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Soupçonnées de contrefaçon, les parfumeries Equivalenza sont à la peine

2014-11-06T06:00:00+02:0006.11.2014, 


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La gendarmerie nationale a procédé à une vaste opération à l’encontre du réseau Equivalenza, mardi 4 novembre. Les stocks de parfums des 27 points de vente ont été saisis et une vingtaine de gérants ont été entendus par la section de recherche de Paris, induisant la fermeture temporaire de tous les magasins et corners français. L’enseigne est soupçonnée par les autorités de délit de contrefaçon.

Equivalenza soupçonnée de contrefaçon
Crédits photo : Maisna Shutterstock
140 gendarmes ont perquisitionné la totalité des points de vente Equivalenza, mardi 4 novembre.

« Ça a été une énorme surprise pour tout le monde. » Selon Loïc Gautier, développeur France de l’enseigne espagnole de parfumerie, personne au sein du réseau Equivalenza ne s’attendait au coup de filet du 4 novembre. Ce jour-là, une vaste opération de la gendarmerie nationale a été lancée à l’encontre des 27 points de vente présents dans tout l’Hexagone, sur commission rogatoire. Son but : saisir tous les stocks de parfums. La raison : l’ouverture d’une enquête pour contrefaçon, faisant suite à une plainte de la fédération des entreprises de la beauté (Febea), déposée en juillet dernier.

Soupçon de "délit de contrefaçon"

La marque aux 650 boutiques dans le monde est soupçonnée d’utiliser un "tableau de concordance". Cette méthode consistant à proposer à la vente un nom quelconque ou un numéro associé à un parfum de grande marque, est répréhensible par la loi. « Nous luttons contre cette pratique depuis longtemps », souligne Emmanuelle Gourbin, directrice juridique de la Febea, qui poursuit : « La fédération a reçu plusieurs plaintes de consommateurs qui nous ont interpelés. Après quelques recherches et visites de points de vente, nous avons décidé de porter plainte pour délit de contrefaçon. » Pour la Febea, cela porte potentiellement préjudice aux grandes marques, car leur nom serait utilisé dans le cadre de la vente des produits Equivalenza. Suite à l’intervention de la gendarmerie, une vingtaine de gérants ont été entendus par les services de police, et ont dû fermer temporairement leurs points de vente.


La contre-attaque de l’enseigne

Un coup dur pour ce jeune réseau qui initie son développement en France depuis quelques mois, sous la forme de licences de marque, majoritairement dans les centres commerciaux. Le responsable du développement de l’enseigne sur le territoire national temporise : « Les magasins ont ré-ouvert dès le lendemain et nous continuons notre activité sur les produits d’ambiance pour la maison et les cosmétiques. »

Si l’avenir du réseau demeure flou et dépendra des éléments retenus par la juge d’instruction en charge de l’enquête, le développeur affiche sa fermeté : « Nous allons contre-attaquer », assène-t-il au lendemain de l’opération de gendarmerie. « Une opération de telle ampleur ne peut être que la résultante d’une action de lobbying [de la part des grandes marques]. C'est aberrant, on oublie les consommateurs dans l'histoire. »


Les sanctions encourues

Les risques encourus par les membres du réseau sont lourds. D’après le Code la propriété intellectuelle, les peines peuvent aller jusqu’à 4 ans de prison et 400 000 euros d’amende (article L716-9). « Outre les sanctions prévues, le tribunal peut ordonner la fermeture totale ou partielle, définitive ou temporaire, pour une durée au plus de 5 ans, de l’établissement ayant servi à commettre l’infraction », précise la loi.

Au-delà du réseau français, l’enseigne pourrait se retrouver confrontée au même type de problématique dans les autres pays où elle est implantée. Au total, le réseau compte 650 boutiques dans le monde, essentiellement en Europe. « Il faudrait que d’autres pays prennent le relai. Il s’agit de défendre un savoir-faire », conclut Emmanuelle Gourbin.

Jennifer Matas