Actualités

Burger King veut avaler Hippopotamus et Bistro Romain

2017-04-03T07:16:00+02:0003.04.2017, mis à jour le 03.04.2017,


imprimer

Après Quick et le groupe des Frères Blanc, le groupe Bertrand, master-franchisé de l’enseigne Burger King en France, jette son dévolu sur le groupe Flo, dont les difficultés financières de ces dernières années n’ont cessé de s’amonceler.

L'appétit d'ogre du groupe Bertrand
Crédits photo : shutterstock.com

Burger King va-t-il racheter tous les Hippopotamus et Bistro Romain de France ? C’est en tout cas ce qu’a révélé le magazine Challenges le 30 mars. Une volonté qui n’est guère surprenante au regard de la stratégie de croissance externe qu’exerce ces dernières années Groupe Bertrand, master-franchisé du géant américain en France.

Un appétit d’ogre

De retour en France depuis cinq ans après avoir quitté le marché en 1997, Burger King croît en effet rapidement afin de concurrencer le numéro un du secteur dans l’Hexagone, McDonald’s. Pour aller vite et s’installer dans des emplacements de qualité, Groupe Bertrand a ouvert le concept à la franchise et doublé ses efforts par des opérations de croissance externe. C’est notamment la stratégie qui a été appliquée en 2015 lorsque Olivier Bertrand a annoncé le rachat de Quick. L’objectif : transformer la quasi-totalité des restaurants en Burger King et ainsi profiter d’emplacements de premier choix partout en France. Seule une quarantaine d’établissements resteront en définitive aux couleurs du belge.

Quelques mois seulement après l’annonce de cette vaste opération, Groupe Bertrand a racheté un autre emblème de la restauration en France : le groupe des Frères Blanc et ses treize restaurants. Parmi les établissements repris, certains sont des incontournables de Paris, comme le Procope et Au Pied de Cochon, et Groupe Bertrand travaille à les rénover pour donner un nouvel esprit aux brasseries françaises.

Le prochain sur la liste sera-t-il Groupe Flo, propriétaire des enseignes Hippopotamus, Bistro Romain, Taverne de Maître Kanter, plusieurs grandes brasseries parisiennes – La Coupole, le Vaudeville, Le Bœuf sur le Toit, etc. – ou encore Tablapizza ? Le groupe étant lourdement endetté, un mandat de vente avait déjà été confié à Rostchild & Co pour trouver un repreneur. Selon Challenges, les six banques se partageant les 80 millions d’euros de dettes du groupe auraient accepté en début de semaine dernière l’offre déposée par Groupe Bertrand.


Un renouveau pour Groupe Flo ?

« Il faudrait avoir trouvé une solution fin avril », avait déclaré aux Echos Vincent Lemaître, directeur général de Groupe Flo en mars dernier. L’opération n’est pas encore bouclée, mais elle donne déjà une respiration. Même si Groupe Bertrand n’a rien dévoilé de son intention quant aux éventuels restaurants rachetés : seront-ils transformés en Burger King comme cela a été le cas pour la majeure partie des points de vente Quick ou resteront-ils aux couleurs de leurs enseignes respectives ? Personne ne saurait encore le dire. Toujours est-il que cette acquisition pourrait apporter un nouveau souffle à Groupe Flo, dont les difficultés financières commençaient à peser lourd. Pour les 4 700 salariés, notamment, l’offre pourrait mettre fin à l’incertitude qui planait quant au maintien de leur emploi. D’ailleurs, à l’annonce de l’éventuel rachat par Groupe Bertrand, le titre de Groupe Flo a bondi en Bourse vendredi 31 mars au matin, prenant plus de 40 %.

Jennifer Matas