Bio

L’Eau Vive : le développement tranquille

2015-04-30T06:00:00+02:0030.04.2015, 


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Le réseau de distribution spécialisé dans les produits bio, L’Eau Vive, souhaite augmenter la taille de son parc de magasins en franchise à raison de cinq ouvertures par an. Une vitesse maîtrisée malgré l’engouement pour le secteur.

Franchise L'Eau Vive
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Son chiffre d’affaires progresse, mais la taille de son réseau évolue peu. L’enseigne L’Eau Vive, spécialisée dans la distribution de produits bio, comptait en début d’année 34 magasins implantés en France, dont la moitié en franchise. Son rythme de développement moyen : cinq ouvertures par an. Et encore : 2014 et début 2015 n’ont vu la naissance que de trois points de vente, là où les réseaux de commerce organisés spécialisés dans le bio ont majoritairement battu des records – Biocoop a ainsi ouvert 17 établissements en 2014, Naturalia a doublé la taille de son réseau depuis 2008 et Bio c’Bon, exacerbé, ouvrirait en moyenne un point de vente tous les trois mois. Pourquoi une telle précaution ? « Nous sommes patients », répond Didier Cotte, fondateur et dirigeant du réseau de franchise. « Les magasins L’Eau Vive sont pérennes, et nous souhaitons que cela continuent : nous ne cherchons pas à nous développer à tout prix. »

Trouver des locaux

D’autant que la recherche d’emplacement, elle, a un prix. « Ce qui nous a surtout freiné en 2014, c’est l’immobilier commercial », avoue Didier Cotte. Le réseau recherche avec attention des emplacements attractifs, au prix juste. Une véritable mission, à en croire les résultats de l’enquête annuelle de Cushman & Wakefield sur l’immobilier commercial en 2014, et qui montre que la course au bon emplacement n’a jamais été aussi forte entre les enseignes de commerce, les investissements dans le secteur ayant atteint le montant record de 7,7 milliards d’euros. Surtout, L’Eau Vive a choisi de respecter un certain équilibre avec à terme un tiers du parc exploité en propre, et l’autre en franchise. Les investissements fonciers à fournir pèsent donc lourd dans la stratégie et la capacité de développement de l’enseigne, qui ne laisse pas de place à l’erreur.

Autre spécificité : une offre d’implantation double. L’Eau Vive propose en effet deux formats de points de vente : l’un, de 200 mètres carrés environ, est conçu spécialement pour un emplacement en centre-ville, et l’autre, de 400 mètres carrés, pour la périphérie. Au total, l’enseigne a identifié plus de 50 villes de plus de 100 000 habitants où ouvrir un magasin, notamment dans des grandes agglomérations comme Bordeaux (33), Marseille (13), la banlieue parisienne, mais aussi dans le Nord de la France et en Bretagne.


Rayon frais L'Eau Vive
Crédits photo : Droits réservés

Se distinguer

Au-delà de la problématique de l’immobilier commercial, la concurrence se fait de plus en plus prégnante. Avec une trentaine de boutiques en France, le réseau L’Eau Vive reste un petit poucet de la distribution bio. Pourtant, ce n’est pas un novice : l’enseigne existe depuis 36 ans, et se développe en franchise depuis 2009. Mais au fil des ans sont apparus de véritables poids lourds du secteur. L’engouement pour le bio faisant son chemin – 9 Français sur 10 ont consommé du bio au moins occasionnellement en 2014 – la grande distribution a souhaité prendre une part du gâteau et concurrence aujourd’hui directement les commerces spécialisés. A tel point que l’année dernière, la moitié du marché s’est concentré dans les grandes et moyennes surfaces, et un tiers dans les magasins dédiés, avec un Français sur 4 qui s’est fourni auprès d’un de ces commerces. Le reste des achats a été réalisé directement sur les marchés, dans les fermes et auprès d’artisans-commerçants*.

Pour se distinguer parmi cette multitude d’acteurs, L’Eau Vive dit miser sur la qualité et le conseil. « Nous nous démarquons notamment par la fabrication du pain, que nous réalisons nous-même à base d’eau de source », explique Didier Cotte. Le dirigeant insiste aussi sur l’offre fruits et légumes orientée « local », un espace « vrac » ainsi qu’un rayon compléments alimentaires dans lequel le visiteur peut trouver un naturopathe et obtenir des conseils personnalisés. Nouveauté notable : l’ouverture de l’enseigne au e-commerce. En effet, certains points de vente proposent désormais aux clients de faire leurs courses en ligne et de venir en magasin récupérer leurs achats. Fin avril, seuls les points de vente d’Echirolles et Meylan, en Isère, proposaient ce service.

*Ces chiffres sont tous issus de l’enquête annuelle de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, publiée le 18 février 2015

Jennifer Matas