Prêt-à-porter : les chaînes de magasins dominent le secteur

2012-05-18T15:19:00+02:0018.05.2012, 


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En vingt ans, les chaînes de magasin ont ouvert des centaines de points de vente. Elles représentent aujourd’hui 40 % des parts de marché du prêt-à-porter, et cannibalisent peu à peu les autres formes de distribution.

Prêt-à-porter
Crédits photo : Shutterstock.com

Un marché en recomposition

Le secteur du prêt-à-porter dénombre 375 enseignes qui représentent près de 16 000 points de vente en France1. « En vingt ans, les chaînes de magasins sont passées de 20 % à 40 % de parts de marché », constate Jean-Marc Génis, président de la Fédération des enseignes de l’habillement (FEH). Une croissance poussée par la forte expansion géographique des enseignes, qui comptent aujourd’hui plusieurs centaines de magasins chacune. Pourtant, après de nombreuses années synonymes de croissance à deux chiffres, le marché approche de la saturation. « Nous sommes en période de recomposition », résume Gildas Minvielle, responsable de l’observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM).


Une concurrence en berne

Laissant de côté les grands magasins, qui connaissent une hausse constante de leur chiffre d’affaire due en grande partie à l’afflux touristique, les chaînes de magasins ont peu à peu cannibalisé les autres types de distributeurs. « En densifiant leur réseau, elles sont allées au-devant du consommateur, ce qui a mis à mal les véadistes2 », constate Jean-Marc Génis. Les multimarques indépendants ont également souffert de cette concurrence exacerbée : « les chaînes de magasins ont toutes leur marque de distributeur, elles peuvent donc travailler en flux tendu. Les multimarques, au contraire, doivent réaliser leurs commandes à l’avance, et leur offre est rigide », explique Jean-Marc Génis. Autres victimes, les hypermarchés, dont le modèle du « tout sous le même toit » est fortement remis en question à l’heure de l’hyperspécialisation. « Ils sont concurrencés sur l’alimentaire par les hard-discouters, et le non-alimentaire tient pour une part de plus en plus réduite de leur chiffre d’affaires », détaille Gildas Minvielle. Ils souffrent également de leur situation physique, en centres commerciaux et dans les zones d’activité commerciales, qui font partie des zones d’implantation privilégiées des chaînes de magasins. « L’hyper n’a jamais su s’imposer sur ce marché », tranche Jean-Marc Génis.

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1Source : Fédération des enseignes de l’habillement, chiffres de 2010
2Enseignes de vente à distance

Camille Prigent