Le prêt-à-porter, un secteur ouvert à tous les profils d’entrepreneurs

2013-06-05T07:19:00+02:0005.06.2013, 


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Le prêt-à-porter donne la part belle aux réseaux. Dans un secteur très concurrentiel, l'appui d'une enseigne contribue pour beaucoup dans le choix des chefs d'entreprise. Des candidats qui viennent d'horizons très différents.

Le prêt-à-porter, un secteur ouvert
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En dépit d’un contexte difficile (crise, concurrence d’Internet), le prêt-à-porter continue de séduire les candidats au commerce indépendant. En effet, le nombre de franchisés est passé de 6 999 en 2011 à 7 325 en 2012. Dans un milieu très concurrentiel, les entrepreneurs préfèrent s’adosser à une enseigne plutôt que de se lancer seul.  Anciens salariés, commerçants indépendants qui optent pour un réseau, candidats issus d’un tout autre secteur, les profils sont très variés.

Fatine Khannous, de la banque au prêt-à-porter

Ainsi, Fatine Khannous a ouvert une boutique Mexx à Nîmes (30) en février dernier. Cette ancienne employée dans la banque et les assurances avait, depuis quelques temps, des envies d’indépendance. « Je suis associée avec mon frère. Footballeur professionnel, il cherchait un projet dans lequel investir. Nous sommes tous les deux passionnés par la mode. Le choix du prêt-à-porter a paru évident », assure cette nîmoise de 29 ans. Ne se sentant pas capable de partir seule à l’aventure dans un métier qu’elle ne connaissait pas, la jeune femme a été « ravie d’avoir pu compter sur un concept clé en main et surtout de bénéficier d’un accompagnement permanent de l’enseigne ». Elle détaille : « Un merchandiseur vient tous les mois dans ma boutique et pour les stocks, la responsable des achats nous fait des propositions ». Même si son activité peine à trouver sa vitesse de croisière, notamment en raison d’une météo capricieuse, cette chef d’entreprise ne compte pas ses heures, « près de 50 par semaine », et n’entend pas baisser les bras : « Je travaille avec une bonne marque et de bons produits. Je suis le seul magasin de la marque dans cette région et tout va bien se passer ».

Nelson de Freitas, Vêt'Affaires
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Nelson de Freitas, affilié Vêt'Affaires

Nelson de Freitas, un baroudeur du prêt-à-porter

De son côté, Nelson de Freitas connait le prêt-à-porter depuis de longues années. Pourtant, il est tombé dedans un peu par hasard « J’ai commencé dans la vente de voiture puis j’ai envoyé mes CV un peu de partout pour arriver dans ce secteur », confie-t-il. Aujourd’hui, il dirige le Vêt’Affaires de Saint-Jean-de-Védas (34). S’il s’est lancé avec ce réseau en 2011, avant cela il a connu d’autres enseignes comme Défi Mode ou encore Célio, à Strasbourg. Des expériences qui l’ont poussé à se lancer en indépendant, avec sa propre enseigne. Mais très vite, il tourne en rond. « Au bout de deux ans j’ai arrêté. J’étais habitué à de grands espace et à me retrouver dans une boutique de 50 m², je me suis très vite ennuyé », explique-t-il. L’opportunité de prendre ce magasin Vêt’affaires dans l’Hérault se présente alors. Une aubaine. « Le positionnement de l’enseigne colle parfaitement avec le contexte actuel », précise-t-il.

De son aveu, s’il devait revenir en arrière, Nelson de Freitas se lancerait immédiatement avec un réseau. « Je n’ai pas la charge des stocks (Vêt’affaires fonctionne avec un système identique à la commission-affiliation, ndlr), je bénéficie de la notoriété d’une enseigne et surtout, au moment de constituer le dossier, les banques ont été beaucoup plus souples en voyant que je me lançais avec un réseau ». Des avantages qui poussent cet homme de 30 ans à se lancer un nouveau défi. « L’opportunité s’est présentée d’ouvrir un nouveau magasin. Avec la réussite du premier, je n’ai pas hésité longtemps ». L’implantation va se faire à Béziers, à quelques kilomètres de Saint-Jean-de Védas.

La commission-affiliation à la mode dans le prêt-à-porter

Dans le prêt-à-porter, la mode est à la commission-affiliation. Si l’on retrouve l’assistance et la transmission du savoir-faire, comme en franchise, ce contrat se distingue sur un point important. « La principale différence réside dans la gestion des stocks. En commission-affiliation, ils sont remis par la tête de réseau, en échange d’une rétrocession », explique maitre Valérie Meyer, avocat au barreau de Paris  spécialiste des contrats commerciaux.

Ainsi, le système présente ses avantages et ses contraintes.  Pour l’exploitant, cela permet de réduire les risques financiers. En cas d’invendus, il restitue la marchandise à sa tête de réseau sans avoir à assumer les pertes. En revanche, puisqu’il n’est pas propriétaire de ses stocks, ses marges sont limitées. Mais surtout, il est dépendant de son réseau. « Le principal risque est de tomber sur une enseigne qui ne tient pas compte des spécificités de chaque point de vente et qui fournit la même marchandise à tous ses partenaires », détaille maitre Valérie Meyer. Prudence donc au moment de s’engager avec une enseigne. « Il faut bien questionner le réseau sur les modalités de réassort, se renseigner auprès des exploitants déjà installés notamment », conseille l’avocate.

La commission-affiliation s’attire aussi quelques critiques sur le plan juridique. « Dans certains cas, il y a eu des discussions sur la qualification de ce contrat », précise maitre Meyer. L’indépendance de l’exploitant pouvant être discutée. Les spécialistes se sont demandé s’il ne s’agissait pas, pour les réseaux, de contourner les règles d’agent commercial.