Marché porteur

Ouvrir une franchise de courtage : les raisons d'un succès

2016-08-22T08:16:00+02:0022.08.2016, mis à jour le 22.08.2016,


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Le métier de courtier en crédit, pour particuliers comme pour professionnels, connaît une nette croissance ces dernières années, bénéficiant notamment de changements de législation. De quoi aiguiser les appétits des réseaux.

Franchise de courtage
Crédits photo : Denphumi / shutterstock.com
D'ici cinq ans, les courtiers en crédits immobiliers pourraient détenir 50 % du marché, contre 40 % aujourd'hui.

Une professionnalisation du secteur

Le métier de courtier en crédit existe en France depuis plus de quarante ans. Pourtant, ce n'est que depuis quelques années que ces professionnels du crédit aux particuliers et professionnels ont le vent en poupe. Ainsi, en 2015, ils représentaient près de 40 % de parts de marché dans la commercialisation de crédits aux particuliers. Dans ce secteur en plein essor, les réseaux de franchise se sont logiquement multipliés dans tout le pays avec des enseignes comme Meilleurtaux.com, In&Fi, ACE crédit, CrediPro, ou encore Artémis Courtage et PresseTaux. Toutes ont largement bénéficié d’un changement de législation en 2013, propice au développement du métier de courtier. Dans un premier temps, il y a eu l’entrée en vigueur de la réforme du code monétaire qui classe désormais les courtiers dans la « catégorie 1 » des intermédiaires en opération de banque. Pour exercer leur activité, les courtiers doivent désormais être certifiés par l'Orias, l'organisme référent dans le secteur, et répondre à plusieurs critères de conformité juridique, comme le respect des règles de bonne conduite vis-à-vis de l'emprunteur. Autre changement majeur, le vote du parlement européen qui a statué sur une directive encadrant le crédit immobilier, laissant ainsi plus d’amplitude aux courtiers.


Une image redorée

Tout cela a professionnalisé le secteur et l’a rendu plus crédible aux yeux du grand public. Car c’était l’un des freins de ce métier : composer avec une image pas toujours positive, comme beaucoup de métiers de la finance. « Aujourd’hui, la perception du métier est meilleure, mais je pense également que les courtiers, eux-mêmes, sont meilleurs », résume Christophe Jourdain, associé fondateur d’Artémis Courtage. « Lorsque j’ai débuté il y a 12 ans, nous passions la plupart de notre temps à expliquer notre métier aux clients. Il y avait de la méfiance et il fallait faire comprendre la nécessité d’un intermédiaire de plus », abonde Sébastien Masure, fondateur du réseau PresseTaux. Afin de démontrer leur utilité et leur plus-value, les réseaux ont un leitmotiv commun : « mettre la relation avec le client au cœur de tout. Nous accompagnons la personne du début à la fin de son projet : de sa capacité de financement à la signature chez le notaire », assurent à l’unisson Christophe Jourdain et Sébastien Masure.


Au service des clients

Même s’ils représentent un intermédiaire supplémentaire, les courtiers ont réussi à se rendre indispensables. « Nous avons pris le relais des banques dans le conseil. Nous ne sommes pas détenus par les banques, notre mission consiste donc à obtenir le meilleur financement possible. On met tout le monde sur le même pied d’égalité. Nous sommes dans un processus gagnant-gagnant avec tout le monde », explique le fondateur d’Artémis Courtage. Reste désormais à s’inscrire dans la durée et faire face à une concurrence toujours plus sévère, que ce soit de la part des réseaux concurrents ou encore des courtiers dits « gratuits », qui sont rémunérés directement par les banques et non par le client. « Ils sont dans la même logique que les banques. C’est assez déshumanisé, les clients ne s’y retrouvent pas », révèle à ce sujet Sébastien Masure.


Soigner le réseau local

En plus du suivi particulier de chaque dossier, le fondateur de PresseTaux assure que la clé de la réussite de son réseau réside dans son « ancrage local ». Et cela ne peut venir que du franchisé, sur le terrain. « Le réseau apporte la formation, des outils, un suivi juridique... Mais les clients ne poussent pas la porte de nos agences pour notre nom, ils cherchent une qualité de service et une certaine connaissance », poursuit-il. Et le résultat se retrouve dans les chiffres : chez PresseTaux, le système de parrainage entre clients bat son plein et certains reviennent pour financer plusieurs projets au cours de leur vie. « Le record est de 6 financements pour la même personne », s’amuse Sébastien Masure.