Guide de l’entrepreneur

Comment devenir associé Biocoop ?

2018-02-16T08:17:00+02:0016.02.2018, 


imprimer

Leader des chaînes spécialisées dans la distribution de produits bio avec 500 magasins ouverts partout en France, cette enseigne militante poursuit son développement et recrute chaque année une quarantaine de nouveaux adhérents. Voici comment faire partie de la prochaine vague de sélection.

Devenir associé Biocoop
Crédits photo : Droits réservés

Chaque année, les candidats affluent pour intégrer le réseau Biocoop. Il faut dire que les performances de ce spécialiste des produits bio ont de quoi attirer les futurs entrepreneurs : en 2016, le chiffre d’affaires moyen de chaque magasin a frôlé les 2 millions d’euros et l’engouement pour le bio ne cesse de grimper en France. Mais ces résultats ne sont pas le seul argument pour séduire les porteurs de projet : Biocoop est aussi une enseigne militante et engagée.


Contacter l’enseigne

Première étape, pas toujours évidente quand on décide de se lancer : entrer en contact avec la tête de réseau. Pour cela, deux possibilités : soit l’enseigne participe à un salon professionnel dédié au recrutement de nouveaux adhérents et c’est l’occasion de rencontrer directement les équipes de développement – Biocoop a par exemple participé début février au Salon des Entrepreneurs de Paris –, soit il faut remplir une candidature en ligne. Biocoop a justement créé une page dédiée sur son site internet. Plusieurs informations sont demandées – identité, adresse, situation professionnelle et expérience, montant de l’apport personnel, zone géographique souhaitée, etc. – ainsi qu’une lettre de motivation et un CV.
Autre étape importante en début de parcours : la visite en magasin. « Nous conseillons aux porteurs de projet de commencer par se rendre dans l’un de nos points de vente pour observer le concept, voir comment cela se passe et éventuellement discuter avec le sociétaire, recommande Gilles Baucher, directeur du développement de Biocoop. Nos établissements sont tous à taille humaine, il y a toujours possibilité d’échanger avec les responsables », assure-t-il.


Gilles Baucher, Biocoop
Crédits photo : Droits réservés
Gilles Baucher, directeur du développement de Biocoop.


Les profils recherchés

Pour passer aux étapes suivantes de la sélection, le candidat doit remplir un certain nombre de critères factuels, comme détenir le montant de l’apport personnel par exemple, mais pas seulement. Car Biocoop ne recherche pas de profil type mais plutôt un savoir-être. « Rejoindre Biocoop n’est pas un simple projet : c’est un choix de vie, avertit Gilles Baucher. Nous donnons la priorité au local et au commerce équitable au-delà du cahier des charges AB, et notre charte sociale précise que le salaire le plus élevé du magasin ne doit pas être cinq fois supérieur au plus faible », énumère le responsable du développement. « Nous avons par exemple été les premiers, voire les seuls, à nous opposer publiquement aux pesticides Monsanto et à la pêche électrique. Nos sociétaires doivent, eux aussi, porter et partager nos combats car nous sommes un acteur de l’économie sociale et solidaire. » Pour devenir sociétaire Biocoop, il faut donc montrer son engagement dans le bio, l’ESS ou encore le monde associatif.


Le processus de sélection

Les personnes dont les profils correspondent sont d’abord invitées à une réunion d’information au siège de la coopérative ou en région. L’occasion de leur présenter le concept, l’engagement du réseau et de s’assurer que les futurs sociétaires s’inscrivent dans la même démarche que Biocoop. A la fin de cette réunion, il leur sera demandé un dossier complet dans lequel ils devront exposer leurs attentes, définir les valeurs qui les animent, détailler leur projet, etc. A chaque candidat sélectionné est attribué un chargé de développement dont la mission consiste à l’accompagner tout au long du processus de sélection et ce de façon individualisée. Car le candidat doit ensuite présenter son projet devant une commission d’admission composée de sociétaires dont le rôle est d’évaluer son aptitude à rejoindre ou non l’enseigne. « Trois axes sont étudiés : la capacité à être commerçant, militant et chef d’entreprise », détaille le directeur du développement. L’échange dure entre 1h30 et 2 heures. « Un temps suffisamment long pour nous permettre de bien comprendre les motivations et les valeurs du candidat, mais aussi sa capacité à bien intégrer le projet Biocoop », ajoute Gilles Baucher. Au terme de cette étape, huit dossiers sur dix sont acceptés en moyenne et passent en commission d’admission définitive. « Là, il ne s’agit plus de valider le candidat mais son projet dans son intégralité. La présentation est donc plus technique : le candidat doit nous donner les détails de son projet, le positionnement de son magasin dans son écosystème bio et local, son environnement concurrentiel, son montage financier, son prévisionnel, etc. » Neuf projets sur dix sont généralement validés, les autres sont retravaillés avant de passer à nouveau en commission définitive.


Ouvrir son magasin Biocoop

Vient ensuite l’entrée dans le vif du sujet pour les candidats retenus : l’ouverture du point de vente. Mais avant toute chose, ils doivent encore suivre une formation initiale complète scindée en deux parties : une formation théorique de vingt et un jours et six mois de stage dans trois magasins différents. « L’ouverture d’un magasin dure en moyenne entre douze et dix-huit mois avec, là encore, un accompagnement individualisé puisque le nouveau sociétaire est suivi personnellement par son chargé de développement avec qui il fait des points régulièrement tout au long du processus de création », rappelle Gilles Baucher. Et de conclure : « Notre modèle sociétal diffère des modèles classiques de la grande distribution. Trouver les porteurs de projet qui soutiennent nos valeurs demande du temps, mais une fois que c’est fait, ce n’est que du bonheur ».

Jennifer Matas