Actualités

Baïla Pizza : un réseau sous tension

2017-03-31T07:00:00+02:0031.03.2017, mis à jour le 31.03.2017,


imprimer

Huit franchisés ont été visés par une procédure collective depuis 2015. En octobre dernier, des franchisés se sont regroupés en association pour défendre leurs droits face à un réseau dont ils contestent les méthodes. De son côté, l’enseigne rejette les griefs invoqués.

Baila Pizza sous tension
Crédits photo : Droits réservés
Capture d'écran bailapizza.com.

Le torchon brûle entre Baïla Pizza et une partie de ses franchisés, confrontés à de graves difficultés financières. Principale pomme de discorde : les redevances jugées trop élevées. Procédure de sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire… Les actions collectives se succèdent depuis 2015. En octobre dernier, une douzaine de franchisés et ex-franchisés se sont constitués en association pour défendre leurs intérêts face à l’enseigne. Six assignations en justice sont en cours dont la plupart ont pour objectif de faire résilier les contrats avec Baïla Pizza.

Absence de savoir-faire

« À ce jour, une seule décision a été rendue, en référé ; elle a débouté le franchisé de toutes ses demandes », souligne Erwan Rouxel, directeur général de l’enseigne qui évoque son contentieux avec AB Invest, exploitant de l’ancien restaurant Baïla d’Ambérieu-en-Bugey. Baïla Pizza a résilié le contrat pour défaut de paiement de redevances. Le franchisé, qui ne conteste pas la résiliation, n’entend pas en revanche s’acquitter des royalties qu’il juge disproportionnées. Un point sur lequel le rejoint le tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse qui a pointé les manquements de l’enseigne en matière d’accompagnement. L’ordonnance précise en effet que le savoir-faire ne saurait être réduit à la mise à disposition d’un manuel opératoire ou à une formation et que « la SAS Baïla Pizza France n’est pas fondée à facturer des redevances sur un savoir-faire inexistant ».

Et c’est bien là l’un des principaux griefs des franchisés : un accompagnement insuffisant de la part de l’enseigne. « Baïla Pizza a développé son réseau par le biais de six master-franchisés régionaux. Ces derniers ont recruté des franchisés alors que la rentabilité de leur propre restaurant n’était même pas assurée. Celui de Rhône-Alpes, par exemple, a été mis en liquidation judiciaire. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un, dans l’est de la France », raconte Yannis Grenouiller, ex-franchisé de Champagne-au-Mont-d’Or et président de l’association de défense des franchisés.


Centrale d’achat contestée

Autre sujet de dissension, les achats sur lesquels le franchiseur pratiquerait des marges arrière. « Les produits coûtent de 8 à 12 % plus cher à un franchisé qu’à un indépendant », s’insurge Yannis Grenouiller. L’enseigne serait-elle trop gourmande ? C’est ce que laisse penser la décision du tribunal de commerce d’Annecy, en date du 6 janvier dernier, qui a résilié le contrat du franchisé d’Epagny en estimant dans son ordonnance que « les charges liées au paiement de la redevance due au franchiseur et à l’approvisionnement auprès des fournisseurs de la franchise ne permettent pas à l’entreprise de dégager une marge de nature à assurer la pérennité de son activité ».

L’association de défense des franchisés marque donc des points. Et elle ne s’en tient pas aux actions judiciaires. Groupement d’ex-franchisés et de franchisés sous contrat, elle négocie des tarifs chez le grossiste Brake France. La mutualisation des achats aurait déjà permis d’améliorer la rentabilité de certains établissements.


Poursuite du développement

De son côté, la tête de réseau reste sereine. « Un franchisé en difficulté, qui avait la possibilité de rompre son contrat sans frais, a choisi de conserver l’enseigne pour aider son restaurant à rebondir, note Erwann Rouxel, directeur général, qui poursuit sa stratégie de développement. En 2016, les restaurants Baïla Pizza ont atteint plus de 16 millions d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 4 % à périmètre constant, et de 33 % en activité brute. Six nouveaux restaurants ont été créés sur la période et cinq – à Angers, Angoulême, Reims, Bordeaux et Pontarlier – ouvriront avant la fin du premier semestre. »