Portrait

Parcours d’un sexagénaire qui crée son réseau

2010-06-11T14:57:00+02:0011.06.2010, 


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A 59 ans, quand certains pensent à leur retraite, Simon Abitbol crée « Les Enfants de Noé ». Cette marque de vêtements écologiques pour enfants, lui permet de diffuser les valeurs auxquelles il tient et de finir sa carrière professionnelle sur un projet enthousiasmant.

Simon Abitbol, les Enfants de Noé
Crédits photo : DR
Simon Abitbol, fondateur des Enfants de Noé.

Refusant le qualificatif de « senior », Simon Abitbol, se voit avant tout comme un entrepreneur. A l’approche de la soixantaine, cet homme dynamique se lance dans un nouveau métier et crée son propre réseau. Pour lui, rester en activité est une manière de continuer à exister. Autodidacte, dès son plus jeune âge, il a compris qu’il n’aimait pas être dirigé. Avec deux CAP de soudeur et de chaudronnier en poche, il monte son premier garage à 21 ans. C’est une réussite. Il crée alors une société de dépannage, puis d’accessoires automobiles. Il participe au lancement du réseau de téléphonie SFR et devient ensuite propriétaire de deux espaces SFR distributeurs de la marque en partenariat, aujourd’hui gérés par ses enfants.


Œuvrer pour les générations futures

A la suite d’une rencontre dans un avion avec une femme enceinte, l’idée lui vient de créer une marque de vêtements pour enfants confectionnés à partir des fibres biologiques. Convaincu de l’importance d’une démarche éco-responsable, Simon Abitbol a mûri son projet pendant deux ans avant d’ouvrir sa première boutique en mars 2010. « Par cette création, je voulais transmettre des valeurs de respect de l’environnement », explique ce père de cinq enfants. L’entrepreneur cherche également à prouver que l’on peut fabriquer et commercialiser des produits manufacturés en respectant l’écosystème et en essayant de réduire les causes de pollution. Ses vêtements, conçus à 80 % en France, utilisent des fibres en lin, en coton, en bambou ou en chanvre issues du commerce équitable. Il a également choisi de s’implanter à Okabé, le centre commercial HQE du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) et la boutique est entièrement équipée de matériaux répondant aux normes écologiques.


Vêtements Les Enfants de Noé
Crédits photo : DR
Les vêtementsLes Enfants de Noé utilisent des fibres en lin, en coton, en bambou ou en chanvre issues du commerce équitable.

Transmettre à d’autres chefs d’entreprise

Attaché à faire collaborer des chefs d’entreprise dans un même objectif, Simon Abitbol a conçu son projet pour le déployer en réseau. Il hésite encore entre le partenariat et la franchise. Si son désir de réussite est fort, il n’est pas lié à l’argent, ni au statut social, mais plus a une envie de transmettre son savoir-faire : « l’important est de faire de la pédagogie, tout en faisant du commerce. » Pour monter son réseau, l’entrepreneur s’est appuyé sur sa précédente expérience au sein de SFR. Il s’est également entouré d’experts spécialisés en franchise, depuis le cabinet d’avocat jusqu’à l’agence de communication. Le recrutement des futurs partenaires devrait commencer dans quelques semaines. D’ores et déjà, l'entrepreneur attache beaucoup d’importance à leur état d’esprit : « nous cherchons avant tout des personnes qui adhérent à notre éthique, pour que le concept reste pur » insiste-t-il.


Etre patient et accepter de perdre de l’argent

Cette nouvelle entreprise, Simon Abitbol l’a financé à hauteur de 300 000 €, « le capital engrangé pendant toutes ces années. » Il a malgré tout dû emprunter. La banque, qui pourtant le connaissait, a divisé par deux sa demande de prêt. Mais l’entrepreneur refuse d’y voir une conséquence de son âge, mais plutôt « la frilosité des banques liée à la crise. » Positionné sur un marché de la mode enfantine française qui paraît saturé par les grandes marques, Simon Abitbol est convaincu du bien fondé de son concept : « il y a de la place pour de nouveaux arrivants avec une éthique nouvelle. » Il reste malgré tout prudent quant à son développement : « nous n’avons pas assez de recul sur cette marque naissante et j’ai donc prévu de perdre de l’argent la première année. »


Notre sexagénaire se donne entre quatre et cinq ans pour mettre son réseau sur de bons rails. Puis, il pense transmettre son enseigne à ses fils, qui commencent à s’intéresser de près à la mode enfantine.