Remise en forme

Bientôt le clap de fin pour Lady Fitness ?

2016-04-25T08:07:00+02:0025.04.2016, mis à jour le 25.04.2016,


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Entre démêlés judiciaires et difficultés financières, l’avenir semble compromis pour ce réseau de salles de sport qui comptait, il y a cinq ans encore, une quarantaine de clubs, dont une partie en franchise.

La fin de Lady Fitness ?
Crédits photo : Val Thoermer / Shutterstock.com
Image d'illustration.

A l’origine de ce concept né en 2004 à Lyon, une idée simple : créer un réseau de salles de sport dédiées uniquement à une clientèle féminine avec la promesse d’offrir une séance de sport efficace en seulement 30 minutes. Ambitieuse, l’enseigne Lady Fitness s’ouvre même à la franchise* à partir de 2005, dans le but d’inaugurer rapidement de nouveaux clubs. Ainsi, en 2012, le réseau en compte une quarantaine en France et à l’étranger, pour un chiffre d’affaires annuel moyen par point de vente de 300 000 euros. Seulement, trois ans plus tard, l’enseigne, qui visait à terme les 300 établissement sur le territoire, ne compte plus que neuf clubs ouverts – dont deux au Luxembourg – et est en liquidation judiciaire depuis mars 2015.

Charges trop lourdes

Pour satisfaire son cœur de cible que sont les femmes actives, Lady Fitness a dû s’implanter sur de grands espaces – souvent plus de 200 mètres carrés – en plein centre-ville ou centre commercial. Des emplacements aux loyers souvent très élevés, difficilement compensés par les abonnements des clientes, autour d’une quarantaine d’euros par mois. Sans compter qu’une salle de sport de cette taille requiert du personnel. En résumé, de nombreuses charges que les franchisés ont eu du mal à supporter, en plus des 4 % de redevances demandées par le franchiseur. Malgré une tentative de diversification de ses activités – Lady Fitness a notamment lancé une offre sauna, hammam ou encore soin du corps – l’enseigne n’a pas résisté à la concurrence des Fitness Park, L’Orange Bleue et autre Moving.


Ennuis judiciaires et escroquerie

A cette mésaventure financière s’ajoutent plusieurs ennuis avec la justice. Selon nos confrères de Franchise Magazine, une dizaine de procès de cette nature avaient été engagés par des franchisés à l’encontre de l’enseigne fin 2010 – pour une trentaine de clubs environ. En cause : le manque de transparence de la part du franchiseur. Ce sont en particulier les chiffres communiqués par ce dernier, trop souvent exagérés par rapport à la réalité, qui sont dénoncés par les plaignants. Les sorties de réseau se sont multipliées, tandis que le concept ne parvient toujours pas à trouver un business model équilibré.

D’autres affaires, d’escroquerie cette fois, sont également venues éclabousser l’image de la marque. Le média belge La Libre a ainsi révélé en avril 2015 que les gérants du centre Lady Fitness de Waterloo avaient encaissé des abonnements – une année payée d’avance soit environ 700 euros par clientes – avant de mettre la clé sous la porte et de s’évanouir dans la nature. Plus récemment, c’est l’associé du fondateur et cogérant de l’enseigne qui a été condamné à huit mois de prison ferme pour escroquerie et abus de confiance par la cour d’Appel de Metz. En cause : une salle cédée au prix fort dans cette même ville en 2007 avec reprise intégrale du personnel et du matériel. Sauf que plusieurs éléments manquaient à l’appel, à commencer par l’existence légale de la société. Le cogérant de Lady Fitness n’aurait également pas alerté le candidat à la reprise sur l'état financier réel du club. Une manoeuvre a priori cautionnée par le réseau, qui n'a pas hésité à créer un nouveau contrat de franchise pour le repreneur. Les deux parties se sont pourvues en cassation. Quant au sort de Lady Fitness, il semble scellé.

*Le contrat proposé aux affiliés était la licence de marque.

Jennifer Matas