Témoignage d’entrepreneur

M. Bernard (Intersport) : « Faire connaître le monde économique aux partenaires locaux et politiques »

2012-01-05T11:47:00+02:0005.01.2012, 


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Ingénieur chimiste de formation, un temps salarié de la grande distribution, Michel Bernard a repris le magasin Intersport familial en 1980. Depuis, son implication dans la vie syndicale et consulaire de sa région n'a jamais cessé.

Michel Bernard
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Michel Bernard est à la tête de deux points de vente Intersport

Parler au nom du monde économique

Eviter les conflits d’intérêts

Patron de deux magasins Intersport depuis 30 ans, l’un à Dijon (21), l’autre à Mâcon (71), Michel Bernard s’est toujours fixé une limite à son engagement dans la vie locale. Pour lui, hors de question de financer ou de soutenir une association sportive ou un club. « Vu mon secteur d’activité, cela aurait été trop ambigu », précise ce chef d’entreprise. « Je vends au détail mais également à des clubs. Il aurait fallu que j’explique les raisons de mon soutien à une équipe et non à une autre. Le sponsoring aurait davantage servi l’intérêt de mon magasin que l’intérêt général. »


Etre utile au tissu économique

Or, c’est bien au nom de l’intérêt général que Michel Bernard a décidé de s’impliquer dans la vie de sa région. « Ce serait une erreur de rester indifférent à notre environnement politique, économique et social, souligne le patron de deux points de vente. Le chef d’entreprise est un producteur de richesses qui doit faire comprendre qu’il est utile au tissu économique. » Son engagement a donc été syndical et consulaire : simple adhérent du Medef d’abord, il est devenu vice-président du Medef Côte-d’Or. Il a également été membre du Conseil économique et social de Bourgogne (CESR) et président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Dijon de 1997 à 2004.


Un rôle en partie pédagogique

« Il faut faire connaître le monde économique à nos partenaires locaux et politiques surtout », explique ce chef d’entreprise. Et de poursuivre : « le commerce n’a pas une image négative, il n’a tout simplement pas d’image. Il y a une réelle carence de connaissances économiques en France. Par exemple, pour le monde politique, le groupement Intersport était une enseigne succursaliste. A force d’explications, j’ai fait comprendre qu’il y avait plusieurs types d’organisations en France et qu’un indépendant sous enseigne était un chef d’entreprise et non un salarié. La distribution est un vecteur économique important, même s’il arrive en bout de chaîne après la production et l’industrie. Elle ne se résume pas à des mètres carrés sur un territoire ou à une taxe professionnelle. »


Viser toujours l’intérêt général

Faire avancer les chantiers

Pour Michel Bernard, s’impliquer dans la vie locale était une aventure humaine très riche : « J’ai eu la chance d’entrer en contact avec d’autres secteurs que je ne connaissais pas. J’ai découvert le monde politique. Je me suis constitué un réseau. J’ai eu le sentiment de faire connaître les besoins du monde économique. » Ainsi, dans le cadre de son mandat à la CCI de Dijon et avec le concours de son équipe, le chef d’entreprise se souvient avoir poussé les collectivités à s’impliquer davantage dans le chantier de l’internet haut débit.


S’organiser et déléguer

Cet engagement a un prix. « Au plus fort de mon implication, lorsque j’étais président de la CCI, je consacrais la moitié de mon temps à ce mandat », précise-t-il. « Avoir un associé bien en place dans le point de vente, s’organiser au niveau de la délégation de ses équipes est essentiel », insiste-t-il. Pour autant, concilier les différents agendas et calendriers n’a pas été le plus difficile : pour Michel Bernard, « c’est le propre du chef d’entreprise. »


Ne jamais mettre son entreprise en avant

L’engagement dans la vie syndicale et consulaire peut avoir des effets néfastes sur le point de vente. Le chef d’entreprise prévient : « Lorsque l’on s’exprime, il ne faut donc jamais mettre en avant son entreprise et son enseigne et rappeler qu’on prend position en tant que président de chambre consulaire par exemple. Le chef d’entreprise doit toujours garder en tête qu’il s’engage dans l’intérêt général et non pour son magasin. Sinon, le risque est que certains s’imaginent que la personne puisse tirer profit personnel de ses mandats dans le cadre par exemple d’une demande d’agrandissement de son magasin »


Aucun regret

« Avec le recul, même si mon épouse avec laquelle je travaille et mes équipes ont bien géré les points de vente en mon absence, peut-être aurais-je pu pousser davantage mes magasins, si je ne m’étais pas autant impliqué. » Mais à 60 ans, patron de deux magasins, Michel Bernard n’a pas de regret : « Il faut simplement savoir arrêter son engagement si la survie de son entreprise est en jeu. »