérer qu'avec une clientèle active et un renouvellement fréquent de ses stocks, il encaissera systématiquement ses ventes avant d'avoir eu à payer ses fournisseurs. La réalité est souvent plus compliquée. Surtout lors du lancement du magasin.


Comment calculer le besoin en fonds de roulement ?

Volume de chiffre d'affaires, rotation des stocks, délais de paiement des fournisseurs… Toutes ces données sont parties intégrantes du calcul du BFR. Aucune spécificité n'est liée à la franchise, si ce n'est l'intégration dans ce calcul du droit d'entrée et des redevances à payer à son franchiseur. La principale variable demeure le domaine d'activité choisi. Entre une surface alimentaire, où la vente est quotidienne, et une entreprise de produits de chauffage, où il faudra attendre plusieurs mois entre la prise de contact et le règlement des clients, le montant du BFR sera très variable.
Par contre, l'avantage d'appartenir à un réseau est de pouvoir compter sur les données chiffrées, ratios et moyennes, fournies par le franchiseur grâce à son expérience du secteur et aux nombreux exemples qu'il a pu côtoyer.


Qui doit calculer le BFR ?

A moins d'être un as des comptes de résultat et autres bilans, le recours à un expert-comptable s'impose. Nombre de franchiseurs le conseillent fortement afin de responsabiliser leurs candidats plutôt que de leur fournir le BFR moyen des précédents candidats du réseau. Une manière d'appuyer sur la différence entre le salariat et la franchise. D'autres préfèrent renvoyer directement vers l'expert-comptable pour éviter d'avoir à s'engager sur des questions qui pourraient fâcher : quand votre activité aura-t-elle atteinte une vitesse de croisière suffisante pour autofinancer son BFR ?


A partir de quand calculer le BFR ?

Le plus simple est d'estimer en amont la chronologie de son projet entre la signature du contrat, l'ouverture du magasin, les premières rentrées d'argent et l'atteinte du point mort de l'activité, c'est-à-dire le moment où l'entreprise atteindra le seuil prévu avant de commencer à gagner de l'argent. Cette chronologie doit tenir compte du concept choisi, s'il est de notoriété nationale et devrait connaître un succès rapide ou, au contraire, si le concept est un nouveau type de commerce à développer et dont la popularité reste à générer. Moins le concept est rentable rapidement, plus le BFR devra être important.
Par contre, un élément sur lequel les franchiseurs n'attirent pas toujours votre attention est ce que l'on pourrait appeler le « BFR personnel ». Avant de signer votre contrat, de nombreux mois ont pu s'écouler, entre la recherche du local et de l'enseigne idéale. D'où l'intérêt de prévoir dans votre budget global un BFR pour votre vie quotidienne si vous vous consacrez à 100 % à l'aboutissement de votre projet.


Réalisé en collaboration avec Hubert Bensoussan, avocat à la Cour d'appel de Paris et membre du Collège des experts de la FFF, Serge Meresse, avocat spécialisé dans la défense des franchisés, et Jean-Pierre Gouzy, expert-comptable, commissaire aux comptes, conseil en organisation et gestion et membre du Collège des experts de la FFF.

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