Nouveau concept

L’opticien ultra-connecté Evioo accélère en franchise

2016-10-17T07:17:00+02:0017.10.2016, mis à jour le 17.10.2016,


imprimer

Né en 2010 sur Internet, les premiers corners et kiosques Evioo fleurissent un peu partout dans les centres commerciaux et en pharmacie. Cinq points de vente sont déjà ouverts, dont quatre sont exploités en franchise, et une centaine pourrait ouvrir d’ici cinq ans.

Franchise Evioo
Crédits photo : Droits réservés
Logiciel de reconnaissance morphologique Evioo.

A l’origine, Evioo devait rester uniquement sur Internet. Cette plateforme spécialisée dans l’optique et créée en 2010 par Philippe Wargnier utilisait le Web comme média principal pour faire connaître l’enseigne, ses services et le catalogue de lunettes disponibles. Les produits, eux, étaient distribués par un réseau d’opticiens indépendants. « Dès le début, j’ai adopté une logique drive to store, car je n’ai jamais considéré que l’on pouvait vendre des lunettes comme un produit classique », explique le fondateur de cette start-up. Mais en 2013, celui-ci pousse le raisonnement encore plus loin et a l’idée de créer ses propres points de vente.


Corner Evioo
Crédits photo : Droits réservés
Corner Evioo implanté en pharmacie.

Son concept, pour le moins original, est le suivant : les clients se rendent en magasin pour essayer et acheter leur paire de lunettes… sur Internet. « Le modèle d’Evioo est sensiblement différent de celui des vendeurs de lunettes sur le web. Et ce n’est pas plus mal, car les ventes en ligne n’ont pas décollé pour ce type de produits. Les gens ne sont pas prêts à acheter des lunettes seuls », analyse le dirigeant, qui a préféré opter pour le « phygital ». Ce néologisme est en fait la contraction des mots « physique » et « digital », et résume tout à fait le concept d’Evioo. Le client prend place devant un grand écran tactile et essaie en réalité augmentée un grand nombre de paires, tout en bénéficiant des conseils d’un opticien présent à ses côtés. « Au préalable, nous déterminons plusieurs caractéristiques, comme par exemple la morphologie du visage, puis un petit questionnaire est administré à chaque client », explique Philippe Wargnier. « Cinq questions pour connaître ses préférences. A la fin, le logiciel est capable de proposer une sélection personnalisée de quelques modèles parmi un choix de 5 000 montures ». Les synergies entre le Web et le point de vente en dur sont ici poussées à l’extrême.


Philippe Wargnier, Evioo
Crédits photo : Droits réservés
Philippe Wargnier, fondateur d'Evioo.


Ouvertures de nouvelles franchises

Deux concepts distincts sont accessibles en franchise. Le premier, baptisé « L’opticien selon Evioo », se décline exclusivement pharmacie. Un corner de 2 à 5 mètres carrés environ est installé dans le point de vente et un vendeur est présent pour accompagner les personnes qui désirent trouver une nouvelle paire de lunettes. « Dans ce cadre-là, très spécifique, c’est le pharmacien qui est le franchisé de l’enseigne », souligne Philippe Wargnier. Le tout premier point de vente de ce type a ouvert à Valence, puis un deuxième corner a été inauguré à Domène, en Isère. La seconde déclinaison du concept, baptisée « Les lunettes selon Evioo », consiste en des kiosques de 15 à 20 mètres carrés implantés dans des centres commerciaux. « Etre opticien de formation n'est pas une obligation pour devenir franchisé », insiste Philippe Wargnier, qui souhaite recruter principalement des profils d'entrepreneurs ayant le goût de la relation client. Début octobre, Evioo en comptait trois en France, à Grenoble – qui est le site pilote – Toulouse et Pau. Mais ce chiffre devrait bientôt décoller.


100 boutiques d’ici 2021

« Nous avons confié le développement en centres commerciaux à un master-franchisé, et les ouvertures vont bientôt se multiplier : d’ici cinq ans, nous misons sur une centaine de boutiques en France et à l’international », estime en effet le dirigeant. Sur le seul concept « L’opticien selon Evioo », le potentiel d’implantation est considérable puisqu’il existe près de 22 000 pharmacies en France, selon le dernier chiffre communiqué par l’Ordre national des pharmaciens. Surtout, Philippe Wargnier entend séduire un grand nombre de futurs candidats avec son concept économe en investissements initiaux – aucun stock n’est à financer et les surfaces de vente sont relativement petites – et une technologie à la pointe. « Nous sommes capables de proposer un concept clé en main avec des charges d’exploitation faibles. Pour un corner en pharmacie, l’investissement global se situe à 44 000 euros en moyenne, et à 70 000 euros pour un kiosque en centre commercial. C’est plus de deux fois moins cher qu’un magasin d’optique classique ».

Jennifer Matas