Restauration rapide

Popeyes, le rival de KFC qui veut conquérir la France

2018-03-30T10:18:00+02:0030.03.2018, 


imprimer

Le numéro deux américain du poulet en restauration rapide affiche ses ambitions en France, après l’ouverture de deux premiers restaurants en Occitanie. Lodarest, qui détient la master-franchise pour l’hexagone, veut ouvrir 150 points de vente d’ici dix ans.

Popeyes arrive en France
Crédits photo : Studio Camille
Restaurant de Montpellier inauguré début 2018.

Aux Etats-Unis, difficile de passer à côté : avec ses 2 000 restaurants (et 2 700 dans le monde), Popeyes Louisiana Kitchen est implanté partout et fait partie du paysage fast-food aux côtés des Burger King et autres McDonald’s. Mais son rival de toujours, c’est KFC. Comme lui, cette enseigne fondée à La Nouvelle-Orléans en 1972 a fait du poulet son produit phare.


Le poulet frit et mariné en spécialité

Chez Popeyes, toute la carte ou presque tourne autour du poulet, mais sa spécialité consiste à le faire mariner dans des épices pendant un minimum de douze heures pour lui donner un côté tendre et savoureux. Les morceaux de viande sont ensuite panés avec une farine spéciale et frits, ce qui leur donne un côté « à la fois popcorn à l’extérieur et juteux avec la viande tendre à l’intérieur », détaille Loïc Bernard, président de Lodarest, master-franchisé Popeyes pour la France. Une offre poisson et crevette comme le propose l’enseigne dans tous ses restaurants arrivera d’ici la fin de l’année dans les établissements de l’Hexagone.


Burger Popeyes
Crédits photo : Droits réservés
Burger Popeyes


Conquérir le cœur des Français

« J’ai contacté la maison-mère pour la convaincre de se lancer en France car j’étais persuadé que le concept avait toutes ses chances de fonctionner », estime Loïc Bernard. Il faut dire que les Français sont particulièrement friands de poulet, comme en témoigne le succès des concepts de restauration qui ont choisi de surfer sur cette tendance en proposant une offre 100 % poulet. Le petit plus de Popeyes, selon le master-franchisé : « proposer du poulet frais et français ». L’enseigne se fournit exclusivement auprès du groupe breton LDC, un poids lourd européen de la volaille capable de suivre la cadence si le réseau ouvre d’autres restaurants. Afin de séduire les consommateurs français, la marque a changé la moitié de sa carte en y ajoutant notamment des burgers et des wraps qui ne figurent pas sur le menu original. Une attention qui porte déjà ses fruits puisque les sandwichs représentent le gros des ventes des deux premiers restaurants de l’enseigne.


Ouvrir 150 restaurants d’ici dix ans

Décidément, la France continue d’attirer les poids lourds américains de la restauration rapide qui, jusque-là, avaient préféré rester à l’écart. Après le retour en grande pompe de Burger King et l’arrivée tonitruante de Five Guys – qui s’est offert son plus grand restaurant au monde sur les Champs-Elysées – c’est au tour de Popeyes de montrer les muscles. Après deux premières ouvertures dans le sud de la France début 2018, à Toulouse Roques et Montpellier (place de la Comédie), le master-franchisé affiche plus fermement ses ambitions. Alors qu’il s’est engagé à ouvrir une centaine de restaurants d’ici dix ans sur le territoire, « nous avons revu nos objectifs à la hausse et tablons plus sur 150 ouvertures sur la période », déclare Loïc Bernard. Dès cette année, une dizaine d’ouvertures sont prévues, puis une quinzaine l’année suivante. « Nous commençons par ouvrir dans les villes du sud-ouest de la France, sans dire encore lesquelles pour garder l’effet de surprise et, si tout va bien, nous devrions arriver à Paris ou dans la région parisienne dès 2019 », précise le président de Lodarest.


Loïc Bernard, Lodarest
Crédits photo : CMAHOUDEAU
Loïc Bernard, président de Lodarest et master-franchisé Popeyes pour la France.


La franchise, pas pour tout de suite

Si les ambitions de Popeyes en France sont costauds, les entrepreneurs qui aimeraient se lancer en franchise avec l’enseigne devront patienter : pas question d’ouvrir des franchises tout de suite. « A tous les candidats qui nous contactent, nous leur répondons que c’est trop tôt et qu’il faut attendre », détaille Loïc Bernard. Le réseau préfère se développer d’abord en propre pour tester le concept mais surtout garder le contrôle sur l’ensemble de la chaîne de valeur. « Nous sommes associés à une foncière immobilière [BBFD Investment, NDLR], nous avons donc les épaules pour ouvrir de nombreux restaurants en propre s’il le faut », précise le master-franchisé qui n’exclut toutefois pas la franchise comme une solution pour accélérer son développement d’ici quelques années.

Jennifer Matas