Psychologie

Problèmes à résoudre : gérer son stress pour mieux rebondir

2012-04-27T10:36:00+02:0027.04.2012, 


imprimer

Le stress provoque souvent un état d’esprit négatif empêchant de trouver des solutions à ses problèmes. Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, explique ce mécanisme et comment s’en sortir.


Crédits photo : Shutterstock.com

Anatomie du stress

L’anxiété survient à force d’anticiper la survenue éventuelle de futurs problèmes et a pour effet de sensibiliser l’individu. « Plus l’être humain est négatif, plus il s’expose à une explosion d’émotions négatives, telles que la colère ou la tristesse », explique Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris. A travers des tests psychologiques, ce spécialiste du stress et de la dépression remarque que, face à un problème identique, une personne de mauvaise humeur se focalisera sur une accumulation de détails négatifs, alors qu’une personne de bonne humeur aura tendance à élargir sa focale et à prendre du recul. L’état d’esprit positif est également plus fragile. En effet, le psychiatre affirme qu’il faut en moyenne 5 moments positifs pour compenser un moment négatif.


Lâcher prise

« En ressassant ses problèmes, l’esprit négatif se concentre sur lui-même. Il perçoit les éléments positifs de manière atténuée et perd tout ce que la vie a d’agréable et d’intéressant. » Lorsqu’un incident survient et qu’il n’est pas immédiatement solutionnable, le médecin préconise donc de lâcher prise et « d’accorder à son cerveau un temps de récupération, comme pour un moteur qui serait en surchauffe. » Cette pause peut permettre d’aborder ensuite le problème sous un angle positif, et ainsi trouver des ressources ou d’autres moyens de le résoudre. Une gymnastique à adopter pour vivre plus longtemps. En effet, en observant la vie de moines isolés de la vie moderne, des chercheurs américains ont prouvé que l’état d’esprit positif maintenait en meilleure santé et allongeait l’espérance de vie.


Le stress, positif ?

Pour autant, le stress est utile à l’être humain. Il engendre par exemple la peur, un mécanisme primaire salvateur qui augmente les chances de survie. Des études très récentes montrent que l’angoisse serait également le signe d’un quotient intellectuel plus élevé.* Chez les esprits résolument positifs, certaines zones du cerveau sont parfois muettes ou altérées. « Ce phénomène explique pourquoi une personne trop focalisée sur l’émotion positive pourra parfois manquer de méfiance ou de sens critique », remarque Christophe André.


Trouver un équilibre

Le stress peut donc s’avérer, tour à tour paralysant ou au contraire, moteur. Le tout est de réussir à trouver son propre équilibre. D’après Christophe André, le bon dosage est constitué de deux tiers de positif et d’un tiers de négatif. Alors, en cette période de crise, n’oublions pas qu’un ralentissement économique peut aussi être l’occasion de prendre du recul pour trouver de nouvelles voies de développement.

Et vous, êtes-vous plutôt positif ou négatif ?
____________
* Etude universitaire américaine sur la relation entre l’angoisse et l’intelligence publiée en février 2012.

Propos recueillis sur Passion Commerce 2012.