Tribune libre

Dans quels cas le franchiseur est-il responsable de l’absence de rentabilité de ses franchisés ? – R. Galy-Dejean

2013-10-16T07:00:00+02:0016.10.2013, 


imprimer

Un franchisé confronté à l’absence de rentabilité de son entreprise peut, dans certains cas, légitimement considérer que son franchiseur est responsable de la situation. Explications de Rodolphe Galy-Dejean, ancien franchisé et créateur de FranchiseLink.

Selon les spécialistes de la franchise, une entreprise franchisée devient rentable après « 1an et demi à 2 ans dans les services ou la distribution, jusqu’à 3 ans dans la restauration ou l’hôtellerie »*. Passé ce délai, le cumul des résultats nets avant impôts réalisés depuis le début de l’exploitation du concept doit couvrir l’apport personnel du franchisé.

Différentes causes expliquent l’absence de rentabilité

En d’autres termes, si après 2 ou 3 ans d’exploitation du concept selon le secteur d’activité, une entreprise franchisée n’est pas rentable, le franchisé qui la gère doit s’interroger sur les raisons de cette absence de rentabilité qui peut avoir trois causes :

  • première cause, le franchisé, par exemple dans le cas d’une mauvaise évaluation de ses capacités entrepreneuriales ou de ses capacités à travailler en respectant à la lettre le savoir-faire élaboré par le franchiseur, d’une préparation insuffisante du projet de création d’entreprise, d’une mauvaise gestion du point de vente
  • deuxième cause, le franchiseur, par exemple dans le cas d’un concept mal défini, d’un savoir-faire mal maîtrisé, de droits d’entrée ou de redevances trop élevés, de marges sur produits vendus aux franchisés abusives, d’une stratégie d’implantation visant permettre au franchiseur de gagner des parts de marché même au détriment de ses franchisés,
  • troisième cause, divers évènements indépendants de la volonté du franchiseur et du franchisé, par exemple dans le cas d’un aménagement urbain qui impacte la fréquentation du point de vente, de l’implantation d’un nouveau concurrent, d’un drame qui affecte gravement le franchisé, d’un changement de règlementation.

On admettra (et c’est heureux), que l’absence de rentabilité d’une entreprise pour cause d’évènements indépendants de la volonté du franchiseur et du franchisé est un cas très rare. On va donc négliger cette cause. Pour simplifier donc, on peut considérer que de manière générale, l’absence de rentabilité d’une entreprise franchisée est soit dû au franchisé, soit dû au franchiseur, soit aux deux.

Revenons donc à notre franchisé qui s’interroge devant ses résultats financiers et qui se demande lequel de son franchiseur ou de lui est responsable de la situation. Pour répondre à la question, il faut raisonner en prenant en compte la proportion d’entreprises franchisées matures (c’est-à-dire en activité depuis 2 ou 3 ans) rentables du réseau.

Responsabilité du franchisé, du franchiseur ou conjointe ?

Première hypothèse. Admettons que cette proportion est de 90%, ce qui veut dire que sur 10 franchisés qui exploitent le concept, 9 parviennent à être rentables. Dans ce cas, il apparaît logique de considérer que le problème vient davantage du franchisé que du franchiseur.

Deuxième hypothèse. Admettons que cette proportion est de 10%, en d’autres termes que sur 10 franchisés qui exploitent le concept, 1 seul parvient à être rentable. Dans ce cas, il est logique de considérer que le problème vient davantage du franchiseur et de son concept que du franchisé.

Troisième hypothèse. Admettons que cette proportion est de 50%. Dans ce cas, on peut considérer que franchiseur et franchisé sont co-responsables de la situation.

Bien étudier la proportion d’entreprises franchisées rentables du réseau avant de s’engager

Ce raisonnement un peu simpliste montre bien que dans certains cas, un franchisé est parfaitement en droit de considérer que son franchiseur est responsable de ses mauvais résultats. Tout dépend de la proportion d’entreprises franchisées qui exploitent le concept avec succès. Il est donc primordial de rencontrer un maximum de franchisés avant de signer un contrat, pour s’engager auprès d’une enseigne en toute connaissance de cause ou au contraire, ne pas s’engager et éviter ainsi un échec.

__________
*Source : http://www.franchise-magazine.com/guide/investissement-et-rentabilites-5.html

Ce texte est publié sous la responsabilité de son auteur. Son contenu n’engage en aucun cas la rédaction des Echos de la franchise.

Rodolphe Galy-Dejean
Crédits photo : Droits réservés

L’auteur

Ancien franchisé, Rodolphe Galy-Dejean est convaincu que la franchise peut, sous certaines conditions, être un excellent moyen pour créer son entreprise. Parallèlement, il défend la position selon laquelle l’information précontractuelle encadrée par la loi Doubin ne permet pas aux futurs franchisés de signer leur contrat en connaissance de cause. Il travaille à la création de FranchiseLink, une plateforme de mise en relation entre les candidats à la franchise et des franchisés volontaires pour aider les futurs franchisés dans l’analyse de leur projet de création.


>>

Consulter toutes les tribunes libres