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La frite s'émancipe et débarque en franchise

2017-11-17T06:00:00+02:0017.11.2017, 


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La restauration rapide compte un nouvel entrant. Plus habituée à un rôle d'accompagnement, la frite devient un produit d'appel à part entière, avec plusieurs enseignes qui arrivent sur le marché.

Franchises de frites
Crédits photo : shutterstock.com

Un best-seller. Un classique même. Peu importe son âge, sa classe sociale, ses origines ou sa religion, tout le monde aime les frites. Les chiffres sont d’ailleurs vertigineux : plus de 11 milliards de kilos de frites sont consommés chaque année dans le monde. En France, on tourne autour de 7 kg par an et par personne. À la maison, elles sont souvent surgelées, alors qu’au menu des restaurants elles occupent plutôt un rôle d’accompagnement notamment des burgers, très en vogue, ou autres viandes rouges. Mais une nouvelle tendance se dégage ces derniers mois avec la frite en produit star. Plusieurs enseignes dédiées pointent en effet le bout de leur cornet et ambitionnent de se développer sur le marché de la restauration rapide.


À la sauce belge…

La frite n’est pas un produit aussi simple qu’il y paraît. Si son origine est toujours sujette à débat entre la France et la Belgique, aujourd’hui deux tendances s’affrontent. Avec d’un côté, les recettes à la mode belge et, de l’autre, celles façon anglo-saxonne.

Pour La Frituur, tout a commencé en décembre 2014 sur le marché de Noël de Strasbourg, avec la Belgique en invité d’honneur. De quoi aiguiser l’appétit de Christophe Fliegans, cofondateur de l’enseigne. « Nous avons eu l’idée au bon moment. Nous avons fait mûrir le projet pour finalement ouvrir en décembre 2015. Nous sommes partis d’une feuille blanche, avant de faire beaucoup de déplacements en Belgique. Mais là-bas, il n’y a pas de franchise, seulement des personnes isolées, un peu comme les kebabs chez nous. » Avant de lancer son concept, le fondateur doit adapter le prix au marché. « En Belgique, un cornet se vend autour d’1,90 euro, soit deux fois moins cher qu’en France. Ici, nous avons des loyers plus élevés et une importante logistique. Et puis, nous avons décidé de monter en gamme. » Dans la lignée du fast-casual très tendance sur le marché de la restauration rapide, La Frituur mise sur la tradition avec un concept novateur où « la frite est le plat central », poursuit Christophe Fliegans. Ouverts toute la journée, ses restaurants ciblent principalement les moins de 25 ans et s’installent dans les zones piétonnes, avec également un service de livraison. Pour son développement, l’enseigne vise Paris en priorité, mais aussi le nord et l’est de la France afin de rester à proximité de son point d’ancrage strasbourgeois. Du moins dans un premier temps.


… ou canadienne

De la Belgique au Canada, il n’y a qu’un pas… Ou presque. En tout cas, les deux pays se retrouvent en concurrence sur le même marché de niche qu’est la frite puisque l’enseigne canadienne Frite Alors ! tente, elle aussi, une percée en France. Née au Québec où l’on compte désormais 16 implantations, elle a déjà ouvert deux établissements en France, à Lyon. Avec réussite, puisque le premier restaurant s’appuie sur un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros après trois ans d’exercice. « Le concept de base est simple, explique Yannick de Groot, l’un des fondateurs de l’enseigne. Nous sommes partis du constat qu’on ne trouvait pas de bonnes frites à Montréal. Nous avons d’abord fait de la frite belge, cuite dans le gras de dinde, puis nous avons mis l’accent sur des mayonnaises maison. » Et de poursuivre : « Nous avons aussi, il y a quinze ans, intégré la poutine à nos cartes, un mets traditionnel de la cuisine québécoise, pour avoir aujourd’hui toute une déclinaison de recettes. » C’est d’ailleurs la clé du succès français de l’enseigne. « Au Québec, la poutine représente un tiers des ventes, mais en France ce sont les deux tiers !»

Et si l’enseigne opte aujourd’hui pour un développement dans l’Hexagone, c’est un peu le fruit du hasard. « C’est notre franchisé de Lyon qui est nous a contactés, en nous trouvant sur Internet. Il est venu au Québec et est tombé amoureux du concept. » Résultat, ce franchisé est désormais missionné comme responsable du développement en France. L’enseigne a pris le temps de trouver les bons fournisseurs de pommes de terre, entre autres. Pour la suite, le but est d’ouvrir à Paris pour ensuite « faire boule de neige », espère Yannick de Groot. La capitale, cible de toutes les enseignes : le nerf de la frite.