Débat d’actualité

Le Crédoc et l’IFM prônent la suppression des soldes flottants

2012-07-12T17:37:00+02:0012.07.2012, 


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Dans un rapport publié le 4 juillet, le Crédoc et l’IFM proposent la suppression des soldes flottants, dispositif mis en place en 2009 dans le cadre de la LME afin d’encourager la concurrence.

Soldes flottants
Crédits photo : Shutterstock.com

Le Crédoc et l’Institut français de la mode (IFM) ont proposé de supprimer les deux semaines de soldes flottants (voir encart) dans un rapport rendu public le 4 juillet dernier et remis à la ministre du commerce Sylvia Pinel, qui doit se prononcer sur leur avenir après la rentrée.

Les propositions

« Il est difficile de déceler un impact significatif des périodes de soldes flottants ou de promotions sur les volumes d’achat en habillement et sur les prix pratiqués », constate le rapport. Le Crédoc et l’IFM prônent donc la suppression des soldes flottants. Ils proposent néanmoins, étant donnée la tendance des commerçants à rattacher les périodes de soldes flottants à celles des soldes saisonniers, d’autoriser des soldes d’une durée de deux fois six semaines au lieu des deux fois cinq semaines actuelles. « On respecterait ainsi la volonté des professionnels de privilégier le caractère global et collectif des soldes, il n’y aurait plus de périodes désordonnées en dehors des soldes saisonniers, et le consommateur conserverait la durée totale des soldes comme aujourd’hui », conclut le rapport.


L’avis des distributeurs

Selon le Crédoc et l’IFM, 62 % des distributeurs sont favorables à la suppression des soldes flottants. « La majorité des répondants s’accorde pour dire que les soldes saisonniers ont constitué de longue date un temps fort de la consommation et que le dispositif porte le risque de les affaiblir », indiquent-ils dans leur rapport. Parmi les plus hostiles, les détaillants indépendants prônent, pour 93 % d’entre eux, la suppression pure et simple des soldes flottants. Si le dispositif est toutefois maintenu, ils souhaitent que la date soit la même pour tous, à l’instar des soldes saisonniers. Les chaînes de magasins et la grande distribution, qui disposent de plus de moyens de communication, militent quant à elles pour le libre choix de la date des soldes. La durée de deux semaines maximum des soldes flottants est également remise en cause. « La mise en place des soldes nécessite une logistique importante en personnel […]. Cette mobilisation de moyens est peu compatible, et plus particulièrement pour les commerçants indépendants, avec une durée de soldes d’une semaine (soit un seul samedi) voire deux semaines », précise le rapport. En conséquence, 30 % des commerçants ont accolé les semaines de soldes flottants à celles des soldes saisonniers en 2011.


Ré-enchanter les soldes

Les distributeurs sont nombreux à regretter le caractère unique des soldes saisonniers. « Certains n’hésitent pas à affirmer que les soldes flottants suppriment le caractère "festif" des soldes. Le mot "soldes" est désormais "parasité", il convient donc de lui redonner son caractère mobilisateur initial et de ré-enchanter sa pratique », estiment le Crédoc et l’IFM.

Les soldes flottants, c’est quoi ?

Mis en place dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie (LME) le 4 août 2008, les soldes flottants visent à faire davantage jouer la concurrence à travers l’assouplissement du régime des soldes. Ainsi, les commerçants ont la possibilité, en plus des deux périodes fixées par décret, de réaliser des soldes complémentaires d’une durée maximale de deux semaines, ou de deux fois une semaine.

Camille Prigent