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Loisirs créatifs : un marché en bonne santé mais concurrentiel

2017-06-26T07:15:00+02:0026.06.2017, mis à jour le 26.06.2017,


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Ce secteur présente des chiffres positifs et une évolution encourageante. Cependant, les enseignes spécialisées doivent faire face à la concurrence de plus grosses structures et de la grande distribution.

Franchises de loisirs créatifs
Crédits photo : shutterstock.com

Du scrapbooking à la mosaïque en passant par la cuisine créative, la peinture ou le « home decor », les loisirs créatifs séduisent les Français, et pas seulement les enfants. Les jeunes adultes et leurs aînés se plaisent, eux aussi, à animer leur temps libre par des activités manuelles. Loin des écrans et d’une société qui l’on décrit trop souvent virtuelle, ces occupations portent un marché estimé à un milliard d’euros et en progression de 2 % en 2016*, avec notamment une hausse de 8 % des activités consacrées aux enfants. Si les chiffres sont positifs, ils incitent de nouveaux acteurs à s’engouffrer dans la brèche. Les boutiques ou détaillants spécialisés voient désormais des mastodontes s’implanter sur le marché. De grosses enseignes plus généralistes mettent en effet ces activités au cœur de leurs implantations, comme peut le faire Cultura, Phildar ou encore Zodio et les jardineries Truffaut. Les spécialistes historiques ont ainsi vu leur chiffre d’affaires progresser de « seulement » 1 % l’an passé. Eux qui doivent lutter face à la guerre des prix instaurée par les grandes enseignes ainsi que le coût toujours plus élevé de leurs implantations en centre-ville. Pour contrer cette tendance, certains choisissent de s’unir avec des magasins de jouets comme l’a par exemple fait Loisir & Création avec La Grande Récré. D’autres, en revanche, préfèrent miser sur leur savoir-faire.

Lézard Créatif mise sur ses ateliers

C’est le cas de Lézard Créatif qui mise sur ses quinze années d’expérience. Fondateur de l’enseigne, Mickael Rousseau avait lancé l’activité « sur le modèle des salles de fitness, avec des cours de beaux-arts et des animations sur place tout au long de l’année ». Après quatre années, il a racheté des boutiques de vente de produits créatifs, car à la différence du sport, dans les loisirs créatifs « on peut vendre des fournitures ». Pour poursuivre la comparaison avec le sport, Mickael Rousseau estime que son réseau se situe désormais « entre Décathlon et le club de la ville ». En intégrant la vente de matériels aux ateliers, son activité s’est également déplacée sur des surfaces plus grandes. Mais ce sont toujours les ateliers qui portent l’essentiel du chiffre d’affaires, « les produits souffrant notamment face à la grande distribution », admet Mickael Rousseau. Pour lutter à armes égales, des outils tels que le click and collect ont été mis en place.


Un service à la carte pour contrer les grands distributeurs

Mais avec une offre globale qui s’adresse autant aux particuliers de tous niveaux qu’aux professionnels – notamment les comités d’entreprise – Lézard Créatif met en avant sa différence. « Nous avons une gamme différente de ce que peut proposer Cultura, par exemple. Nous misons également sur un accueil et un conseil plus personnalisés », révèle Mickael Rousseau. La fidélisation des clients passe par une carte de membre et des formules d’ateliers qui permettent de venir quand on le souhaite, « un service à la carte ». Aujourd’hui, le réseau compte 21 implantations en France, et trois autres sont en projet pour les prochains mois. Le lancement en franchise s’est fait en 2008, au plus fort de la crise. Ainsi, 2011 a marqué un nouveau départ, avec un concept repensé et une dynamique retrouvée. Lézard Créatif plaît également à l’étranger avec une ouverture à Montréal. Et pour faire face à la concurrence et poursuivre son développement, le réseau recherche avant tout des profils de commerçants, de managers de centre de profits capables de diriger une équipe de vente et d’animation, avec un minimum de trois personnes sur site. L’ambition est d’ouvrir cinq magasins par an.

* Selon une étude Xerfi d’avril 2017.