Portrait franchisés

V. et D. Decarsin (Del Arte) : « Nous avons décidé de travailler ensemble pour nous voir plus souvent »

2010-10-18T15:41:00+02:0018.10.2010, 


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Travailler en bonne intelligence et trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, c'est le tour de force qu'ont réalisé Virginie et Damien Decarsin, les patrons de la pizzeria Del Arte du Mans (72). Leur secret : polyvalence et co-leadership.

Virginie et Damien Decarsin, franchisés Del Arte
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Virginie et Damien Decarsin, franchisés Del Arte au Mans.

Rencontre en école de commerce

Si on leur avait dit, quand ils se côtoyaient dans l’amphithéâtre de l’école de commerce de Rouen, qu’ils se marieraient, auraient deux filles et une pizzeria au Mans (Sarthe), Damien et Virginie Decarsin ne l’auraient probablement pas cru. Et pourtant, les voilà, vingt ans plus tard, à la tête d’un restaurant Del Arte. Huit ans après l’ouverture de l’établissement, leur enthousiasme reste intact. « J’aime cette activité où tout bouge, où les clients ne sont jamais les mêmes, explique-t-elle. Je ne rate jamais le service du midi ». Si elle n’est pas présente le soir, c’est parce que l’entreprise compte aujourd’hui 25 salariés. Mais au départ, il n’y avait qu’eux deux pour mettre la main à la pâte.


Chacun son chemin

A la sortie de l’école, leurs carrières professionnelles se séparent. Damien se lance dans l’assurance et Virginie dans l’outillage. Ils rejoindront ensuite le secteur de la restauration, mais chacun de leur côté et dans des métiers très différents. Lui reprend une sandwicherie dans la banlieue rouennaise et elle devient assistant manager à Paris, chez Pizza Hut. Un poste qu’elle quitte à l’occasion de la naissance de son premier enfant. Un deuxième « bébé » vient bientôt au monde. « Nous avons décidé de travailler ensemble pour nous voir plus souvent », raconte Damien. Le couple choisit de se lancer dans l'entrepreneuriat en duo, tout naturellement dans la restauration. Damien s’est constitué un petit pécule en cédant sa sandwicherie. Un capital qu’ils arrondissent en vendant leur maison. Un coup de tête ? « Nous avions 30 ans. C’était un risque à la hauteur de notre âge », juge-t-il. Renoncer à leur maison pour ouvrir une pizzeria aurait pu leur valoir des reproches. « Nous avons au contraire reçu beaucoup d’encouragements, assure-t-il. Ce sont les banquiers qui étaient les moins confiants. »


Sur tous les fronts

En novembre 2002, ils servent leur première pizza. Les rôles sont soigneusement répartis. Monsieur assure le fonctionnement du restaurant, le recrutement et le management. Madame règle les factures, signe les contrats, tient les comptes. « Au début, on ne parlait que de ça, y compris à la maison, raconte Virginie. Les enfants ont d’ailleurs fini par nous interdire le sujet. Ce qui ne les empêche pas de venir au restaurant et de nous aider à redresser les tables. » Les débuts sont harassants. Ils se constituent un carnet d’adresse de nounous long comme le bras. Si elle a des « horaires normaux », lui travaille tous les soirs de la semaine. Six mois après l’ouverture, le bilan est sans appel : le couple ne se voit pas beaucoup plus qu’auparavant. « J'en avais ras-le-bol. J’ai décidé de mettre le holà », se souvient-elle. « Virginie m’a recadré pour que je prenne une soirée par semaine », confirme-t-il. La première année est intensive puis, à la fin de la deuxième année, l’activité prend son rythme de croisière. Le couple commence à souffler. Les mois passant, la répartition des tâches évolue. Virginie prend en main le restaurant, Damien se penche sur les papiers. Difficile de travailler côte-à-côte ? Bien au contraire, affirme-t-il : « Nous sommes complémentaires. Je suis un impulsif alors que ma femme est plus en retrait. Elle est dans l’analyse. Nous réfléchissons mieux à deux. » Aucune lutte de pouvoir entre les deux, confirme-t-elle : « Je suis une opérationnelle, pas une leader ».


Délégation

Le plus dur pour eux reste le management d’équipe qui occupe « 80 % du temps ». Comme tout établissement de restauration, ils subissent un fort turn-over. « Nous cherchons à stabiliser les équipes, à trouver des axes de motivation », poursuit Damien. La bonne santé économique de l’entreprise leur permet de recruter du personnel d’encadrement. Une tâche qu’ils délèguent avec soulagement… « Lorsqu’on est bien organisé, les managers sont une interface qui nous permet de ne pas recevoir les doléances de chacun et de canaliser les équipes sur l'essentiel. » Ils dégagent ainsi un peu de temps pour eux, pour souffler. Et monter de nouveaux projets ? « Notre affaire fonctionne bien. Le modèle de la franchise nous plait. Si nous devions ouvrir un deuxième établissement, ce serait sous enseigne Del Arte. » Mais la création d’un deuxième point de vente n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour.